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Etats et nations en Europe (1848-1914)
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Introduction
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Entre 1850 et 1914, des changements territoriaux ont lieu
en Europe. Les grandes nations contrôlent leur territoire mais les revendications
de minorités nationales existent. A cela s'ajoutent les conflits d'intérêts
des grandes nations.
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1 Nationalités et nationalismes
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Entre 1850 et 1914, des changements territoriaux ont lieu en
Europe. Les grandes nations contrôlent leur territoire mais les revendications
de minorités nationales existent. A cela s'ajoutent les conflits d'intérêts
des grandes nations.
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1.1 Les aspirations nationales : le contexte
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Si les mouvements lors des révolutions du "printemps des peuples" de
1848 échouent partout, ils secouent néanmoins la Confédération germanique,
l'empire d'Autriche et les Etats italiens. La volonté de construire une nation se développe parallèlement à l'industrialisation
et à la croissance des échanges commerciaux freinés par les barrières
douanières.
- Nation : Ensemble de personnes ayant une histoire, une culture, une langue,
des traditions communes et désirant vivre ensemble.
Les relations internationales évoluent. Ainsi, l'empereur français Napoléon
III est partisan d'une révision des frontières de l'Europe, issues du
Congrès de Vienne en 1815, qui tienne compte du principe des nationalités.
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1.2 La constitution de deux nouvelles unités
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L'unité italienne.
Elle se fait autour du Piémont avec des interventions étrangères.
- Le royaume de Piémont-Sardaigne, Etat libéral rêve de l'unité de la péninsule
et le Premier ministre, Cavour, s'allie à la France contre l'Autriche
qui domine le Nord du pays. Malgré la victoire sur les Autrichiens (Solférino,
1859), seule la Lombardie est rattachée au Piémont car la France signe
la paix avec l'Autriche. Après des soulèvements patriotiques, des plébiscites
rallient au royaume les Duchés ( Parme, Modène, Toscane) et la Romagne.
Au Sud, Garibaldi débarque en Sicile avec ses " chemises rouges " de
"l'expédition des Mille" et conquiert Naples en octobre 1860. L'unité
se fait et Victor- Emmanuel II est proclamé roi d'Italie "par la grâce
de Dieu et la volonté de la Nation" en mars 1861.
- L'unité s'achève avec l'annexion de la Vénétie en 1866 (après Sadowa) et
après la défaite de la France en 1870 qui ouvre aux Italiens les portes
de Rome, qui devient alors la capitale.
L'unité allemande.
- Il existe des signes de la volonté d'unification avec la constitution par
la Prusse de l'union douanière du " Zollverein " en 1834, le Parlement
de Francfort élu en 1848. -Néanmoins, les divisions aussi bien culturelles
que religieuses et industrielles demeurent en 1850. La rivalité entre
la Prusse et l 'Autriche augmente à l'intérieur de la Confédération
germanique.
- En 1862, Bismarck devient chancelier de Prusse et organise l'unité autour
de la Prusse, sans l'Autriche. Il opte pour la solution de la Petite
Allemagne avec le soutien de la Nationalverein.
- Confédération : union d'Etats qui conservent une certaine autonomie
mais sont soumis à un pouvoir central. La Confédération germanique créée
en 1815, formée de 39 états, est présidée par l'Autriche.
- Nationalverein : mouvement libéral favorable à l'unité autour de
la Prusse.
- Realpolitik : Politique qui prend en compte les rapports de force
et les circonstances du moment pour réaliser un objectif politique.
-l' unité
par le " fer et le sang ". L'unité résulte de guerres. L'Autriche
qui s'opposait au projet de Confédération d'Allemagne du Nord, est vaincue
à Sadowa en 1866. L'Allemagne s'organise alors en Confédération de l'Allemagne
du Nord et en quatre Etats au Sud. C'est la victoire sur la France qui
achève l'unité avec la proclamation de l'Empire allemand le 18 janvier
1871 à Versailles. Bismarck a alors comme priorité le renforcement de
l'unité de cet Empire fédéral de 25 Etats avec la création d'une monnaie
unique, le recours à une politique de germanisation à l'égard des minorités.
Après le départ de Bismarck en 1890, Guillaume II lance la " Weltpolitik
" et arme son pays. Les mouvements pangermanistes réclament en outre la
création d'une Grande Allemagne en Europe centrale " Mitteleuropa ".
- Germanisation : politique visant à imposer la langue et la culture
allemandes à une minorité étrangère dans le but de l'assimiler.
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1.3 Les revendications dans les empires multinationaux
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L'Autriche-Hongrie.
- C'est la famille des Habsbourg qui dirige l'empire regroupant plusieurs
nationalités : Allemands, Hongrois, Slaves, Italiens, Roumains.
- Après la défaite de Sadowa en 1866, la solution du fédéralisme ayant été
rejetée, par le compromis de 1867 l'empereur d'Autriche François-Joseph
devient roi de Hongrie. C'est la constitution d'une double monarchie,
l'Autriche-Hongrie, chacune des parties gardant un gouvernement et un
Parlement propre chargé des affaires intérieures. Les Hongrois mènent
une politique de magyarisation brutale dans leur pays qui déplait aux
minorités. Malgré les divisions, l'unité se fait autour de l'empereur
et autour du prestige de Vienne, capitale culturelle.
- Magyarisation : politique employée par les autorités hongroises
pour imposer aux minorités de Hongrie la langue magyare.
- Etat mutinational : Etat renfermant à l'intérieur de ses
frontières des peuples de nationalités différentes.
Livres
:
- L'Impératrice de Nicole Avril. Tout en suivant la vie de l'Impératrice
Sissi, femme de François-Joseph, on découvre l'histoire de l'Empire d'Autriche-Hongrie.
- L'Impératrice des adieux de Michel de Grèce. Charlotte, femme
de Maximilien de Habsbourg, passe de la vice-royauté de l'Italie du nord
à l'empire du Mexique avant de sombrer dans la folie.
La Russie
L'Empire, constitué de territoires conquis par les Russes, est le plus vaste
Etat du monde. Les minorités sont soumises à une politique de russification.
La Russie, à la tête de laquelle se trouve un tsar de la dynastie des
Romanov est une autocratie. A la fin du XIXème siècle, des efforts de
modernisation avec des capitaux étrangers sont entrepris, ce qui a pour
conséquence de transformer la société : une classe ouvrière apparaît en
même temps qu'une classe moyenne, des partis révolutionnaires voient le
jour…Face aux menaces, Nicolas II accepte l'élection au suffrage universel
d'une assemblée, la Douma, qui en réalité n'aura aucun pouvoir.
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2 Les mouvements nationaux un peu partout en Europe
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2.1 Les Balkans
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Une grande partie des Balkans est contrôlée par l'Empire Ottoman, " l'homme
malade de l'Europe ". Les Turcs sont fragilisés par l'indépendance de
la Grèce (1830) et par les mouvements d'autonomie de la Serbie et de la
Roumanie. En plus de ces tensions internes, l'Empire doit compter avec
les grandes puissances européennes qui ont chacune leur point de vue.
Le Royaume-Uni veut protéger les routes maritimes qui mènent aux Indes,
la Russie soutient les minorités slaves et orthodoxes, la France veut
étendre son influence et l'Autriche-Hongrie surveille de près la Serbie.
Après des soulèvements un peu partout, de nombreux Etats sont constitués avec
le traité de San Stefano imposé en 1878 par les Russes. Mais l'Europe
craint l'influence de la Russie sur les Balkans et des changements de
frontières ont lieu avec le Congrès de Berlin en 1878. Des espaces politiques
artificiels concentrent une mosaïque de peuples et les Balkans deviennent
une zone où les grandes puissances s'affrontent directement.
On parle en effet de la poudrière des Balkans. En 1908 l'Autriche annexe la
Bosnie-Herzégovine. Une première guerre a lieu en 1912 qui chasse pratiquement
les Turcs d'Europe mais qui déchire ensuite les pays vainqueurs aux revendications
territoriales multiples. La Macédoine est ainsi revendiquée par les Serbes,
les Grecs et les Bulgares alors que l'Italie obtient la création de l'Albanie.
En 1913, c'est la Serbie qui inquiète avec son rêve d'unifier tous les
Slaves du Sud.
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2.2 Les mouvements nationaux
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L'émancipation. Les grands Etats européens ne sont pas épargnés par
la montée du nationalisme. L'Irlande réclame son autonomie, voire son
indépendance et le Home Rule est voté en 1912. Au sein même de l'Irlande
les tensions existent entre Protestants et les Catholiques. De même les
Tchèques veulent affirmer leur différence et leur identité face aux Allemands.
Le nationalisme fait aussi recette en France et en Allemagne. Cela
passe par la formation patriotique avec l'instruction et les livres scolaires,
avec le culte de l'armée et des lieux symboliques. Alors que l'Allemagne
rêve d'un rôle mondial et que le pangermanisme se développe, la France
se replie sur son chauvinisme. En France, c'est le temps de l'antisémitisme
et de l'anti-germanisme.
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3 Vers la démocratie et l'autoritarisme
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3.1 La démocratie gagne du terrain
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Entre 1850 et 1914, l'espace européen se structure et se simplifie avec l'apparition
de nouveaux Etats. L'Europe qui passe de 60 Etats à une vingtaine en 1914,
reste essentiellement monarchique et de forts liens de famille existent
entre les différents pays. Ainsi, la Reine Victoria est appelée la " grand-mère
de l'Europe ". En 1914, seuls trois pays sont des Républiques : la France,
la Suisse et le Portugal. Les monarchies souvent autocratiques avant 1850
progressent vers la démocratie avec l'adoption de constitutions ou de
lois élargissant les libertés et le droit de vote. Ainsi le suffrage universel
gagne du terrain.
- Démocratie libérale : régime politique dans lequel
le pouvoir est exercé par le peuple, qui désigne librement ses représentants
au suffrage universel, et où les pouvoirs s'exercent dans le cadre d'une
Constitution.
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3.2 Exemples de démocratie
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Le Royaume-Uni.
Cette monarchie parlementaire dominée par les aristocrates s'engage
vers la démocratisation qui accompagne le libéralisme économique. Le droit
de vote est resté longtemps censitaire et lié à la propriété. Le vote
des femmes revendiqué par les suffragettes ne sera effectif qu'en 1918.
Les grandes libertés publiques et fondamentales sont accordées et des mesures
sociales importantes sont prises en 1908 et 1909. La démocratie s'affirme
encore plus avec le Parliament Act en 1911 qui renforce le rôle des représentants
élus à la Chambre des Communes au détriment des représentants nommés par
le roi à la Chambre des Lords. Malgré ces avancées vers la démocratie,
il ne faut pas oublier la question irlandaise.
Les Etats-Unis.
Ils représentent bien l'idée de la démocratie étant le premier pays à s'être
doté d'une Constitution en 1787 et d'institutions démocratiques. C'est
le pays de la liberté où règnent la séparation des pouvoirs et le bipartisme.
Néanmoins la pratique semble être toute autre. Les différences de mentalité
entre le Sud et le Nord aboutissent à la Guerre de Sécession (1861-1865).
En outre, le refus de toute discrimination ne se vérifie pas dans la réalité
: sort des Indiens, des Noirs, des esclaves et pas de droit de vote pour
les femmes. Des changements sont faits après la guerre : abolition de
l'esclavage en 1865, droit de vote sans distinction de race en 1868 (13
et 15ème amendement). Malgré la ségrégation qui persiste, les Etats-Unis
sont un pays qui attire grâce à son industrialisation et sa croissance
rapides.
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3.3 Des pays autoritaires
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L'Allemagne.
L'Empire allemand, le " Reich " est gouverné par l'empereur " Kaiser
" qui nomme le chancelier. Il n'y a pas de régime parlementaire et c'est
la Prusse qui domine l'Empire. De 1871 à 1890, le Reich est consolidé
par Bismarck. Ce conservateur tente de germaniser les minorités et adopte
des lois sociales afin d'affaiblir les socialistes. Après 1890, Guillaume
II mène une politique conservatrice. L'Allemagne, devenue puissance industrielle,
voit apparaître une riche bourgeoisie et une classe moyenne.
La Russie.
Au XIXème siècle, ce pays rural autocratique ne connaît aucune forme de représentation
nationale. Le tsar s'appuie sur une imposante bureaucratie et une police
omniprésente ainsi que sur la religion orthodoxe.
L'Autriche-Hongrie.
Elle est gouvernée par un souverain tout puissant qui lui s'appuie sur l'Eglise
catholique et sur un système d'encadrement répressif. Les libertés sont
limitées et la Constitution reste purement formelle.
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Conclusion
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Au début
du XXème siècle, le visage du monde et plus particulièrement de l'Europe
est multiple et des revendications territoriales ou nationales créent
des tensions un peu partout. L'équilibre européen semble fragile et des
alliances sont établies : la Triple Alliance, défensive, avec l'Allemagne,
l'Autriche-Hongrie, l'Italie et la Triple Entente avec la France, la Russie
et le Royaume-Uni (seuls les deux premiers sont liés par une alliance
militaire). L'Europe d'avant 1914 est donc constituée de deux blocs antagonistes
qui développent leur impérialisme et leur nationalisme. L'attentat de
Sarajevo mettra le feu aux poudres.
Conseils
:
Connaître la carte de l'Europe et ses transformations.
Connaître les systèmes politiques et les institutions des différents pays
: Etats-Unis, Royaume-Uni.
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