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Commentaire du texte "Chanson d’automne" (14/20)
Impression facile
Commentaire du correcteur
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Bonne approche du texte. Type de sujet maîtrisé
même si certaines lourdeurs de style sont perceptibles.
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Texte
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Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez,
par exemple, montrer par quels procédés stylistiques l'auteur donne à
travers cette "chanson", un caractère original à son évocation
de l'automne. Mais ces indications ne sont pas contraignantes et vous
avez toute latitude pour orienter votre lecture en fonction de l'intérêt
que vous portez personnellement à tel ou tel apsect du texte.
Chanson d'automne
Écoutez la vois du vent dans la nuit,
La vieille voix du vent, la lugubre voix du vent,
Malédiction des morts, berceuse des vivants...
Écoutez la voix du vent.
Il n'y a plus de feuilles, il n'y a plus de fruits
Dans les vergers détruits.
Les souvenirs sont moins que rien, les espoirs sont très loin.
Écoutez la voix du vent.
Toutes vos tristesses, ô ma Dolente(1), sont vaines.
L'implacable oubli neige sinistrement
Sur les tombes des amis et des amants...
Écoutez la voix du vent.
Les lambeaux de l'été suivent le vent de la plaine;
Tous vos souvenirs, toutes vos peines
Se disperseront dans la tempête muette du Temps.
Écoutez la voix du vent.
Elle est à vous, pour un moment, la sonatine (2)
Des jours défunts, des nuits d'antan...
Oubliez-la, elle a vécu, elle est bien loin.
Écoutez la voix du vent.
Nous irons rêver, demain, sur les ruines
D'Aujourd'hui ; préparons les paroles chagrines
Du regret qui ment quotidiennement.
Écoutons la voix du vent.
Oscar-Vadislas de Milosz, Le poème des décadences, 1899
(1) dolent : souffrant, plaintif
(2) sonatine : petite pièce de musique instrumentale
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Devoir de l'élève
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- INTRODUCTION
L'automne est une saison que les artistes saisissent différemment selon
leur sensibilité. Elle peut apparaître alternativement magnifique ou désolée.
Dans ce poème, Chanson d'automne, Oscar-Vladislas de Milosz, un auteur
de la fin du 19e siècle, nous décrit l'automne comme une saison lugubre
où nous sentons l'omniprésence du vent, de la mort. Mais le poète laisse
tout de même se profiler un espoir avec l'évocation du futur.
Nous étudierons successivement le caractère original que l'auteur a su
donner à l'automne puis le temps qui passe inlassablement.
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correct
tonalité?
AB
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- Le caractère original de l'automne
Oscar-Vladislas de Milosz n'a pas fait une description banale de
l'automne. Il a su la rendre originale par l'utilisation de procédés stylistiques
qui renforcent son point de vue.
Tout d'abord, pour cet auteur, l'automne est perçue comme une saison
balayée constamment par le vent. Il nous le fait éprouver par le refrain
"Écoutez la voix du vent", qui revient régulièrement tous les
quatre vers. Ce vent revient comme un leitmotiv, comme une berceuse. Il
écrit d'ailleurs lui-même "berceuse des vivants". Cependant,
malgré la reprise de vers, le vent est présent à d'autres moments du poème.
Au début, notamment dans les deux premiers vers, on a trois fois la répétition
de "voix du vent", qui fait penser à une bourrasque. Cette évocation
est renforcée par la présence d'un alexandrin coupé en son milieu par
une césure : "La vieille voix du vent, la lugubre voix du vent".
Le parallélisme qui existe entre les deux parties de cet alexandrin
augmente l'effet de vent brutal qui souffle par bourrasque. Plus loin
dans le poème nous avons l'utilisation du mot "tempête", qui,
lui aussi, évoque un vent violent. Cependant, le vent n'est pas perçu
dans sa seule force, il fait aussi allusion au bruit qu'il provoque en
sifflant. C'est pour cette raison que l'auteur demande d' "écoute[r]
la vois du vent". Nous nous apercevons que le vent n'est pas vu sous
un aspect agréable, léger, mais qu'il a un caractère lourd, pesant, que
nous pouvons dénoter grâce à l'emploi d'un vocabulaire sinistre tel que
"lugubre", "malédiction", "vieille". De
plus, le vent entraîne une certaine tristesse, une monotonie que nous
percevons avec l'emploi des points de suspension à chaque strophe.
Ainsi, par le vocabulaire employé, par la syntaxe nous voyons que pour
l'auteur cette saison entraîne la tristesse. Elle apparaît comme la fin
de la vie, aussi bien humaine que végétale. L'auteur écrit "Il n'y
a plus de feuilles, il n'y a plus de fruits Dans les vergers détruits".
Par cette construction simple, parallèle dans cet alexandrin, on sent
tout le poids de la mort, de la fatalité. D'ailleurs, l'auteur, pour parler
de la mort, n'utilise que des verbes tel que "il n'y a, sont",
qui, dans leur simplicité, ont autant de sens que des verbes plus recherchés.
Pour lui, cette saison fait vivre dans le souvenir des temps passés, il
fait alors allusion aux "souvenirs", aux "espoirs",
aux "peines", aux "tristesses". Cette tristesse de
l'automne est renforcée par l'allusion que Milosz fait à l'hiver : "L'implacable
oubli neige". Elle renforce l'idée que l'automne n'est qu'un passage
entre deux saisons opposées. C'est l'époque où la vie s'éteint pour mourir
totalement durant l'hiver. Le vocabulaire utilisé est essentiellement
celui de la mort, nous avons des mots tels que "sinistrement",
"défunt", "tombés", "morts", "détruits".
Puis l'auteur effectue une allégorie de l'automne. Il s'adresse à cette
saison parfois, il lui fait même une invocation. Ainsi, le poète a mis
en relief "ô ma dolente" encadrée par deux virgules. Cette allégorie
renforce l'idée que l'automne est une saison triste où le vent siffle.
L'auteur parle à l'automne à certains moments de cette chanson. Il s'adresse
une nouvelle fois à cette saison, lorsqu'il dit "Elle est à vous,
pour un moment, la sonatine". Nous avons alors l'impression que l'automne
s'est emparé pour quelques mois du temps qui a alors la forme d'un morceau
de musique, comme si c'était à son tour de jouer.
L'auteur a donc effectué un portrait de l'automne qui procède à la fois
de la sonorité avec le bruit du vent, et de la tristesse du paysage. Il
a pour cela utilisé plusieurs procédés stylistiques qui ont appuyé sa
description.
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oui
oui
Attention à l'écriture des vers
mal dit
oui
Style maladroit
oui
oui
transition incomplète annonce la suite
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- Le temps qui passe inlassablement
Mais cette "chanson d'automne" peut aussi être lue sous
un autre angle, celui du temps qui passe. Le poète a d'ailleurs procédé
de façon chronologique pour composer sa chanson. Nous avons tout d'abord
dans la première strophe une saison morte. Puis, au milieu du poème, elle
commence à revivre avec l'évocation du "temps". Enfin, la dernière
strophe s'ouvre sur l'avenir. Nous avons donc une vision de plus en plus
positive de la saison.
Dans un premier temps, nous voyons que tout va vers la fin, vers la mort.
C'est alors une évocation du temps qui passe, irréversible, et qui conduit
vers la mort. Nous assistons à la fin des vergers, "vergers détruits".
Comme il n'y a plus de fruits, alors nous en déduisons que c'est la fin
de l'ensoleillement. D'ailleurs le poème s'ouvre sur la nuit, le premier
vers étant "Écoutez la voix du vent dans la nuit". Le poète
évoque aussi la mort des êtres chers en parlant de cimetière : "Sur
les tombes des amis et des amants". Enfin l'emploi du passé composé
dans "elle a vécu" nous montre que la vie est finie. Le temps
meurt lui aussi durant ce poème avec l'existence de "jours défunts,
des nuits d'antan". Enfin le vent apporte avec lui la mort et il
endort les vivants. Nous pouvons le déduire dans "Malédiction des
morts, berceuse des vivants". L'automne est aussi la fin de l'été
et la fin de cette saison ensoleillée est appuyée par le mot "lambeaux
de l'été".
Le temps révolu a alors deux destins, les souvenirs ou l'oubli. Dans
ce poème, l'auteur est assez pessimiste puisqu'il souligne que les souvenirs,
qui font vivre, basculent irrémédiablement dans l'oubli. Ainsi, il écrit
"Tous vos souvenirs, toutes vos peines se disperseront" et "Les
souvenirs sont moins que rien". Et ces derniers sombreront dans le
néant à cause de la fuite du temps. Le temps est d'ailleurs si puissant
qu'il est devenu une allégorie : "Temps", et ce temps qui s'écoule
arrive à bout de tout puisqu'il fait sombrer dans l'oubli ceux qui étaient
les plus chers à notre coeur. L'auteur écrit : "L'implacable oubli
neige sinistrement / Sur les tombes des amis et des amants".
"Implacable" souligne que nous ne pouvons pas y échapper. L'oubli
est lui aussi omniprésent avec l'emploi de "oubli", et "oubliez".
Mais, en même temps que ce temps qui conduit à la mort en fuyant comme
une "sonatine", nous avons une ouverture vers l'avenir. Nous
constatons cette ouverture avec l'emploi du futur à la fin du poème :
"irons, préparerons" et l'utilisation du mot "demain"
et "d'une moment", ce qui montre que l'automne cèdera bientôt
sa place. Mais cette ouverture vers l'avenir est aussi plus lointaine.
Nous avons d'abord en premier plan l'hiver évoqué par le verbe "neige"
mais aussi plus loin la ronde des saisons avec l'été qui reviendra. Cette
ronde est évoquée par "Les lambeaux de l'été suivent le vent de la
plaine", ainsi que par "la tempête muette du temps" ce
qui fait penser que tout change en permanence et que le temps fuit constamment.
Nous pouvons alors faire un rapprochement avec le vent de l'automne qui,
à sa manière, montre le temps qui passe. Cependant, ce temps qui
passe et qui fuit vers le futur fait naître des regrets puisque l'auteur
explique par "du regret qui ment quotidiennement" qu'en automne
on regrette l'été, puis l'automne passé, c'est alors cette saison que
nous souhaiterions revivre. Le poème se termine donc par une ouverture
du poète sur le présent soulignée par "Aujourd'hui", qui est
mis en rejet au début du vers et qui a une majuscule, ce qui montre son
importance. Cette ouverture sur le présent est aussi montrée par "Écoutons
la voix du vent". Jusqu'alors, il avait ordonné aux autres d'écouter
et il se rend compte que s'il ne veut pas avoir de regret, il doit vivre
le moment présent.
L'auteur a donc évoqué la fuite du temps à travers sa "chanson d'automne".
Ce temps qui passe constamment nous rapproche de la mort, efface notre
mémoire, mais il nous projette aussi vers le futur, qui nous fera regretter
le passé...
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Amertume
vers ?
lambeaux ?
oui
appuyez sur cette expression
mal dit
oui
oui
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- CONCLUSION
A travers son poème, Milosz nous a décrit l'automne, saison transitoire,
triste, entre l'été et l'hiver, mais il nous parle surtout de la fuite du
temps. Elle est parfois clairement exprimée, parfois plus nuancée. Cependant,
nous pourrions reprocher au poète sa vision uniforme et sinistre de l'automne,
alors que d'autres artistes tel que Vivaldi dans "les Quatre Saisons"
évoque une saison plus gaie avec les vendanges, la pluie bienfaitrice et
un tourbillon de couleurs.
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oui
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