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Die Vereinigung (l'unification)
Impression facile
Introduction
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Le
régime est- allemand tenta vainement de survivre malgré la contrainte que
constituaient l'exode massif vers la RFA et la contestation grandissante,
en mettant en place des mesures d'apaisement comme l'ouverture du Mur de
Berlin, la démission de Honecker, des négociations avec les mouvements d'opposition…
Une confédération est envisagée entre les deux Etats au prix d'une libéralisation
du régime en RDA. Mais sous la pression des manifestations, cette solution
est peu à peu rejetée au profit d'une unification, que le chancelier Kohl
parachève rapidement après une période de prudente expectative.
Les étapes essentielles dans ce processus ont été l'union monétaire, la
reconstitution des Länder en RDA pour leur permettre d'adhérer aux Länder
de RFA, la signature du traité d'union.
L'Allemagne qui naît le 3 octobre 1990 est une Allemagne fédérale reposant
sur la Grundgestz (Loi Fondamentale) (VOIR FICHE SUR LES INSTITUTIONS
POLITIQUES) ; elle a choisi Berlin comme capitale. Cette unification n'a
pu se faire qu'avec l'accord des Alliés, en particulier de l'Union Soviétique.
Le traité " 2+4 " scelle la fin du statut d'occupation et la reconnaissance
de la souveraineté allemande. L'Allemagne reconnaît le ligne Oder-Neisse
comme frontière avec la Pologne et affirme ne pas avoir de revendications
territoriales.
18 octobre 1989 : démission d'Erich
Honecker, Egon Krenz lui succède
9 novembre 1989 : ouverture du mur de Berlin
28 novembre 1989 : plan en 10 points de Helmut Kohl
1 juillet 1990 : entrée en vigueur de l'union monétaire, économique
et sociale
12 septembre 1990 : signature à Moscou du Traité " 2+4 "
3 octobre 1990 : unité allemande
2 décembre 1990 : élections au Bundestag de l'Allemagne unie
17 janvier 1991 : H. Kohl réélu chancelier |
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1 Les prémices
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Encore un
an avant la chute du Mur, rien ne laissait supposer que l'Allemagne allait
prochainement s'unir et que l'ordre mondial dual issu de la seconde guerre
mondiale allait s'effondrer. Lors de son unique visite officielle en RFA,
en 1987, Erich Honecker, secrétaire général du parti communiste (SED)
(VOIR FICHE SUR POLITIQUE) et maître tout puissant de la RDA, avait encore
affirmé que les systèmes politiques des deux Allemagnes étaient aussi
inconciliables que " l'eau et le feu ". Rien ne menaçait le statu quo
entre les deux blocs de la guerre froide.
L'Allemagne
incarnait l'antagonisme des deux systèmes politiques et idéologiques.
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1.1 Premiers changements dans les pays de l'Est
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Dès
avril 1989, la Pologne se voit instituer le pluralisme démocratique consacré
pas les élections de juin, (les militants du syndicat solidarité, dont le
futur président Lech Valesa, l'obtiennent du pouvoir communiste), et est
le premier pays du bloc de l'Est à se doter d'un gouvernement non communiste,
favorable aux réformes démocratiques et à l'économie de marché.
De même, en Hongrie, entre mai et octobre, le pluralisme politique est instauré,
toute référence au marxisme-léninisme abandonnée et l'économie de marché
enclenchée. L'effondrement de l'URSS est déjà en marche. Lors de sa première
visite en RFA en mai 1989, Mikhaïl Gorbatchev annonce que la confrontation
entre les deux blocs est terminée et que la voie de la coopération avec
l'ouest est entamée.
Le régime communiste est-allemand, le plus strict, se trouve désormais en
porte-à-faux par rapport au " grand frère " soviétique dont il avait jusqu'en
1987 appliqué scrupuleusement les consignes.
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1.2 L'exode par la Hongrie
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En mai 1989,
la Hongrie décide de démanteler le " Rideau de Fer ". C'est alors qu'a
lieu durant l'été 1989, un immense exode des Allemands de l'Est, qui passent
par la Hongrie pour partir vers des pays de l'ouest. Ils mettent ainsi
le gouvernement est-allemand dans une position extrêmement délicate. Le
10 septembre à minuit, la Hongrie permet à ceux qui se sont réfugiés sur
son sol d'émigrer vers le pays de leur choix. A la fin du mois, plusieurs
milliers de candidats à l'émigration sont autorisés par le gouvernement
d'Erich Honecker à se rendre en Allemagne fédérale. Mais pour éviter que
le régime est-allemand ne perde la face, on décide qu'ils devront prendre
un train de la Deutsche Reichsbahn qui traversera l'Allemagne de l'Est
avant de rejoindre la République fédérale. Afin d'empêcher d'éventuels
autres candidats au départ de monter dans ce train, on en plombé les portes.
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1.3 La contestation interne
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Parallèlement
à l'exode, un vaste mouvement de contestation se développe en RDA.
On commençait à réclamer des réformes profondes du régime, en particulier
la fin du monopole du SED et la démocratisation de la vie politique. On
avait en effet mal digéré les 98, 85% soit disant obtenus par le SED aux
élections législatives du 7 mai 1989.
Le 7 octobre,
la RDA fêta en grandes pompes le quarantième anniversaire de sa création
en présence de M. Gorbatchev qui déclara : " La vie punit celui qui arrive
trop tard " (Wer zu spät kommt, den bestraft das Leben), ce qui
constituait clairement un message à l'adresse d'Honecker. Ce jour là,
des milliers d'allemands manifestèrent en scandant " Le peuple, c'est
nous " (Wir sind das Volk). Sous la pression de la rue, Honecker
fut limogé et remplacé par Egon Krenz le 18 octobre ; mais ce changement
à la tête de la RDA na calma pas l'ardeur des manifestants car Krenz n'était
pas plus libéral qu'Honecker. Le nombre de manifestants ne cessa d'augmenter
(plus de 500 000 à Leipzig et 1000 000 à Berlin-Est début novembre). Finalement,
le 7 novembre, le gouvernement démissionna. Krenz, qui restait à la tête
du SED, annonça des " élections libres, démocratiques et pluralistes ".
Fiche
vocabulaire
| Der kalte Krieg : la guerre froide
; die Berliner Mauer : le Mur de Berlin ; der Eiserne Vorhang
: le Rideau de Fer ; die BRD (Bundesrepublik Deutschland) :
la RFA (République Fédérale d'Allemagne) ; die DDR (Deutsche Demokratische
Republik) : la RDA (République Démocratique Allemande) ; die
Grenze öffnen : ouvrir la frontière ; der Umbruch : le
bouleversement (surtout politique) ; erkämpfen : obtenir par
la lutte ; der Übersiedlerstrom : le flux de réfugiés en provenance
de RDA ; der Prozeb (sse) : le processus ; sich einigen
auf (+ accusatif) : se mettre d'accord sur ; der Runde Tisch
: la table ronde ; unterstützen : soutenir ; die Parole
(n) : le slogan ; der Einigungsvertrag wird unterzeichnet
: le traité d'union est signé… |
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2 La chute du mur de Berlin
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2.1 Le 9 novembre 1989
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Dans la soirée
du 9 novembre, le responsable de l'information du Bureau politique du
SED annonça la libéralisation " à bref délai " des autorisations de voyage
et des visas d'émigration. Quelques heures après, des milliers de Berlinois
de l'Est se pressaient devant les points de passage du mur qui séparait
la ville en deux. Vers minuit, ces points de passage s'ouvrirent : le
Mur venait de tomber. Dans les jours et les semaines qui suivirent, les
Allemands de l'Est furent plusieurs millions à se rendre à l'Ouest.
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2.2 Le gouvernement Modrow
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C'est dans
l'espoir de restaurer la confiance des Allemands de l'Est dans leur gouvernement
que la Chambre du Peuple (Volkskammer), élit à la tête du gouvernement
Hans Modrow, plus libéral que ses prédécesseurs. Son programme était en
rupture avec les politiques antérieures : établissement de l'Etat de droit,
réforme du code électoral, libéralisation de la presse, intensification
des relations avec la RFA… Et le 1er décembre, la Chambre mettait fin
au rôle dirigeant du SED.
C'est le dialogue avec les nouvelles forces politiques du régime désormais
pluraliste que l'on a appelé la " table ronde ". Lors de la toute première
Table ronde, Modrow annonça la tenue d'élections prévues pour le 6 mai
1990.
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2.3 La "Table ronde"
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Elle réunit
les partis de l'ancienne " coalition " au pouvoir, le SED et ses satellites
et les mouvements d'opposition, notamment, " le Nouveau Forum " (Neues
Forum), " Démocratie maintenant " (Demokratie jetzt) et la " Fédération
des Eglises évangéliques de RDA ", qui avait joué un rôle important dans
la contestation.
Les régimes d'opposition n'étaient toutefois pas en faveur de la suppression
du régime de la RDA mais militaient pour la liberté d'opinion, la fin
du rôle dirigeant du SED ou encore la fin des activités de la police politique
de la RDA, la STASI (Staatssicherheit).
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2.4 La dégradation de la situation économique
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La RDA se
trouvait dans un véritable marasme économique : l'endettement était préoccupant,
le déficit budgétaire catastrophique, la production industrielle en chute
libre… Une solution aurait été l'adoption rapide d'une économie de marché
(comme la Pologne), mais la RDA comptait plutôt sur l'aide massive de
la RFA.
Fiche vocabulaire
| Die Vereinigung : l'unification
; der Staatsvertrag : le traité d'Etat ; die Unterzeichnung
: la signature ; die Hauptstadt : la capitale ; die Entspannungspolitik
: la politique de détente ; ausreisen (ist) : sortir d'un pays
; der Ostblock : le bloc de l'Est ; Reformen einleiten
: entamer des réformes ; die Reformpolitik : la politique des
réformes… |
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3 Le rôle de la RFA et du chancelier Kohl
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Le chancelier
déclara que la RFA demandait le " droit à l'autodétermination " des Allemands.
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3.2 Le Plan en dix points du chancelier Kohl
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Le 28 novembre,
devant le Bundestag, le chancelier Kohl présenta son plan en 10 points
qui intégrait une éventuelle unification des deux Allemagne.
Outre une aide matérielle et économique immédiate, ce plan prévoyait la
mise en place d'une " communauté contractuelle " qui pourrait, à terme,
prendre la forme d'institutions communes, voire de " structure confédérales
" en vue de créer ultérieurement " une fédération ", le renforcement de
l'intégration européenne…
Tout cela ne fit l'unanimité ni à l'intérieur, ni à l'extérieur du pays.
Le 24 décembre 1989, la RDA décréta la liberté de circulation totale entre
les 2 pays.
Fiche vocabulaire
| Das Zehn-Punkte-Programm : le
programme (plan) en 10 points ; der Föderalismus : le fédéralisme
; das Volk : le peuple ; das Grundgesetz : la Loi fondamentale
(constitution de la RFA) ; die Diktatur (en) : la dictature
; der Kanzler : le chancelier… |
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4 Les trois phases de l'unification
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4.1 Les élections de mars 1990
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Toute la
campagne fut marquée par le thème de l'unification. En lice, les " grandes
formations " politiques : l'Alliance pour l'Allemagne (CDU-CSU), le nouveau
FDP oriental, le SPD de l'Est… La victoire sans conteste de l'alliance
pour l'Allemagne (48, 15% des voix) fut interprétée comme un feu vert à
l'unification rapide. Le gouvernement élu n'était donc qu'un gouvernement
de transition dont le rôle était de préparer l'unification.
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4.2 L'Union économique et monétaire
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Le 18 mai
1990, la RFA et la RDA signèrent à Bonn le " Traité d'Etat " (Staatsvertrag)
portant sur la création d'une " unité monétaire, économique et sociale
" entre les deux pays. Le DM _ et l'économie de marché _ furent introduits
en RDA…
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4.3 Le Traité "2+4"
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Pour faire
l'unification, Kohl avait besoin de l'approbation des Alliés qui avaient
des " droits réservés " sur l'Allemagne et sur Berlin. C'est l'objet du
Traité " 2+4 " (2 Allemagne + 4 alliés dont l'Union soviétique). Après
l'unification, le problème des frontières fut définitivement réglé (reconnaissance
de la ligne Oder-Neisse), toute revendication territoriale abandonnée
et la question des alliances militaires résolue (la nouvelle Allemagne
serait dans l'OTAN au prix de quelques concessions accordées à l'union
soviétique).
Le Traité de Moscou du 12 septembre 1990 rétablissait l'Allemagne unifiée
dans sa souveraineté pleine et entière, dont la capitale redeviendrait
Berlin (les débats à ce sujet furent plus tardifs).Le 3 octobre 1990 est
la date officielle de l'unification … et maintenant de la fête nationale
allemande.
Fiche vocabulaire
| Die Wahl (en) : l'élection ;
der Wahlsieg (e) : la victoire électorale ; der Nationalfeiertag
: la fête nationale ; der Tag der Deutschen Einheit : la fête
de l'unité allemande… |
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