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Dissertation sur le roman (10/20)
Impression facile
Commentaire du correcteur
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Devoir
assez bien rédigé, plan apparent et réflexion documentée. C'est dommage
que vous réduisiez la problématique à l'opposition romans complexes / romans
simples. "Le vacarme des réponses simples et rapides qui précèdent
la question et l'excluent" était à approfondir, ce sont des caractéristiques
propres à notre monde moderne : vitesse, image, médias, apparence et superficialité.
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Sujet
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"L'esprit du roman est l'esprit de la complexité. Chaque
roman dit au lecteur : "Les choses sont plus compliquées que tu ne
le penses". C'est la vérité éternelle du roman mais qui se fait de
moins en moins entendre dans le vacarme des réponses simples et rapides
qui précèdent la question et l'excluent."
Vous direz, en vous appuyant sur des exemples précis, quelles
réflexions vous inspirent cette remarque de Milan Kundera.
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Devoir de l'élève
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- INTRODUCTION
Depuis sa création au moyen âge, le roman a beaucoup évolué, il a subi les
influences des différentes époques. Son style, sa longueur, son but ont
eux aussi évolué. Et, selon Milan Kundera, "l'esprit du roman est l'esprit
de complexité. chaque roman dit au lecteur : "Les choses sont plus
compliquées que tu ne le penses". C'est la vérité éternelle du roman
mais qui se fait de moins en moins entendre dans le vacarme des réponses
simples et rapides qui précèdent la question et l'excluent." Nous pouvons
nous interroger sur cette remarque en nous demandant notamment en quoi le
roman peut être complexe, s'il n'existe pas par ailleurs des romans simples
et rapides, et enfin si l'auteur n'utilise pas certains procédés pour rendre
son oeuvre plus accessible. |
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- En quoi le roman est-il
complexe
Tout d'abord, comme l'a dit Milan Kundera, "l'esprit du roman
est l'esprit de complexité". En effet, la plupart des romans des plus
grands auteurs de toutes nationalités sont difficiles non seulement par
la construction mais aussi par l'intrigue même ou les personnages. Dans
un premier temps, il existe des romans où le lecteur doit avoir un bon esprit
d'analyse pour réussir à le comprendre. Ainsi les romans épistolaires tels
que Les liaisons dangereuses de Laclos sont parfois un peu
déroutants, notamment lorsque la lettre qui précède celle que nous lisons
a été enlevée par l'auteur. Il ne nous reste plus qu'à imaginer ce qui a
pu être échangé entre les personnages auparavant. C'est aussi le cas du
célèbre roman de Steinbeck, Les raisins de la colère où l'auteur même deux
plans parallèlement, un où il est question de l'intrigue en elle-même et
le deuxième qui est plus général, appliqué à la situation du pays durant
la crise de mille neuf cent vingt-neuf. Le lecteur ne doit alors perdre
de vue aucun de deux plans exposés.
De plus, dans les romans, le sort ou la fatalité semblent s'acharner
contre les personnages principaux, ce qui les met dans des situations
hors du commun. Ainsi dans les romans de Zola, et plus précisément dans
Germinal, le destin joue fatalement contre Catherine, fille de
mineurs. D'une part elle est très pauvre, tombe malade, d'autre part elle
reste coincée dans la mine mais ne meurt pas tout de suite, puis elle
ne s'entend plus avec sa famille, a un mari qui la bat... Bien qu'écrivant
des romans réalistes, Zola, a dû faire vivre à ses personnages des malheurs
qui appartenaient à plusieurs personnes dans la vie réelle, ce qui augmente
la complexité. Les relations entre les différents personnages peuvent
elles aussi compliquer le roman. ainsi, dans La nouvelle Héloïse,
Rousseau idéalise la relation triangulaire en amour. c'est ce qu'il aurait
souhaité vivre avec Madame d'Houtetot de Saint-Lambert. Mais, étant impossible
dans la réalité, il a transposé ce type de relation dans son roman, entre
Julien, son mari Monsieur de Wolmar et son amant Saint Preux, qui est
aussi l'ami de Wolmar, et qui donne naissance à des situations ambiguës.
Enfin, le lecteur peut parfois éprouver des difficultés à se retrouver
dans le récit car il peut comporter des retours dans le passé, les personnages
pensent ou racontent une situation antérieure et puis tout à coup reviennent
au présent. Par exemple, dans Manon Lescaut de l'abbé Prévost,
le chevalier raconte le destin de Manon à l'abbé, ce qu'ils ont vécu ensemble
à Paris, puis il fait des projections sur l'avenir, pour finalement agir
et partir aux amériques. Le lecteur peut parfois être perdu lors d'un
manque d'attention et ne plus savoir si l'action est déjà faite, ou va
être effectuée.
Comme nous venons de le voir, le roman peut s'avérer très complexe dans
son style, dans l'intrigue et par les différents personnages mais il existe
aussi des écrits moins profonds qui sont d'une rare simplicité.
|
partage
de la VA) conditionnent la nature des rappIls désignent les oppositions
entre des individus ou des groupes |
- Existe-t-il des romans simples
et rapides ?
Ensuite, au côté des romans complexes, coexistent des romans beaucoup
plus simples. Mais le plus souvent cette rapidité et cette simplicité sont
voulues par l'auteur, elles sont présentes dans un but précis.
Des écrivains écrivent parfois pour les enfants ou pour des personnes
qui ne recherchent que de la distraction dans la lecture, un moyen de
passer son temps sans que ce soit trop compliqué. Ces récits se résument
à une intrigue simple, à quelques personnages qui ne souffrent pas de
problèmes psychologiques graves, qui ressemblent aux lecteurs. Dans cette
catégorie de romans nous pouvons placer les romans policiers durant lesquels
l'action est toujours présente. Les "méchants" ressemblent bien
à des criminels et les policiers ou détectives trouvent toujours le coupable
sans se tromper et en réussissant à faire avouer le crime. C'est le cas
de Sherlock Holmes de Conan Doyle où quelque soit le mystère, ce
détective découvre le coupable.
Ensuite, la simplicité peut provenir du fait que l'auteur veuille faire
partager sa passion à ses lecteurs. Passion qui peut être vouée à un pays,
à un épisode historique, ou à un certain personnage. Comme Henri Troyat
qui écrit des romans d'une rapidité et facilité déconcertante avec toujours
le même leitmotiv : la Russie tsariste. L'intrigue y est simple, vécue,
le style est celui du langage parlé mais ce qui compte pour lui avant
tout c'est de nous décrire une époque, celle qu'il aime tant, nous pouvons
alors citer Grimbasq, qui se déroule sous Pierre le Grand, Youri
lors de la fin de la monarchie en 1917.
La simplicité d'un roman peut aussi être présente lorsque l'auteur témoigne
de sa vie, c'est le cas notamment des romans autobiographiques, où la
simplicité règne souvent en maîtresse. En effet, nous n'avons qu'un point
de vue, celui de l'auteur, les autres personnages ne nous sont connus
qu'à travers sa pensée, ce qui réduit leur champ d'action, et leur complexité
morale. Ainsi dans Enfance, Adolescence, Jeunesse, de Tolstoï,
nous assistons à la vie de l'écrivain, une vie presque banale qui ressemblait
à toutes celles des jeunes nobles russes au dix-neuvième siècle. Sa famille
n'était pas non plus hors du commun et la beauté de cette oeuvre réside
justement dans cette simplicité.
Nous avons donc vu qu'un roman à intrigue unique, avec peu d'analyses
psychologiques approfondies, était écrit le plus souvent dans un but précis,
pour toucher une certaine catégorie de lecteurs.
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oui
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- Les procédés utilisés pour
rendre l'œuvre plus accessible
Et puis l'auteur peut rendre plus accessible un roman complexe en
utilisant notamment la litote, la concision, ou en privilégiant un personnage.
Par ces procédés, le roman se lit plus facilement et il est ainsi permis
au plus grand nombre d'avoir accès à son oeuvre.
Tout d'abord, l'écrivain peut jouer sur le style de style de son roman
et sur sa longueur. Il peut privilégier l'esprit de la litote lors de
la rédaction et ainsi obtenir un roman plus accessible. Les mots plus
simples peuvent aussi avoir une plus grande portée psychologique sur le
lecteur. Ainsi Mme de La Fayette dans La princesse de Clèves a
selon un critique de l'époque "un style cruel, triste et magnifique".
Par des mots simples et des sous-entendus, elle nous fait deviner les
impressions de ses personnages, ce qui allège le roman dont la construction
est relativement complexes avec des intrigues secondaires imbriquées dans
le récit principal. Un autre exemple de litote est L'étranger de Camus.
Il y dépeint le psychisme d'un condamné à mort dans un livre simple à
lire mais qui est riche en analyse. Et qui même paraître totalement complexe
lorsque nous l'approfondissons, notamment dans le lien qu'il y a entre
l'attitude criminelle et le soleil. De plus, L'étranger est très
court, il comporte moins de deux cents pages.
L'auteur peut aussi décrire un de ses personnages si parfaitement que
nous pouvons nous transposer dans cette personne. Même s'il a un caractère
compliqué, nous commençons à penser comme lui, nous entrons dans
le roman et toute l'intrigue se déroule alors sous nos yeux, donc nous
avons une facilité de compréhension. Ainsi dans Anna Karénine de
Tolstoï, les personnages foisonnent, les intrigues et les lieux aussi
mais tout nous paraît simple car nous le vivons à travers Anna, à travers
les relations qu'elle a avec les différents personnages... et les mille
pages du roman passent ainsi beaucoup plus vite...!
Pour finir, l'auteur peut cacher la complexité et les grandes réflexions
que soulèvent son oeuvre dans un abord enfantin. Ainsi, dans Candide,
de Voltaire, le récit nous est conté comme Le voyage de Gulliver,
un peu extravagant, trop romanesque, incroyable, étrangement simple. Mais
lorsque nous l'étudions un peu plus profondément, nous voyons que Voltaire
voulait dénoncer des traits de la société dans laquelle il vivait, montrer
l'étrangeté et la complexité des hommes qui ne sont jamais contents
et qui n'appliquent jamais pour leur propre compte la célèbre phrase du
philosophe, précepteur de Candide, "Tout est pour le mieux dans le
meilleur des mondes possibles".
Ainsi, l'auteur peut atténuer l'esprit de complexité de son roman en
jouant sur le style, la présentation et les personnages. L'écrit devient
alors tout aussi riche, avec la même intrigue mais beaucoup moins rébarbatif.
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[sur
l'utilisation de la litote :] on ne peut pas dire que ce soit un procédé
facile puisqu'il demande à être intéreprété au second degré !
justement !
Toutes ces oeuvres ne sont pas aussi simples
qu'elles en on l'air !
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- CONCLUSION
"L'esprit de complexité" du roman est présent la plupart du temps
mais il coexiste avec des romans plus simples. Cet esprit peut aussi être
atténué ou même exclu par le génie de l'auteur. Mais, bien souvent, les
romans les plus complexes, même s'ils peuvent déconcerter le lecteur, sont
les plus enrichissants, les analyses psychologiques, sociales et sentimentales
qui y sont effectuées se révèlent être parmi les plus profondes. Mais nous
pouvons alors nous demander quel est le rôle du roman dans notre société,
n'influe-t-il pas sur notre comportement, notre caractère ?
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