Temps et énonciation (2) |
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1. Les temps de référence
Lorsque l’énoncé estcoupé de la situation d’énonciation, il ne contient aucune marque de l’énonciateur. Le texte est à la 3e personne du singulier ou du pluriel (il, elle, ils, elles.) Le temps de référence est celui du récit : le passé simple ou l’imparfait.
Le passé simple est utilisé pour parler :
Exemple
Nous étions à l’étude, quand le proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. » (Flaubert, Madame Bovary).
Exemple
La guerre des Gaules dura de 58 à 51 avant J.C.
Exemple
Mme Bordin recommença le détail de ses cornichons, promit une seconde recette pour les prunes à l’eau-de-vie, et fit encore trois tours dans la grande allée ; » (Flaubert, Bouvard etPécuchet.)
L’imparfait est utilisé pour :
Exemple
Mais, malgré leur courage, ils n’arrivaient pas à joindre les deux bouts. Aussi avaient-ils accepté de grand cœur, lorsqu’un vieux monsieur de là-bas s’était présenté, en leur demandant Claude, qu’il voulait mettre au collège, près de lui: la toquade généreuse d’un original, amateur de tableaux, que des bonshommes barbouillés autrefois par le mioche avaient frappé. » (Zola, Les Rougons-Macquart )
Exemple
« C’était une de ces coiffures d’ordre composite, (...). Ovoïde et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires ; puis s’alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poil de lapin ; venait ensuite une façon de sac qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d’une broderie en soutache compliquée, et d’où pendait, au bout d’un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d’or en manière de gland. Elle était neuve ; la visière brillait. » (Baudelaire, Madame Bovary).
Exemple
Après la fatigue du jour et la recherche de nourriture, ils avaient pour coutume de se retrouver le soir, tous les quatre, pour s’entretenir et deviser. » (Le lièvre et la fée)
Le passé simple et l’imparfait se côtoient en permanence dans le récit. L’imparfait permetd’exprimer une certaine durée dans le temps alors que le passé simple décritune action soudaine, ponctuelle.
ExempleMidi était sonné, Claude travaillait à son tableau, lorsqu’une main familière tapa rudement contre la porte. » (Zola, Les Rougons-Macquart)
2. Les autres temps
Autour de ce temps de référence s’organisent les autres temps.
Le plus-que-parfait et le passé antérieur pour parler d’une action antérieure.
ExempleUn pêcheur avait attrapé des poissons dorés et luisants. Il les avait cachés dans le sable et s’en était retourné à la rivière pour en attraper davantage. La belette découvrit la cachette. (Le lièvre et la fée).
Le conditionnel présent pour une action postérieure.
Exemple« Et elle savait que, ce jour-là, les quatre amis ne mangeraient pas, et qu’ils avaient décidé de donner la nourriture qu’ils trouveraient à tout pauvre qu’ils rencontreraient. » (Le lièvre et la fée)
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