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Commentaire d'un texte de Georges Duhame. (14/20)
Impression facile
Commentaire du correcteur
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Vous
maitrisez bien la méthode: plan bien charpenté, clair, progressif.
Analyse fine du texte, relayée par de nombreuses citations. Quelques
lacunes: l'écriture autobiographique entre autres.
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Texte
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Le narrateur
évoque la maison de son enfance :
L'escalier
n'est pas désert. Des portes s'ouvrent. Des ombres jaillissent.
Les gens sont de trois sortes: ceux à qui l'on dit bonjour, ceux
que l'on n'aime pas, et les autres, les ennemis, ceux qu'on aimerait beaucoup
mieux ne pas rencontrer.
L'escalier sort du noir. Il se purifie, marche à marche. Il s'évertue
en plein ciel vers ces régions bénies où l'odeur
du poireau elle-même devient agreste et balsamique. Et tout à
coup, tel un sentier abrupt qui s'épanouit enfin dans les pâturages
d'un col, l'escalier triomphe et meurt au seuil d'un large palier. Ce
n'est pas un palier semblable à ceux des régions basses.
Il est spacieux, propre, visité d'un trait de soleil à certaines
heures du soir. C'est, au faîte de l'escalier. Comme la fleur au
bout de la tige. O sommet! O lieu de rêve et de poésie! L'enfant
aime de venir, bien que ce soit défendu, s'asseoir au bord de l'abîme,
jambes flottantes dans le vide, et d'appuyer sa joue, sa bouche, contre
un des barreaux de la rampe, fraîche brûlure (...)
Chronique des Pasquiers, le Notaire du Havre. Georges Duhamel
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Devoir de l'élève
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- INTRODUCTION
Beaucoup d'écrivains, tel Zola par la fresque des Rougon-Macquart,
se sont consacrés à l'écriture de grands cycles romanesques,
retraçant, à travers l'histoire des héros, celle
de toute une société. De même, Georges Duhamel, dans
la Chronique des Pasquier, œuvre de dix volumes écrite entre 1933
et 1945, évoque, par la vie du biologiste Laurent Pasquier, celle
d'une famille et de la société française de 1880
à 1920. A travers une description pittoresque, le cadre banal d'une
cage d'escalier se métamorphose en un lieu de "rêve
et de poésie", par le regard imaginatif d'un enfant.
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C'est bien parti!
Assurez un lien plus étroit entre
les étapes 2 et 3.
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- Première partie
L'escalier d'un immeuble est l'endroit le plus banal qui puisse exister:
passage obligé pour se rendre à son appartement, il est
lieu de rencontre avec ses voisins. C'est un lieu très fréquenté
comme nous le montre la litote "l'escalier n'est pas désert".
Il est l'occasion de rencontres furtives: les gens "jaillissent"
de leur appartement. Des phrases courtes, hachées, dépourvues
d'élément de liaison donne l'impression d'un mouvement perpétuel
de personnes qui se croisent. Le fait que les personnes dont il est question
restent dans l'anonymat et soient seulement désignées par
"les gens", "ceux" ou encore par la synecdoque "des
ombres jaillissent" et la métonymie "des portes s'ouvrent",
contribue à donner un caractère impersonnel à l'escalier,
lieu de vie communautaire.
A la fin du 19ème siècle, il existait encore une organisation
sociale précise des immeubles: les étages nobles, troisième
et quatrième, étaient occupés par les nantis, alors
que les "régions basses" étaient réservées
aux milieux plus modestes. C'est ce que rappelle Duhamel à travers
une description sociale de l'escalier. Ainsi, le "large palier"
supérieur "n'est pas semblable à ceux des régions
basses": "il est spacieux, propre". Il contraste également
par les odeurs: "l'odeur du poireau" rustre et désagréable
des premiers étages y "devient agreste et balsamique";
et par les couleurs: d'abord "noir", l'escalier "se purifie
marche à marche" et est finalement "visité d'un
trait de soleil" aux étages nobles.
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Bien
Oui
Bien
C'est exact, mais je ne sais pas si cette
distinction sociale s'applique à notre extrait vraiment très
court.
Oui
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-Deuxième partie
A l'aide de procédés stylistiques, l'auteur transforme
ce cadre banal et impersonnel en un "lieu de rêve et de poésie".
Ainsi, à partir du deuxième paragraphe, l'escalier acquiert
peu à peu sa propre autonomie: il devient sujet de verbes actifs,
souvent pronominaux comme "sort", "se purifie", "s'évertue",
"s'épanouit". Il semble alors agir de sa propre initiative,
ce n'est plus un objet qui subit, mais un être, doué de sa
propre pensée, qui agit. Il est même sublimé par l'enfant,
comme le montre l'emploi de "purifie", "ciel", "bénies".
Il est à ses yeux, un véritable héros: "L'escalier
triomphe et meurt".
L'auteur compare paradoxalement ce lieu fermé, artificiel, cet
objet métallique à un site naturel. Il utilise dans ce but un large
champ lexical consacré à la montagne: "sentier abrupt",
"pâturage", "col", "faîte",
"sommet" et "abîme". Après avoir franchi
les vulgaires bas étages, l'enfant peut enfin gagner la récompense
de son ascension: il peut maintenant contempler le spectacle de la nature
et des grands espaces, et respirer l'air pur de la montagne. De même,
Duhamel associe le palier supérieur à la "fleur au
bout de la tige". Cette image résonne avec celle de la montagne
en faisant une fois de plus appel à un élément naturel.
Elle évoque la splendeur et le parfum délicat de la fleur
par opposition à la banalité, au manque d'originalité
de la tige qui rappelle les "régions basses".
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Conclusion/Transition vers la deuxième
partie?
Bien
"objet" est impropre.
Bien
D'accord
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- Troisième partie
Ce sont les yeux de l'enfant qui voient l'escalier et ses occupants,
et les transforment. L'enfant a une vision déformée de la
réalité par son imagination et par l'influence de ses parents.
Ainsi, on sent bien leur influence par son classement enfantin: d'un côté
les bons, "ceux à qui l'on dit bonjour", les neutres,
"ceux que l'on ne connaît pas", et de l'autre les méchants,
"les ennemis, ceux que l'on aimerait beaucoup mieux ne pas rencontrer".
Mais ces adultes restent au bas de l'escalier et n'ont pas de place dans
son univers.
C'est grâce à son imagination que l'enfant métamorphose
l'escalier en montagne. C'est parce qu'il est bien plus amusant d'escalader
un pic que de gravir les marches d'un escalier qu'il s'imagine, par jeu,
le long d'un "sentier abrupt". Lorsque le narrateur évoque
cet escalier, ses souvenirs d'enfance resurgissent, et on a l'impression,
surtout dans le deuxième paragraphe, que c'est une fois de plus
l'imagination de l'enfant qui s'envole, et non plus les souvenirs froids
de l'adulte.
Le narrateur a dû passer beaucoup de temps accroché à
la rampe de l'escalier car il sait les heures où le palier est
ensoleillé: "visite d'un trait de soleil à certaines
heures du soir". L'enfant éprouve une double attirance pour
l'escalier. D'une part, il est gagné par le plaisir du danger encouru
et par cette sensation de puissance, de hauteur et de plénitude
éprouvée en scrutant "l'abîme". Cet enfant
de petite taille voit maintenant les choses sous un nouvel angle: alors
qu'il les voit d'habitude d'en bas, il peut ainsi les contempler d'en
haut. D'autre part, il est bien évidemment tenté par les
interdits: le fait "que ce soit défendu" et qu'il encourt
donc la punition donne paradoxalement une nouvelle saveur à son
jeu. S'il aime appuyer sa joue, sa bouche, contre un des barreaux de la
rampe", c'est parce qu'il a sans doute les joues en feu à
cause de l'excitation et de l'effort de la montée, et le contraste
de sa peau chaude sur le métal froid le brûle comme le contact
de la neige, comme le montre l'oxymore "fraîche brûlure".
Cela, ajouté au goût acide du métal dans sa bouche
lui procure un plaisir sans égal. Il exprime ce bonheur suprême
dans une ode à l'escalier: "O sommet! O lieu de rêve
et de poésie!".
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Conclusion/Transition vers troisième
partie?
Oui
Oui
Exact, mais bavard; pas de citations.
Oui
Oui
Oui
Bien vu
Oui
D'accord
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- CONCLUSION
En quelques lignes, sur un sujet très banal, avec un vocabulaire
très simple, Georges Duhamel, tout comme son contemporain Marcel
Proust dans ses souvenirs célèbres sur les madeleines, nous
invite lui aussi à la recherche du temps perdu. Les réminiscences
provoquées par les sensations, saveurs et odeurs, nous rappellent
combien notre présent est riche de notre passé.
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le vocabulaire n'est pas "très
simple" partout
Oui
Cette "ouverture" sur la vie personnelle
ne vaut rien, il faut ouvrir sur un thème, un courant littéraire
ou artistique.
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