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Commentaire du texte "A une chatte" (15/20)

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Il aurait été plus habile d'inverser l'ordre de vos parties. Une bonne analyse du poème avec des notations fines.

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mentaire composé : A une chatte, de Charles Gros. 
Extrait de Le coffret de Santal

A une chatte

Chatte blanche, chatte sans tache,
Je te demande, dans ces vers,
Quel secret dort dans tes yeux verts,
Quel sarcasme sous ta moustache.

Tu nous lorgnes, pensant tout bas,
Que nos fronts pâles, que nos lèvres
Déteintes en de folles fièvres,
Que nos yeux creux ne valent pas,

Ton museau que ton nez termine,
Rose comme un bouton de sein,
Tes oreilles dont le dessin
Couronne fièrement ta mine.

Pourquoi cette sérénité ?
Aurais-tu la clé des problèmes
Qui nous font, frissonnants et blêmes,
Passer le printemps et l'été ?

Devant la mort qui nous menace,
Chats et gens, ton flair, plus subtil
Que notre savoir, te dit-il
Où va la beauté qui s'efface,

Où va la pensée, où s'en vont
Les défuntes splendeurs charnelles ?...   
Chatte, détourne tes prunelles;
J'y trouve trop de noir au fond.

Charles CROS, Le coffret de Santal (1879)


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- INTRODUCTION

        Autrefois, à l'époque de la civilisation égyptienne, le chat était considéré comme un dieu. Il reste un animal qui fascine et intrigue l'homme. Le poète Charles Cros dans " A une chatte" du recueil Le coffret de santal écrit en 1879, s'interroge sur un thème cher à ses contemporains romantiques, le mystère de la vie. Il prend alors comme muse une chatte.

 Nous étudierons successivement les interrogations du poète sur la vie, puis l'envoûtant animal qui a déclenché chez Cros tant de questions.

 

Oui

- les interrogations du poète sur la vie

        Tout au long de ce poème, Charles Gros s'interroge sur le mystère de la vie en employant un ton aimable et léger. Pour cela, il s'adresse directement à sa chatte, comme à son inspiratrice. Il utilise durant tout ce poème des vers courts qui rendent le ton léger, ce sont des octosyllabes. De plus le poème est séparé en six strophes qui sont comme des coupures dans sa réflexion et qui allègent le ton malgré la gravité de la réflexion. Pour poser ses interrogations, le poète se sert d'interrogatives indirectes, souvent construites sur le même modèle : "Où va la beauté qui s'efface, Où va la pensée, où s'en vont". Grâce à ses constructions, le poète donne l'impression d'en dire plus, de pouvoir poser un nombre illimité de questions telles que celles-ci, sans réponse. Pour donner cet effet, il a mis des points de suspension au vers 22 après une série d'interrogatives.


       Tout d'abord, il commence son poème par " je te demande", dès le deuxième vers, il annonce que son écrit a pour but d'énoncer ses interrogations et le lecteur peut déjà supposer qu'elles sont profondes car il s'adresse à un animal qui ne peut pas y répondre. Des questions plus simples auraient été posées à un homme mais là, pourquoi s'adresser à l'humain puisque personne ne connaît la réponse ? Il continue ensuite dans tout le poème en posant ses interrogations, il cherche le sens de toute chose : "Quel secret", "Quel sarcasme". En écrivant "dans tes yeux verts" ou " sous ta moustache", il utilise une image pour nous montrer que le mystère est partout, qu'il est caché dans notre quotidien. Il se demande d'abord si nous ne serions pas plus heureux si nous vivions comme des animaux, sans nous servir de notre intelligence qui nous fait réfléchir et qui peut donc par ce moyen nous rendre malheureux : "Ton flair, plus subtil que notre savoir ". Puis Charles Cros se pose alors une grande question, grande dans le sens où personne ne saura jamais la réponse mais où chacun se la pose : "où va la pensée ?".Cette notion de pensée l'obsède, il écrit, "pensant tout bas", ce groupe de mots est en quelque sorte une oxymore car c'est une action impossible. Cette image renforce le trouble dans lequel il se trouve. Pour résumer sa série d'interrogations, le poète a écrit "Aurais-tu la clé des problèmes ?". Tout engendre en lui une question sans réponse, une interrogation qui renforce son trouble. Le dernier atteint un tel paroxysme que son ton aimable devient soudain un ordre avec "détourné", verbe à l'impératif, comme si le poète après s'être posé autant de questions avait peur, voulait cesser d'y penser et enlevait ainsi de ses yeux son inspiratrice, sa chatte.

        Puis, le grand leitmotiv du poème est la fuite du temps à travers le corps qui vieillit, qui s'enlaidit. Du vers 6 au vers 8, Charles Cros dépeint un être malade ou à la veille de la mort pour nous montrer à quel point notre corps s'enlaidit quand le temps passe : "nos fronts pâles, que nos lèvres déteintes en de folles fièvres, que nos yeux creux...". L'assonance en "f" dans "folles fièvres" renforce cette idée de fuite du temps qui nous échappe. Il pense alors aux chats qui gardent sensiblement le même aspect, durant leur vie. Cette idée de jeunesse est donnée dans "Rose comme un bouton de sein". Il reprend ce même thème plus loin dans son poème. Il écrit : "où va la beauté qui s'efface", où nous retrouvons toujours cette image du corps vieilli par le temps. Nous ressentons l'angoisse du poète qui voit le temps lui échapper et marquer son physique. Son regret de voir sa beauté s'en aller est dépeint dans ces mots "défuntes splendeurs charnelles" avec une idée de mort, de beauté perdue mais avec une connotation de plaisir charnel. Le poète regrette peut être aussi les plaisirs charnels, ces libertinages qui lui échappent peu à peu avec le temps qui passe.

          La fuite du temps est ensuite évoquée par d'autres images que par celles du corps humain. Charles Cros écrit : "passer le printemps et l'été". Cette image évoque le temps qui passe mais elle est rendue sordide par l'emploi de "frissonnantes et blêmes", qui sont en quelques sortes des oppositions car ces saisons sont les pluies chaudes et les plus lumineuses. Cela introduit alors une nouvelle idée qui est celle de la mort. Par "devant la mort qui nous menace", le poète nous fait comprendre toute son angoisse face à l'après-vie, c'est son souci principal. C'est d'ailleurs le seul moment du poème où il associe "chats et gens", ce qui montre l'égalité devant la mort. Ces trois mots sont un rejet sur le vers suivant, ce qui les met en relief. Charles Cors, obnubilé par la mort, fait alors une métaphore, "trop de noir au fond", pour nous montrer que sa réflexion nous emmène vers l'inconnu, vers un monde sans réponse.

Nous avons donc vu que Charles Cros, dans ce poème, soulève des interrogations sur le mystère de la vie, il évoque le temps qui passe. Mais ces réflexions ne sont pas nées subitement, il a eu une inspiratrice, sa chatte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lourd

 

- L'envoûtant animal

Au cours de ce poème, Charles Cros décrit particulièrement bien le chat. Pour lui, cet animal devient un mammifère supérieur, divin, dont le regard envoûte et fait naître des interrogations.

Tout d'abord, la notion de regard, d'observation, est très présente tout au long du poème et évolue selon la réflexion de Cros. Les yeux si fascinants de cet animal ont été les inspirateurs de ses interrogations sur le mystère. Les yeux du chat commencent et terminent ce texte, changeant  de couleur dominante aux yeux du poète. Au départ, nous notons "les yeux verts" : cette couleur fait ressortir les yeux sur la blancheur du chat évoquée au vers précédent. Puis il dit : "tu lorgnes", ce qui signifie que la chatte est comme un observateur et analyse en regardant. C'est pour cette raison qu'il veut trouver dans ses yeux "des secrets", la chatte a tant vu, tant regardé avec discrétion qu'elle doit certainement connaître beaucoup de détails indivulgables. Ces "yeux verts" contrastent aussi avec "les yeux creux" des hommes, qui sont signe de fatigue et de vieillesse, et qui ne sont pas aussi expressifs que ceux du chat. Puis le poète, après avoir tant regardé ces yeux, finit par en avoir peur, car ils provoquent chez Cros un trop grand nombre d'interrogations. Il a été trop loin. Il écrit : "détourne tes prunelles", "trop de noir au fond" ; ce noir des prunelles prend peu à peu l'avantage sur le vers comme lorsque le chat se retrouve dans l'obscurité. Cela montre que le poète arrive dans un profond mystère donc dans le noir, dans l'inconnu. C'est donc une métaphore. Le poète est non seulement fasciné par les yeux du chat mais par le chat lui-même.

En effet, en invoquant ainsi sa chatte, telle une muse, elle devient comme une divinité, celle qui l'inspire et qui l'aide à penser. Telle une déesse, sa chatte est pure, sans péché : "chatte blanche, chatte sans tache". Il insiste sur cette notion de pureté que donne le blanc en précisant qu'elle est sans tache. Il la rend divine en lui parlant mais aussi en la soupçonnant d'avoir la solution à ses interrogations sur le mystère de la vie : "Aurais-tu la clé des problèmes?". Par cette question, elle devient un oracle, un dieu de l'antiquité que l'on questionnait pour avoir des réponses. Cette image de divinité ne va pas sans la sagesse : "Pourquoi cette sérénité?". En effet, le chat a toujours l'air de réfléchir, d'être calme, posé comme si il avait déjà répondu à toutes les interrogations, comme si il connaissait les secrets de l'humanité.

Bien sûr, sa divinité ne va pas sans la majesté, le respect, la notion de supériorité, inhérents à cet état. En décrivant sa chatte, il utilise les mots "couronne", ce qui met le chat en relation avec la royauté, et "fièrement", ce qui donne à l'animal une notion de supériorité morale. Puis le poète continue, en nous donnant une description physique du chat, qui nous montre sa supériorité physique. Il utilise pour donner cette impression " que nos yeux ne valent pas". De plus, au vers 9, avec "termine", le physique du chat nous semble donc le résultat d'un travail bien fait, le le félin nous paraît avoir une jeunesse durant toute sa vie avec le vers 10 et "rose" qui donne une impression de fraîcheur, de nouveauté.

Le chat donc grâce à ses yeux et sa personnalité différente des autres animaux qui lui donne un air posé et réfléchi, a inspiré, fasciné  le poète et lui a permis de se plonger dans de si profondes réflexions.

 

 

Oui

 

 

 

 

Oui

 

 

 

 

 

 

 

 

oui

 

 

 

 

 

oui

- CONCLUSION

Durant tout ce texte, le chat, et surtout les yeux de cet animal, ont inspiré et envoûté le poète et lui ont permis de réfléchir et de se questionner sur le mystère de la vie. Pour ma part, je pense que ce poème dans sa grande simplicité d'expression nous fait bien ressentir les angoisses du poète face aux questions sans réponse de l'existence. Nous pourrions rapprocher ce poème A la chatte de La chatte, de Colette, où là aussi, le félin est mis sur un piédestal et admiré.

 

 

 

oui



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