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Commentaire : les pouvoirs du président aux Etats-Unis
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Commentaire du correcteur
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Très bon travail.
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Texte et questions
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Les pouvoirs du Président aux
Etats-Unis
"La réalité des pouvoirs présidentiels varie
et cinq facteurs principaux la déterminent:
- Les
sources constitutionnelles officielles du pouvoir exécutif, telles qu'elles
sont actuellement interprétées
- L'état
du système politique dans lequel le président exerce ses fonctions
- Les
qualités et le comportement personnels du président en place
- L'ensemble
particulier de circonstances auxquelles fait face la nation
- La
popularité du Président et le degré d'estime et de confiance qu'il reçoit
du public.
Tous ces facteurs varient avec les époques et les présidents, et, comme
les pouvoirs présidentiels sont le produit de l'interaction de tous ces
facteurs, leur étendue change elle aussi continuellement.
Les pouvoirs ne sont largement accordés au président que dans les
périodes où il est apparent que le sort de la nation est en jeu; d'ailleurs,
losrque ce danger est évident, l'autorité du chef de l'Etat est au zénith.[...]
Le péril national crée les conditions psychologiques, constitutionnelles
et politiques permettant à un président enclin à l'autorité de faire usage
de ses pouvoirs. L'esprit de parti et de régionalisme sont sublimés, le
Congrès et le pays tout entier se tournent vers le Président pour lui
demander de prendre la barre en période de crise évidente. Tous les "grands
Présidents" ont exercé leur charge lorsque l'heure était grave."
S. HIRSCHFIELS, Les pouvoirs du Président
Dialogue, vol. 6 n°1, 1975
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Devoir de l'élève
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- INTRODUCTION
Les Etats-Unis sont une République Fédérale à régime présidentiel. D'après
la Constitution de 1787, le Président en est le chef de l'exécutif et
dispose donc de pouvoirs spécifiques. Cependant, comme l'affirme S. Hirschfiels,
"La réalité des pouvoirs présidentiels
varie" dans l'Histoire. En s'appuyant d'exemples
tirés de l'Histoire des Etats-Unis de 1944 à 1992, on pourra essayer d'expliquer
les cinq facteurs qui déterminent ce pouvoir d'après S.Hirschfiels.
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- Premier facteur
Le Président est élu au suffrage universel indirect selon un système
qui respecte largement la spécificité des Etats. Elu pour quatre ans,
il n'est rééligible qu'une fois. Ses pouvoirs sont considérables: il négocie
les traités, nomme les diplomates, est commandant en chef des armées et
assure l'application des lois. Mais il empiète aussi sur le Législatif
et le Judiciaire: il peut en particulier annuler en recourant au veto,
tout projet voté par le Congrès, le texte devant alors, pour être validé,
être approuvé dans chaque Chambre à une majorité des deux tiers. La Constitution
garantit néanmoins un équilibre des forces: le Président ne peut dissoudre
le Congrès, ni celui-ci renverser le Président, sauf procédure de mise
en accusation ou d'impeachment.
Cependant, la Constitution est ambiguë: elle confie d'une part au Président
le commandement des armées et la négociation des traités mais octroie
d'autre part au Congrès le droit de déclarer la guerre, de voter les dépenses
civiles et militaires. Les limites des diverses compétences n'étant pas
indiquées, l'influence respective des deux pouvoirs sera fonction des
circonstances et des rapports de force (adéquation ou non entre la sensibilité
politique du Président et celle de chacune des chambres). En effet, les
pouvoirs présidentiels réels dépendent "des sources constitutionnelles
officielles du pouvoir exécutif, telles qu'elles sont actuellement interprétées".
Aujourd'hui, c'est toujours la même Consitution qui régit le pays, profondément
amendée, mais elle est finalement assez souple pour s'adapter à l'évolution
de la vie politique, économique et sociale, et laisse donc libre champ
à diverses interprétations.
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-
Deuxième facteur
Par ailleurs, les pouvoirs présidentiels réels dépendent aussi comme
l'affirme S. Hirschfiels de "l'état du système politique dans lequel
le président exerce ses fonctions". En effet, le pouvoir du Président
peut être amenuisé s'il n'est pas du Parti détenant la majorité au Congrès:
ce fut le cas de Truman, Eisenhower, Nixon, Ford et Bush dans la période
qui nous concerne. C'est ainsi que le programme social de Truman (législation
en faveur du plein emploi, augmentation des indemnités de chômage, interdiction
de la discrimination raciale dans les usines travaillant pour le gouvernement...)
s'est heurté à l'hositilité de la nouvelle majorité Républicaine du Congrès.
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- Quatrième facteur
Le Président est aussi servi par le contexte. La Guerre Froide
révèle l'aptitude des présidents successifs à gérer la crise: à la fois
fermeté et retenue chez Truman en Corée, capacité d'Eisenhower à assurer
le leadership nucléaire nord-américain, succès de Kennedy lors de la Crise
de Cuba. Forts de ce constat, les présidents américains s'émancipent toujours
plus vis-à-vis du Congrès à partir de 1945. Le Président seul conduit
la diplomatie: c'est l'ère des sommets qui inaugurent la diplomatie du
tête-à-tête et culminent avec les relations entre "les deux K", puis entre
Nixon et Brejnev. Le Président résout alors à lui seul les crises ponctuelles,
fixe les intérêts et les moyens: Truman envoie en Corée des troupes américaines
sans consulter le Congrès; de même, la CIA est chargée d'actions secrètes
sur ordre du seul Président (renversement de Mossadegh en Iran en 1953,
débarquement de la baie des Cochons en 1961). Il est à noter que le Congrès
lui-même durant cette période semble favorable à ce nouveau partage des
pouvoirs: en 1964, la résolution sur les incidents du golfe du Tonkin
laisse Johnson libre de déterminer les mesures nécessaires (y compris
le recours à la force armée) pour venir en aide à tout membre de l'OTASE
le réclamant. Le Congrès ne garde guère qu'un droit de regard sur les
aides. Les risques de nucléarisation des conflits accélèrent ce mouvement.
La riposte américaine, massive ou graduée, impose que la décision ultime
revienne au Président et ne laisse guère le temps matériel de consulter
le Congrès.
Mais les revers enregistrés par les Etats-Unis à partir de la présidence de
Johnson entraînent une remise en cause durable de la prépondérance présidentielle.
La guerre du Viêt-nam en particulier a des effets désastreux. Les déboires
américains (offensive du Têt en 1968) sapent la crédibilité du président
Johnson qui n'a cessé de proclamer sa certitude que la victoire n'échapperait
pas aux Etats-Unis. Le "credibility gap" entre le Président et
la nation s'installe. L'affaire du Watergate en 1974 attise encore la
défiance vis-à-vis de la présidence. Le Congrès reprend alors l'initiative:
il annule en 1970 les dispositions de la résolution du 7 août 1964 et
adopte une loi sur les pouvoirs de guerre, empêchant le Président d'engager
les troupes au delà de 60 jours sans l'accord du Congrès. La diplomatie
de "bons sentiments" conciliante à l'égard du Congrès semble favoriser
les avancées de l'URSS. Une large fraction de l'opinion, tentée par l'isolationnisme,
après le Watergate, s'émeut de la progression du communisme et dans le
monde et votera pour le discours de fermeté de Reagan. L'affaiblissement
de la présidence semble donc aller de pair avec celui de la position américaine
dans le monde.
Dans les années 1980, les rapports se stabilisent entre un Président et une
Chambre de sensibilités différentes. Au Congrès revient un contrôle strict
des budgets militaires et de l'aide indirecte. En contrepartie, les initiatives
diplomatiques et militaires reviennent au Président: Reagan et Bush renouent
avec la diplomatie du tête-à-tête et des sommets (en particulier avec
Gorbatchev). Le Président reprend l'initiative d'interventions militaires
dès 1983 avec l'intervention à Grenade en octobre. Les Etats-Unis ont
ainsi partiellement renoué avec la présidence impériale des années 1945-64,
ce que montrent les interventions au Panama et surtout en Irak, caractérisées
par un soutien massif de l'opinion au Président. Mais les présidents savent
désormais qu'il leur est difficile de mener une politique sans l'accord
du Congrès.
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Sens?
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- Troisième et cinquième facteurs
Enfin, comme l'affime S. Hirschfiels, les pouvoirs présidentiels
réels du Président dépendent aussi de ses qualités propres, et de sa popularité.
Malheureusement, le rôle envahissant des médias a pour effet de mettre
l'accent sur l'image et de privilégier les personnalités douées d'un excellent
"profil" au détriment d'autres moins "télégéniques" ou moins brillantes
dans les débats, mais plus aptes ou aguerries pour l'exercice du pouvoir.
Cette tendance s'illustre dans l'importance croissante des débats télévisés
qui depuis 1960 opposent les candidats à la présidence. C'est ainsi que
Reagan, ancien acteur, homme de médias, allait se révéler, en dépit de
sa connaissance parfois superficielle des grands dossiers, un "Grand Communicateur"
à la popularité inégalée.
La popularité du Président résulte aussi souvent de son passé. Eisenhower,
grâce à son prestige de héros militaire fut un des présidents les plus
populaires que les Etats-Unis aient connu. Enfin, la popularité du Président
peut également dépendre de celle de son prédécesseur: celle de Reagan
a beaucoup compté pour le succès de son vice-président Bush aux élections
de 1988.
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- CONCLUSION
Ainsi donc, les pouvoirs du Président dépendent bien des cinq facteurs énoncés
par S. Hirschfiels. Mais la période où le Président bénéficiait de pouvoirs
excessifs durant la guerre semble maintenant révolue. D'ailleurs, la tendance
des Américains à envoyer de plus en plus l'homme d'un parti à la Maison
Blanche, et une majorité de l'autre au Congrès, tend à stabiliser et équilibrer
leurs pouvoirs respectifs et à éviter les excès du passé. |
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