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Changement social et solidarité
Impression facile
1 La cohésion sociale
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1.1 Conscience collective et lien social
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La cohésion
sociale est un terme développé par E. Durkheim dans Le Suicide pour mesurer
de degré de solidarité prévalant dans une société.
Selon la
sociologie classique (E. Durkheim), la conscience collective désigne
l’ensemble des croyances et des sentiments communs des membres d’une société.
Il se transmet d’une génération à une autre et sert de lien entre les
générations. La conscience collective s’impose de l’extérieur aux individus
de façon coercitive : elle sert de guide moral et conditionne le comportement.
La façon dont l’individu réagit aux pressions du groupe est analysée en
psychologie, alors que l’analyse de la conscience collective est le domaine
d’étude du sociologue.
Pour D. Méda,
Le lien social est « ce qui fonde la coappartenance des individus à un
même espace social ». Il assure que les acteurs d’une société agissent
selon des modèles collectivement acceptés afin d’éviter des ruptures sociales
pour l’individu. Les formes du lien social sont variées :
- le lien
communautaire caractérisé par la proximité des individus et une relation
directe entre les individus (famille, village)
- le lien
démocratique crée par l’Etat chargé d’unifier culturellement le territoire
pour faciliter l’émergence d’une nation. L’état providence tente de
renforcer le lien social par des politiques de lutte contre les inégalités
sociales et culturelles.
- le lien
marchand est pour les smithiens la source du lien social car le marché
et l’échange sont au cœur de la régulation sociale. Il existe un penchant
naturel des hommes à échanger pour satisfaire des « intérêts égoïstes
». L’échange explique la division du travail et permet aux industries
de prendre conscience de leur indépendance au sein de la société. 1
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1.2 Cohésion sociale et solidarité
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Cohésion sociale
La cohésion
sociale est d’autant plus forte que des individus partagent des valeurs
communes, acceptent les statuts sociaux et identifient de la même façon
les critères de justice. L’individu va d’autant mieux intérioriser les
règles et les valeurs qu’il vit dans une culture cohérente qui lui propose
un modèle clair et qui lui permet de s’intégrer sans problème majeur.
De plus,
la société est d’autant plus cohérente qu’il n’y a pas de contradiction
vive entre les objectifs que se donnent les groupes secondaires
(membres d’une organisation qui partagent un système de valeurs et de
normes- syndicats, associations…) et les groupes primaires (petits
groupes qui permettent une interaction directe entre les individus -groupe
de travail, famille…)
La solidarité sociale
La solidarité
est une manière d’acquérir, d’intérioriser, d’appliquer les valeurs, les
normes et les comportements dans le cadre d’une société.
La vision
classique de la solidarité :
- la solidarité
mécanique relie des hommes des sociétés traditionnelles qui participent
à une même culture faite de croyances communes et sacrées. Elle se base
sur la proximité et la similitude.
- la solidarité
organique (Durkheim) décrit la solidarité des sociétés modernes
qui naît entre les membres en raison de leur complémentarité. Elle naît
de la division du travail et de la socialisation par des institutions
intégratrices qui confèrent un sens moral aux individus et les orientent.
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1.3 Le changement social
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Le changement
social désigne « toute transformation durable qui affecte une partie ou
l’ensemble d’un système social au niveau de son fonctionnement, de sa
structure (stratification, rapports sociaux) ou de ses modèles culturels
(comportements, systèmes de valeurs). Théorie et visions du changement
social
Deux théories du changement social :
- Les évolutionnistes
voient le changement sous la forme progressive et s’inscrivent souvent
dans une théorie du progrès
- Les révolutionnaires
analysent le changement à travers des ruptures et des luttes sociales.
Deux visions
du changement :
visions
endogènes qui expliquent les transformations sociales par des tensions
qui se font jour à l’intérieur de la société (ex : nouveau rôle des femmes
provoque la baisse de la fécondité et de nouveaux modèles de relations
homme/femme)
visions
exogènes : les transformations proviennent de variables extérieures
à la société mais qui vont agir et modifier les comportements et les pratiques
sociales. (ex : introduction du multimédia et d’Internet remettent en
cause le travail traditionnel avec la possibilité de travailler à domicile
et la séparation traditionnelle entre domicile et travail).
La société française change…
On distingue
l’homme des sociétés traditionnelles, marqué par la hiérarchie sociale
et le holisme (le tout s’impose à l’individu) et celui des sociétés
modernes marqué par la préférence pour l’individualisme et l’égalitarisme.
Pour Tocqueville, l’individualisme conduit l’homme à se soucier plus de
son espace privé que de l’espace public.
Montée de
l’individualisme (revendication de liberté individuelle) et permissivité
sont des traits dominants des comportements français et remplacent les
cadres moraux rigides des années 50-60.
Elévation
du niveau de formation qui traduit notamment un besoin de sécurité, une
défiance à l’égard des dirigeants, une crainte pour l’avenir. Cette élévation
a des effets considérables sur les attitudes féminines (travail, mœurs…)
qui se rapprochent du comportement masculin.
- régression
de la pratique religieuse, en particulier chez les jeunes
- accroissement
de la délinquance
- accroissement
du temps libre mais croissance du chômage
Toutes ces
transformations nombreuses se sont effectuées à l’intérieur des structures
sans modifié profondément son architecture ( même attentes vis-à-vis de
la famille, de l’école).
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2 Le rôle du travail dans l'intégration sociale
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2.1 La mise en place d'un groupe informel
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Le travail
est un modèle d’organisation et de formation du lien social car les travailleurs
unis dans un même lieu et sous une même direction constituent une mini-société
régie par des règles et des comportements collectivement acceptés. Loin
d’être des machines à produire motivées par le seul gain financier comme
le laissait supposer l’OST, les salariés mettent en place des relations
informelles qui créent des normes de groupe qui permettent de rythmer
le travail, et proposent un comportement à adopter. La relation est double
: à la fois les individus s’accordent pour élaborer les normes du groupe
mais ensuite le groupe informel exerce une influence sur les individus.
L’entreprise ne doit pas aller à l’encontre de cette dimension personnelle
mais intégrer ce facteur humain dans l’organisation.
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2.2 L'effet Hawthorne
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Ainsi une
expérience menée par Mayo en 1931 fut révolutionnaire. En étudiant l’effet
des conditions de travail sur la productivité, les chercheurs ont aboutit
à un paradoxe : « la productivité de l’atelier augmenta avec l’amélioration
de l’éclairage mais lorsque l’on décida de baisser la lumière la productivité
continua à augmenter ». Ce paradoxe fut nommé l’effet Hawthorne : les
gens réagissent positivement lorsque l’on s’occupe d’eux. Les chercheurs
ont découvert que l’identification au groupe pouvait être plus
importante que les stimulants matériels individuels
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2.3 La fin du rôle intégrateur du travail ?
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Le travail
est donc non seulement une réalité économique, un moyen de produire efficace
mais encore un moyen de se réaliser personnellement, en trouvant une satisfaction
personnelle et un prestige dans le travail bien fait, de nouer des relations
et d’exister socialement. Autrefois, le plein emploi donnait la possibilité
à chacun de s’intégrer par le travail. Outre un revenu, le travail procure
une identité, un statut et une reconnaissance sociale. Ce modèle est aujourd’hui
remis en cause par le développement du chômage de masse, par l’individualisation
des entreprises et la gestion personnelle des relations sociales. Cela
conduit D. Méda à parler de « fin de la civilisation du travail », car
comment peut-on fonder du lien social sur une réalité qui devient de plus
en plus aléatoire et moins intégratrice ? Faut-il considérer que le travail
n’est plus en mesure de jouer son rôle d’intégration et qu’il faut rechercher
d’autres modes d’intégration ? Faut-il dissocier revenu et emploi par
l’instauration d’un revenu d’existence pour éviter que l’exclusion du
monde professionnel soit synonyme d’exclusion sociale ?
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3 Les instances d'intégration et la solidarité
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3.1 La socialisation
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La socialisation
est au cœur du lien sociale puisqu’elle décrit le processus qui permet
l’apprentissage des règles et des valeurs qui nous permettent de vivre
en société.
On doit
distinguer :
- le processus
d’acquisition de la culture qui englobe tout ce qui est transmis
: techniques élémentaires de la vie en société, modèles culturels propres
- les mécanismes
de la socialisation : apprentissage (acquisitions de réflexes, de savoir-faire,
intériorisation (faire sienne les valeurs et normes de la société),
assimilation (intégration des individus aux groupes sociaux)
- les agents
de la socialisation : agents primaires ou secondaires
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3.2 Processus de socialisation
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La socialisation
est assurée par des agents dont l’action se complète ou se contrarie.
On distingue
dans ce processus :
- la socialisation
primaire du jeune enfant assuré par les agents primaires (famille, école)
qui transmettent le langage, les valeurs, les normes
- la socialisation
secondaire qui se fait à l’intérieur de groupes de pairs où l’enfant
agit en interaction en interprétant les règles du jeu social
- la socialisation
tertiaire concerne un individu qui possède déjà les clés des modèles
sociaux de comportement et va développer un savoir-être social au sein
d’un groupe souvent en concurrence avec d’autres groupes (dans le monde
du travail, dans les syndicats) pour accéder aux ressources rares (matérielles,
monétaires et symboliques).
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3.3 La rupture du lien social
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Pauvreté et exclusion
La pauvreté
désigne la situation d’un homme, d’un groupe qui n’a pas accès aux biens
et services et à la dignité nécessaire pour s’insérer dans la société.
La pauvreté relative est définie dans l’UE comme la vie en dessous de
50% du revenu moyen par habitant. La pauvreté va souvent déboucher sur
l’exclusion.
L’exclusion
est un processus de mise à l’écart et de marginalisation des individus
et groupes qui ne peuvent bénéficier des ressources, du prestige et des
doits nécessaires pour être socialement reconnus. L’exclusion peut être
économique et symbolique.
Déviance et anomie
La déviance
est un comportement qui s’écarte sensiblement des normes sociales
acceptées. La marginalisation sanctionne la déviance et la renforce aussi.
La marginalisation
est l’état d’un individu qui refuse les valeurs de la société dans laquelle
il vit (il se marginalise) ou dont la société n’accepte pas les normes
de vie (il est marginalisé).
Si un groupe
de marginaux crée ses propres normes, il forme une sous-culture.
L’anomie
est un état dans lequel il y a carence ou déficience de règles sociales
communément acceptées de sorte que les individus ne savent plus comment
orienter leur conduite. L’anomie survient lorsque les groupes sociaux
vivent dans des conditions matérielles et morales détériorées. Pour les
théoriciens de la déviance (E. Durkheim), l’anomie s’analyse au niveau
de la société comme une absence de solidarité organique.
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