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Commentaire sur ’Le Japon à la conquête du marché mondial’ (16/20)

Devoir de l’élève

- INTRODUCTION
Bien que le Japon soit baigné par l’Océan Pacifique et la Mer du Japon, il a fallu attendre l’ère Meiji, à la fin du XIXème siècle pour que le Japon s’ouvre sur le monde et valorise sa situation d’archipel. Aujourd’hui, il est devenu la deuxième puissance économique du monde avec un PNB par habitant d’environ 19100 dollars, qui le place aux tout premiers rangs mondiaux. Après avoir exercé son influence en Asie, le Japon exerce désormais une pression commerciale sur les plus grandes puissances économiques du monde, Etats-Unis compris. Le Japon s’est lancé à la conquête économique du monde comme le prouvent les documents fournis: le document 1 d’abord, permet de retracer l’évolution de la balance commerciale japonaise depuis 1972 à travers un tableau de données; la carte du 2 permet elle de retrouver la répartition des investissements directs du Japon à l’étranger; le tableau du 3 permet de retracer l’évolution du montant global des investissements japonais à l’étranger; les deux derniers documents présentent les réactions des pays concurrents du Japon, les problèmes générés par la puissance grandissante de l’industrie japonaise et les retombées économiques pour ces pays.

- L’évolution du solde du commerce extérieur japonais de 1972 à 1989 (document 1)
Les échanges commerciaux des années 1950 au Japon ont été marqués par de fortes importations (matières premières, sources d’énergie , biens d’équipement...) nécessaires à la reconstruction. Mais depuis les années 1970, les entreprises japonaises ne cessent, malgré la réévaluation du yen, les accords d’autolimitation ou les installations à l’étranger, d’accumuler des soldes commerciaux excédentaires (déficitaires seulement en 1974 et en 1980, conséquences des deux chocs pétroliers): 10 milliards de dollars en 1976, 21 en 1983 et plus de 90 en 1986, dont les deux tiers avec les Etats-Unis.

La recette nippone consiste à exporter beaucoup et à importer peu. Depuis 1975, les exportations ont quadruplé alors que les importations n’ont été multipliées que par 2,5. Le Japon après la guerre, ayant perdu son empire et les ressources qui s’y trouvaient, a ainsi exploité à fond sa situation géographique d’ouverture sur le Pacifique et, de là, sur les différents océans et mers du globe. Le solde commercial témoigne apparemment de la robuste santé de l’économie japonaise. Le Japon est le seul grand pays, avec l’Allemagne, à enregistrer de confortables excédents. Toutefois, depuis 1982, l’augmentation des excédents de 8 à 96 milliards de dollars en 1987 est due à une double circonstance: la vigoureuse reprise aux Etats-Unis qui s’est traduite par un boom des exportations japonaises de voitures, de biens d’équipement et de biens électroniques, d’une part, et la baisse des prix du pétrole qui a allégé dans le même temps le montant des importations d’autre part. Enfin, l’évolution très récente de la balance commerciale japonaise avec une chute relative du solde commercial de 96 milliards de dollars en 1987 à 64 en 1990 témoigne des efforts faits par les Japonais pour consommer davantage de produits étrangers afin de réduire leur excédent commercial, facteur de déséquilibre de l’économie mondiale, et de faire taire les reproches de protectionnisme adressés par le GATT, les Etats-Unis et la CEE.

Pourtant, si les matières premières se remettent à augmenter, si la revalorisation du yen vis-à-vis du dollar se poursuit et si le regain de protectionnisme des Etats-Unis se confirme, les résultats flatteurs de l’économie japonaise peuvent être remis en cause. Le Japon n’est pas à l’abri d’un retournement radical de la conjoncture.

- La géographie globale des investissements directs japonais en 1987 et leur évolution globale de 1980 à 1987 (documents 2 et 3)
Depuis une vingtaine d’années, le Japon gagne peu à peu les marchés qui étaient jusqu’alors alimentés par les productions occidentales, les concurrençant fortement et mettant en péril leur avance techologique. La pénétration des produits japonais sur leur marché intérieur a conduit les puissances occidentales (Etats-Unis et CEE surtout) à freiner la domination commerciale du Japon par des accords d’autolimitation, de contingentement, ou des mesures anti-dumping. Depuis les mesures financières (réévaluation du yen), le marché nippon est plus perméable aux produits manufacturés occidentaux.

Dans ce nouveau contexte, le Japon déploie une nouvelle stratégie en développant les investissements directs à l’étranger (ex: Dunlop en France). Ainsi, depuis le début des années 1980, les investissements japonais à l’étranger connaissent un véritable boom: de 4,7 millliards de dollars en 1980 à 67 en 1990. Ainsi, dès 1984, le Japon est devenu le premier créancier du monde, rôle semble-t-il mieux accepté que sa politique commerciale.

Jusqu’au premier choc pétrolier, les pays en voie de développement recevaient les deux tiers des investissements japonais; leur part baisse et de nos jours, plus de la moitié des investissements se dirigent vers les pays industrialisés. Ils sont une des réponses du Japon aux pressions effectuées par ses partenaires pour qu’il limite ses excédents commerciaux. L’Amérique du Nord est la destination privilégiée des investissements japonais et, parmi ces pays, les USA en particulier, où le Japon a investi en 1987 plus de 15 milliards de dollars, ce qui représente presque la moitié des investissements directs totaux. La part de l’Europe est plus modeste, mais s’accroît, les pays les plus pénétrés par les capitaux japonais étant le Royaume-Uni et les Pays-Bas. L’Océanie est une destination vedette: rapportés au nombre d’habitants, les investissements japonais y sont les plus forts, surtout en Australie et en Nouvelle-Zélande.

L’avantage pour le Japon d’investir dans les pays industrialisés est de produire directement dans le pays client. Cela annule ainsi l’inconvénient que représente l’appréciation du yen et cela permet au Japon de contourner les barrières douanières, mais aussi de contenir le mécontentement de ces pays par la création d’emplois, mais ces pays courent alors le risque d’une domination par une économie étrangère.

La part de l’Amérique Latine dans les investissements directs japonais est, elle aussi, importante; les Japonais investissent massivement dans tous les secteurs: commerce et finances dans les métropoles du sous-continent, mines et usines au Brésil. Les petits Etats offrent des services spécifiques: la possibilité d’acquérir des pavillons de complaisance au Panama, ou une fiscalité très avantageuse aux Bahamas.

La part de l’Asie traditionnellement élevée est en baisse, les capitaux étant surtout consacrés à l’implantation ’d’usines tournevis’. Le reste du Tiers Monde ne joue qu’un rôle réduit: les capitaux japonais se détournent pour l’instant du Moyen Orient et restent faibles en Afrique où ces investissements sont souvent des aides aux pays pauvres (le Japon est actuellement au deuxième rang mondial après les USA pour ces aides).

- La montée de la ’nippophobie’ aux Etats-Unis (document 4)
Comme on l’a affirmé, les Etats-Unis sont la destination privilégiée des investissements japonais. Ces investissements se concentrent sur quelques domaines-clés: l’automobile (avec Mitsubishi par exemple), la construction électrique, électronique et mécanique (avec par exemple Sony) et la chimie. L’investissement manufacturier s’amplifie: le nombre des usines japonaises implantées aux Etats-Unis est passé de 200 en 1980 à 640 en 1988. Mais ce ne sont pas les seuls domaines menacés. Des entreprises américaines en difficulté sont rachetées par des firmes japonaises: ainsi, les films Columbia par Sony, les immeubles Rockfeller par Mitsubishi & La banque, la finance, l’assurance et l’immobilier sont des domaines très recherchés par les Japonais.

Devant l’intrusion omniprésente des Japonais dans tous les secteurs de leur économie, les Américains redoutent une aliénation de leur économie: ils craignent que tous les secteurs-clés ne soient bientôt contrôlés par les Japonais, à tel point qu’ils parlent d’une menace comparable à la menace rouge et s’estiment prêts pour une nouvelle ’chasse aux sorcières’.


Evitez.

 

 

 

 

 

Mal dit.

- Problèmes posés par la puissance de l’industrie japonaise (document 5)
Le problème essentiel soulevé par la puissance de l’industrie japonaise est avant tout qu’aucune industrie ne lui est concurrentielle. Dans le secteur automobile, puisque c’est celui dont il est question dans le texte, les constructeurs européens sont incapables de produire des voitures d’aussi bonne qualité à des prix aussi concurrentiels que ceux qui sont pratiqués par les Japonais, à tel point que les constructeurs estiment eux-mêmes qu’un délai de 10 ans est nécessaire pour mettre à niveau leurs entreprises.

Il y a plusieurs raisons à cette performance japonaise: la cohésion sociale, la discipline et le sens de l’intérêt collectif expliquent l’efficacité des entreprises japonaises, mais surtout le Japon se place en tête des nations pour l’effort de recherche: il y consacre désormais 3,2 % de la richesse nationale contre 2,1 % en 1975. La meilleure preuve de l’efficacité des recherches est justement l’industrie automobile: elle était inexistante avant 1955; dès 1967, elle occupe le deuxième rang mondial.

Pour limiter les conséquences de cette avance japonaise, Edith Cresson proposait de limiter les ventes japonaises de voitures, mais cela mécontenterait les consommateurs. De surcroît, elle veut limiter ces ventes japonaises ’de toutes provenances’, c’est-à-dire y compris celles d’usines japonaises implantées en Europe, ce qui pourrait avoir pour conséquence la fermeture de ces usines aux dépens des pays européens.
Edith Cresson souhaitait d’autre part que le Japon s’ouvre de son côté aux produits étrangers, car il est protégé par de multiples obstacles: des quotas protègent certains secteurs jugés vitaux, comme les produits agricoles; des barrières non tarifaires plus subtiles les complètent: normes de sécurité particulières, homologations longues à obtenir & Mais l’obstacle le plus efficace à la diffusion des produits étrangers est sans doute le comportement nationaliste du consommateur japonais.
La dernière mesure proposée par Edith Cresson est de loin celle qui serait la plus efficace: obliger les Japonais à acheter sur place les équipements pour leurs usines, mais encore faut-il qu’ils n’achètent pas ces pièces à des usines japonaises implantées dans le pays étranger.

- CONCLUSION
Pourtant, plutôt que de remettre en cause la politique du Japon, peut-être serait-il plus judicieux de nous remettre en cause comme le propose Dominique Strauss-Kahn. La place et le rôle dominants du Japon au niveau international lui valent de solides inimitiés qui ne doivent pas faire oublier que sa puissance lui vient de son efficacité.

Commentaire du correcteur

Excellent travail.

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