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Construire un plan
Impression facile
Construire un plan
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Il s’agit de présenter les arguments selon un ordre rationnel qui les rende
clairs et convaincants. Comme dans un raisonnement mathématique, il faut suivre
les étapes d’une logique rigoureuse, sans laquelle la réponse, même juste, n’a
aucune valeur : c’est le moment de vous souvenir que la dissertation est avant
tout un exercice de rhétorique.
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1.Quelques données préalables
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A.Un plan doit être dynamique
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On doit apporter en conclusion une réponse à la question que l’on a posée en
introduction : entre les deux, on doit progresser régulièrement et par étapes
de l’une à l’autre. On ne doit donc pas juxtaposer les unes après les autres
des parties interchangeables, mais faire sentir une évolution, un progrès, d’étape
en étape ; chaque partie nouvelle doit marquer une avancée par rapport à la
précédente, dans la résolution du problème posé.
Une dissertation ne doit donc jamais se contenter de décrire les différents
aspects d’un problème, mais réaliser un raisonnement progressif.
Exemple : Dans une dissertation sur l’hypocrisie de Dom Juan, on ne se contentera
pas de décrire les différentes facettes de cette hypocrisie, mais on pourra
poser le problème des justifications, qui suscitera différentes hypothèses,
et donc dynamisera le développement.
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C.Une grande souplesse dans le choix du plan
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Certains énoncés semblent imposer un plan. En réalité, si tel plan peut paraître
mieux adapté à tel sujet, il y a cependant plusieurs façons de traiter un sujet,
donc plusieurs plans possibles : l’essentiel est sa cohérence interne.
N’ayez donc pas peur de ne pas avoir trouvé « le bon plan » : si certains
peuvent sembler mieux indiqués que d’autres pour traiter un sujet, ce n’est
pas pour cela que les autres seront forcément mauvais. Le plan dépend surtout
du problème que vous aurez posé en introduction.
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2.Le plan est-il contenu dans l’énoncé ?
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Avant de se lancer dans la construction d’un plan personnel, il est toujours
utile de voir si le plan n’est pas suggéré, sinon imposé, par l’énoncé. Ce n’est
pas le cas le plus fréquent, mais lorsqu’il se présente, on peut gagner du temps.
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A.Indices pour reconnaître un plan
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Lorsque l’énoncé se présente comme une simple question, le plan est généralement
tout à fait libre, et l’on cherchera en vain des indications.
Exemple : Quel intérêt un lecteur contemporain peut-il trouver aux Fables de
la Fontaine ?
Un tel sujet laisse la possibilité de plans très variés, car la question est
très ouverte.
En revanche, lorsque l’énoncé propose une citation assez longue, ou une question
en plusieurs éléments, il y a des chances d’y trouver des indications de plan.
Dans la plupart des cas, l’énoncé est construit sur trois éléments, susceptibles
de servir de supports aux trois parties de la dissertation. Ces trois éléments
peuvent être explicites ou avoir besoin d’être dégagés ; dans ce dernier cas,
l’analyse de l’énoncé les aura fait émerger.
Exemple : Tout roman de Malraux présente l’aventure sous trois aspects : «
une aventure imaginaire et romanesque, une autre politique et sociale, une troisième
enfin esthétique et métaphysique ».
Une telle citation composée de trois éléments n’impose pas obligatoirement
de reprendre ces éléments comme supports des trois parties, mais offre néanmoins
cette possibilité commode.
Autre exemple : « Victor Hugo écrit n’importe quoi, et ce n’importe quoi produit
tantôt le ridicule, tantôt le miracle du génie. »
Cette citation donne deux orientations opposées, le ridicule et le génie,
qui ne permettent pas à elles seules de construire un plan en trois parties.
Cependant, on remarquera que la première partie de la phrase est elle-même problématique,
et qu’on peut très bien envisager un plan examinant dans une première partie
en quoi Hugo écrit n’importe quoi, en deuxième partie ce qui, dans l’œuvre étudiée,
est ridicule, et en troisième partie dans quelle mesure le génie du poète peut
découler de n’importe quoi.
N.B. : Quand un énoncé suggère un plan, celui-ci n’est jamais obligatoire,
et l’on peut préférer un autre plan, pourvu qu’il soit efficace.
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B. Définir une logique d’ensemble
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Quand on a trouvé dans l’énoncé l’indication d’un plan possible, il est nécessaire
d’expliciter la logique qui unit ces trois points :
– sans cet effort de cohérence interne, la dissertation risque fort de n’être
que l’assemblage de trois développements indépendants, alors qu’elle doit constituer
un seul raisonnement ;
– normalement, l’analyse de l’énoncé a dû faire apparaître cette logique des
éléments : il suffira alors d’en préciser la progression.
Dans l’exemple précédent sur les romans de Malraux, la logique entre les trois
éléments de l’énoncé n’est pas perceptible d’emblée : pour éviter un simple
exposé de trois questions indépendantes, il faudra confronter ces trois points
à la notion d’aventure, qui prendra à chaque fois un sens différent ; ces trois
points peuvent également progresser dans le sens d’un approfondissement de la
perspective.
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C.Classer les arguments dans les trois parties ainsi définies
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Soit vous cochez de trois couleurs différentes, dans votre brouillon, les arguments
correspondant aux trois parties.
Soit vous recopiez, sur trois feuilles différentes, les arguments qui vont
alimenter les trois parties.
Hiérarchisez les arguments, soit en les numérotant, soit en les recopiant dans
l’ordre : vous pouvez les classer par ordre d’importance croissante ou décroissante,
du plus évident au plus recherché, ou du plus convaincant au plus annexe.
Ne retenez que les arguments qui conviennent effectivement à ce que vous cherchez
à montrer dans chaque partie. N’hésitez pas à renoncer à ceux qui feraient double
emploi ou qui ne s’avèrent pas nécessaires.
Si un argument-clef ne trouve sa place dans aucune partie, il faudra changer
de plan.
Précisez le lien logique unissant les arguments entre eux pour assurer la cohérence
interne de chaque partie : les arguments ne doivent pas être juxtaposés, mais
enchaînés.
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3.Trouver le plan le mieux adapté
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Lorsque le plan n’apparaît pas dans l’énoncé, il faut imaginer celui qui conviendra
le mieux :
– au problème posé,
– aux arguments dont on dispose.
Il existe en effet différents types de plans, qui conviennent plus ou moins
bien aux différents types de sujets ; mais il faut vérifier que les arguments
que l’on a trouvés permettent effectivement de traiter tel sujet selon tel plan
!
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A.Plan d’exposition
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Ce plan consiste à présenter successivement les différentes facettes d’une
œuvre ou d’un auteur, comme on le ferait dans un exposé :
Partie I : premier thème.
Partie II : deuxième thème.
Partie III : troisième thème.
Ce plan est tout indiqué dans tous les sujets qui invitent à exposer les éléments
d’une question ; en revanche, il est à éviter dans les sujets nécessitant une
discussion.
Exemple : Quel intérêt un lecteur contemporain peut-il trouver
aux Fables de La Fontaine ?
Le plan peut très bien exposer successivement les principales sources
d’intérêt dans les Fables, comme intérêt poétique, intérêt moral, intérêt historique.
Avantage de ce plan : sa simplicité et sa souplesse.
Inconvénients : le risque est grand de tomber dans le catalogue d’idées sans
raisonnement véritable.
Il conviendra donc de le rendre dynamique :
– en ordonnant les parties selon une logique progressive ;
– en suscitant l’intérêt du correcteur par une véritable problématique ;
– en s’assurant que les parties ne sont pas interchangeables dans le raisonnement
choisi, et que les parties suivantes constituent bien une avancée par rapport
aux précédentes.
Exemple : Dans le sujet ci-dessus portant sur les Fables de La
Fontaine, on dynamisera le développement en se demandant d’abord pourquoi le
lecteur contemporain ne trouverait plus d’intérêt à ce genre littéraire ; cela
précisé, il sera ensuite beaucoup plus intéressant de chercher comment, malgré
tout, les Fables sont encore lisibles de nos jours, et l’on expliquera comment
cette poésie surannée garde une fraîcheur toujours attrayante, comment ces récits
d’un autre âge contiennent une morale dont on peut toujours faire son profit,
et qu’enfin l’éloignement dans le temps, qui peut être un obstacle, est en même
temps d’un grand intérêt historique. Les deux premières parties examinent deux
points-clefs des Fables, et la troisième renouvelle l’intérêt du lecteur en
retournant le reproche contre lui-même.
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B.Plan dialectique traditionnel
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Ce plan convient lorsque deux hypothèses s’opposent et que, sans trancher nécessairement
entre les deux, on doit proposer un choix nuancé :
Partie I : thèse.
Partie II : antithèse.
Partie II : synthèse.
Cela consiste donc à exposer dans les deux premières parties les arguments
opposés, et à chercher dans une troisième partie comment sortir de cette opposition.
On voit que, contrairement à une simple discussion qui se contente de présenter
les arguments opposés, la dissertation a pour but de trouver une solution capable
de trancher ou de dépasser l’opposition.
Avantages de ce plan : la clarté des deux premières parties, et la dynamique
nécessaire de la troisième. Une dissertation réussie sur ce plan peut être excellente.
Inconvénients : la synthèse est souvent difficile à mettre au point. Le risque
est de donner en synthèse des arguments qui auraient pu figurer aussi bien dans
les parties précédentes, et de ne réaliser finalement qu’une discussion déguisée
; le risque est aussi de ne faire en synthèse qu’une préconclusion qui n’ajoute
rien à la thèse et à l’antithèse.
On veillera donc à l’efficacité de la synthèse :
– en prévoyant les arguments-clefs qui y figureront avant même de construire
la thèse et l’antithèse : il est toujours plus facile de ménager les premières
parties en fonction de la troisième que d’imaginer celle-ci après les deux autres
;
– en cherchant non pas à trancher entre les deux hypothèses, mais à les dépasser
en changeant de perspective ;
– en s’assurant que de nouveaux arguments font effectivement progresser le
problème ;
– en rédigeant une synthèse aussi longue que les deux premières
parties : une synthèse trop courte est souvent le signe de son indigence.
Exemple : Dom Juan est-il vraiment hypocrite ?
On peut imaginer le plan suivant :
Partie I : les arguments qui montrent que Dom Juan est effectivement
toujours hypocrite.
Partie II : les arguments contraires, appuyés sur des scènes où
Dom Juan peut apparaître comme sincère.
Partie III : au lieu de la solution de facilité qui consisterait
à dire que Dom Juan est tantôt hypocrite et tantôt sincère, qui n’ajouterait
rien de neuf, on s’efforcera de montrer que le héros est sincère dans son hypocrisie
elle-même.
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C. Plan critique
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Ce plan est adapté aux sujets sur lesquels on s’apprête à adopter une opinion
tranchée, chaque fois que dans une discussion, la balance penche nettement d’un
côté :
Partie I : première hypothèse.
Partie II : critique de cette hypothèse, en montrant toutes les objections
qu’on peut lui opposer.
Partie III : deuxième hypothèse, plus convaincante que la première.
Un tel plan suppose donc de prendre nettement parti pour la seconde hypothèse,
pour pouvoir montrer sa supériorité sur la première.
Avantages de ce plan : par nature progressif et dynamique, il est particulièrement
efficace quand il est réussi.
Inconvénients : on risque de mal distinguer la deuxième et la troisième partie,
qui toutes deux s’opposent à la première ; si l’une ne fait que répéter l’autre,
on retombe dans le schéma de la discussion.
On obtiendra une bonne progressivité du plan :
– en définissant d’abord les arguments de la troisième partie, qui est l’aboutissement
du raisonnement ;
– en trouvant ensuite les arguments de la deuxième partie, en vérifiant à chaque
fois qu’ils sont bien des critiques de ceux de la première et ne recoupent pas
ceux de la troisième ;
– en observant bien que critiquer une hypothèse n’est pas la même chose que
soutenir l’hypothèse contraire, comme lorsqu’on a à choisir entre deux produits
: montrer les défauts de l’un n’est pas la même chose que montrer les qualités
de l’autre.
Exemple : Le titre des Confessions est-il bien choisi ?
On peut répondre à cette question par oui ou par non. Si la recherche
des arguments nous conduit à affirmer que l’œuvre de Rousseau est mal titrée,
on adoptera le plan suivant :
Partie I : oui, ce titre est bien choisi, puisque l’auteur y dévoile
tout ce qui de lui-même restait encore caché.
Partie II : cependant, peut-on appeler confessions des récits qui
sont plus souvent des justifications que des aveux ?
Partie III : non, ce titre est mal choisi, car le récit vise plus
à jouir de lui-même qu’à s’autoflageller.
On voit dans ce plan que si la deuxième partie remet en cause les
conclusions de la première, la troisième propose une autre interprétation, qui
permet de conclure négativement.
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D.Plan analytique
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Ce plan convient aux sujets qui demandent de réfléchir à une notion un peu
complexe ou à des énoncés longs, pour lesquels l’examen du problème nécessite
un vrai développement :
Partie I : analyse du problème.
Partie II : recherche des causes.
Partie III : réponses, conséquences, solutions.
Cela consiste donc à approfondir méthodiquement le problème global, sans le
diviser en thèmes ou thèses.
Avantages de ce plan : très méthodique, il garantit une réflexion progressive,
et fait merveille lorsque l’énoncé comporte de multiples facettes.
Inconvénients : il suppose une bonne capacité d’analyse, sans laquelle on aura
de la difficulté à remplir les parties et à mettre le problème au clair.
On y parviendra :
– en situant précisément les enjeux du problème et en en décomposant les différentes
facettes ;
– en s’appuyant très précisément sur les références à l’œuvre étudiée, qui
seules peuvent donner à la dissertation la conviction dont elle a besoin ;
– en ne donnant pas, par mégarde, les réponses dès la première partie.
Exemple, dans l’énoncé précédent sur le titre des Confessions de
Rousseau, la première partie montrera en quoi ce titre est problématique, la
seconde expliquera pourquoi Rousseau a donné un titre aussi décalé par rapport
au contenu de son livre, et la troisième apportera une réponse nuancée et argumentée
à la question posée .
w N.B. : Cette troisième partie doit être une véritable partie,
et non une préconclusion.
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E.Beaucoup de plans possibles
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Les quatre types de plans présentés ci-dessus ne sont que les plus couramment
utilisés, et recouvrent à peu près tous les sujets. On notera cependant trois
remarques :
Tous les autres plans sont possibles, à partir du moment où ils sont cohérents
et conviennent au problème posé : aidez-vous donc de ces modèles, mais si vos
arguments ne s’y prêtent pas, organisez-les de façon plus personnelle.
Plusieurs plans sont possibles pour un même sujet : tout dépend de la problématique
dégagée, des arguments que vous avez trouvés, et de votre appréciation personnelle
de la question. Pourvu que vous arriviez à démontrer vos affirmations en vous
référant à l’œuvre étudiée, des positions différentes peuvent être adoptées,
organisées en conséquence.
Exemple : Toujours dans le même sujet sur le titre des Confessions,
on peut très bien imaginer des réponses différentes, et donc des plans différents
de ceux qu’on a proposés plus haut :
Partie I : le titre est bien choisi, pour telle et telle raison.
Partie II : d’autres arguments conduisent plutôt à penser que ce
titre est mal choisi.
Partie III : en réalité, le mot « confessions » ne doit pas être
pris au pied de la lettre, mais comme un genre littéraire spécifique.
Ou bien :
Partie I : ce titre est mal choisi.
Partie II : mais les arguments précédents se fondent sur une définition
étroite des confessions.
Partie III : globalement, le livre correspond assez bien à la notion
de confession.
Ou encore :
Partie I : le titre, selon les intentions de Rousseau.
Partie II : le titre, comparé à la réalité du livre.
Partie III : le titre, selon la définition habituelle des confessions.
Dernière remarque importante :
n Un bon plan doit être équilibré, c’est-à-dire que ses parties seront de longueurs
sensiblement égales.
On ne saurait admettre qu’une partie ne comporte que deux arguments si ses
voisines en comptent cinq : on aura donc soin de concevoir un plan qui permette
cet équilibre des arguments.
En revanche, on considère comme normal un écart d’un argument entre les parties,
au maximum deux : le développement idéal comptera le même nombre d’arguments
dans chaque partie, mais si une partie en comporte cinq, on admettra que les
autres en comportent quatre ou trois (ou six, si on est inspiré !).
En tout état de cause, aucune partie ne saurait compter moins de trois arguments.
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4.Organisation interne des parties
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De même que le développement est organisé en parties logiquement ordonnées,
de même les arguments doivent eux-mêmes s’enchaîner rigoureusement à l’intérieur
de chaque partie. Que vous ayez construit vos parties à partir de vos arguments,
ou que vous ayez trouvé vos arguments pour remplir vos parties, il faudra de
toute façon élaborer un raisonnement.
Comme on l’a vu plus haut, il s’agit au minimum de hiérarchiser les arguments
; on s’efforcera cependant de les unir selon une logique plus précise, lorsque
cela est possible : cause, conséquence, opposition, confirmation, etc.
On adaptera l’ordre des arguments à ce qu’on cherche à montrer.
Enfin, on dosera les arguments en fonction de leur rôle dans le raisonnement
: on évitera de développer un argument irréfutable si on sait qu’on doit le
critiquer ensuite ! Il vaut mieux le réserver comme argument final...
Exemple : Si l’on bâtit une partie montrant que le titre des Confessions est
bien choisi, on peut ranger ainsi quelques arguments :
Premier argument : l’intention de Rousseau est bien de se montrer
tel qu’il est (cf. Prologue).
Deuxième argument : Rousseau précise trois grands aveux.
Troisième argument : les Confessions contiennent de nombreux aveux
secondaires, même s’ils sont minimisés par l’auteur.
Quatrième argument : les défauts de l’auteur apparaissent malgré
lui, au fil du récit.
Chaque argument sera développé et expliqué à partir des références
tirées de l’œuvre ; on voit dans cet exemple les arguments classés du plus simple
au plus recherché, du plus évident au plus caché : des aveux explicites de Rousseau,
on avance progressivement vers les aveux implicites, qui confirment à leur manière
la justesse du titre.
Quand le raisonnement est élaboré dans chaque partie, la dissertation est prête
pour la rédaction.
Voir corrigés pages 236-238
Quel plan est suggéré dans les énoncés suivants :
La tragédie de Phèdre vous paraît-elle correspondre à l’idéal classique
: plaire, émouvoir, être utile ?
Candide est un conte où la philosophie se promène dans une vaste
plaisanterie.
Dans Illusions perdues, Balzac peint une société où l’idéal se
brise parce qu’il n’en est pas un.
Expliquez votre choix et la logique du plan retenu.
Imaginez quels plans conviendraient aux énoncés suivants, en précisant
sur quelle problématique ils s’appuient.
En quoi Hernani est-il le type du héros romantique ?
Peut-on dire en lisant Rhinocéros que Ionesco soit un écrivain
engagé ?
L’auteur d’une Introduction à la lecture des poètes français parue
en 1946 écrit : « Les Fables de La Fontaine ne sont pas des poèmes. Elles peuvent
s’orner de considérations philosophiques, ironiques, pratiques ; elles font
réfléchir, sourire, admirer, jamais rêver. Elles ne sont ni des poèmes, ni des
modèles de poésie. »
Partagez-vous cette opinion ? (La Réunion, juin 1997).
Soit le sujet, à propos de l’étude de Candide : « Voltaire est
avant tout caricaturiste. » Votre lecture de Candide confirme-t-elle ce jugement
?
Critiquez les plans suivants, en montrant leurs avantages et inconvénients,
en expliquant pourquoi vous choisiriez certains et rejetteriez d’autres :
Partie I : Voltaire est caricaturiste.
Partie II : Voltaire n’est pas caricaturiste.
Partie III : Voltaire n’est qu’ironiste.
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