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Fiche Bréal : la première guerre mondiale
Impression facile
L’idée essentielle
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Au cours de l’été 1914, l’Europe plonge brutalement dans une guerre longue,
difficile, qui demande aux soldats, aux populations et aux États une mobilisation
de toutes leurs ressources. Devenu mondial, ce conflit marque la naissance du
xxe siècle.
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Repères chronologiques
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1914 août-nov. : Guerre de mouvement.
1914 sept. : Bataille de la Marne (Joffre).
1915-1916 : Guerre de position.
1916 fév.-déc. : Bataille de Verdun (Pétain).
1917 avril : Entrée en guerre des États-Unis.
1917 Mutineries.
1917 déc. : Retrait de la Russie.
1918 : Guerre de mouvement.
1918 mars : Unification des troupes alliées (Foch).
1918 mars à nov. : 2e bataille de la Marne.
1918 11 nov. : Armistice franco-allemand.
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Personnages clés
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Joseph Joffre (1852-1931) : chef d’état-major français, il arrête l’offensive
allemande de 1914 par la bataille de la Marne (septembre 1914) pour laquelle
les troupes sont amenées au front grâce à la réquisition des taxis parisiens
pour le transport plus rapide des troupes. Les autres offensives qu’il dirige
sont un échec, il est remplacé par Nivelle en 1916.
Ferdinand Foch (1851-1929) : général français, il participe à la bataille
de la Marne et dirige plusieurs offensives au cours de la guerre. En mars 1918,
il est nommé commandant en chef de toutes les armées alliées et devient maréchal.
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Définitions
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Mutineries : Refus, par un groupe de soldats, d’obéir aux ordres et
en particulier d’aller au combat.
Armistice (un) : Acte par lequel les chefs d’État major décident de
l’arrêt des combats.
Propagande : Action systématique exercée sur l’opinion publique pour
faire accepter des idées ou une doctrine.
Pacifiste : Qui veut la paix.
Le 28 juin 1914, à Sarajevo en Bosnie, l’assassinat de François-Ferdinand,
archiduc héritier d’Autriche-Hongrie, pousse cet empire à déclarer la guerre
à la Serbie. Le mécanisme des alliances signées avant 1914 entraîne l’Europe
à la guerre (Cf. tableau ci-dessous). La France y voit l’occasion de récupérer
l’Alsace- Lorraine. L’Allemagne veut affirmer sa supériorité face à sa concurrente
économique l’Angleterre. L’Autriche-Hongrie espère calmer les tensions internes
dues aux revendications nationalistes.
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1. Les grandes phases du conflit (1914-1918)
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Les alliances de 1914 à 1917
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Triple Entente
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Triple Alliance (« Triplice »)
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| 1914 |
France |
Allemagne |
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Royaume-Uni |
Autriche-Hongrie |
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Russie alliée de la Serbie |
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Belgique envahie |
Turquie |
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Japon |
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| 1915 |
Italie |
Bulgarie |
| 1916 |
Roumanie |
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| 1917 |
États-Unis |
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Chine |
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Retrait de la Russie |
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A. L’échec de la guerre de mouvement (août-novembre 1914)
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Sur les deux fronts principaux, les armées s’engagent dans une guerre que l’on
prévoit courte et rapide.
– Sur le front ouest, suivant le plan Schlieffen, les Allemands envahissent
la Belgique – neutre – puis le nord-est de la France. L’armée française, dirigée
par le général Joffre, stoppe leur avancée par la bataille de la Marne en septembre
1914.
– Sur le front est, les Russes sont vaincus par les Allemands à la bataille
de Tannenberg (août 1914). Enfin dans les Balkans, les Serbes résistent à l’armée
austro-hongroise.
Aucune victoire n’est décisive. Les fronts s’immobilisent à la fin de 1914.
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B. La guerre de position : l’enlisement (1915-1916)
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– La guerre prend un nouveau visage : celui de la guerre de position. Les soldats,
immobilisés au fond de tranchées, subissent les bombardements dans des conditions
très difficiles. Les rares essais de percées, comme en Artois en 1915, échouent.
– L’année 1916 est marquée par la terrible bataille de Verdun (février-décembre
1916) où les Français, commandés par le général Pétain, résistent aux offensives
allemandes. Les pertes humaines sont également importantes des deux côtés. Mais
le front n’a toujours pas bougé.
– Les Allemands lancent une intense guerre sous-marine dans l’Atlantique, afin
d’empêcher le ravitaillement du Royaume-Uni par son empire colonial.
– Sur tous les fronts, la stratégie d’usure entraîne des milliers de morts.
La guerre devient une guerre mondiale (Cf. p.13 : Les alliances de 1914 à 1917),
les fronts s’étendent, les colonies aident leurs métropoles.
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C. L’année 1917 : l’année décisive
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– L’année 1917 est marquée par le découragement et la lassitude, entraînant
des mutineries et des désertions sur tous les fronts. Du côté français, le général
Pétain – le « vainqueur de Verdun » – réprime les troubles et gagne une grande
popularité en améliorant la vie quotidienne des soldats.
– Certains changements annoncent le tournant de la guerre :
- L’entrée en guerre des États-Unis (avril 1917), provoquée en grande partie
par la guerre sous-marine menée par les Allemands.
- Le retrait des Russes après la révolution d’Octobre 1917 ; ils signent
l’armistice en décembre 1917, suivi du traité de paix de Brest-Litovsk en
mars 1918. C’est la fin de la guerre sur le front est. Les Allemands réunissent
toutes leurs troupes sur le front ouest avant l’arrivée en force des troupes
américaines.
À la fin de 1917, l’issue du conflit semble encore lointaine et incertaine.
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D. La victoire des Alliés (1918)
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L’année 1918 voit la reprise de la guerre de mouvement.
– L’Allemagne lance une grande offensive en Picardie et en Champagne entre
mars et juillet 1918.
– La contre-offensive victorieuse de l’Entente est dirigée par Foch, commandant
en chef des forces alliées unifiées depuis mars 1918. Elle bénéficie de l’appui
des troupes américaines et de l’utilisation d’armes perfectionnées comme les
chars et les avions.
– L’Allemagne doit signer l’armistice à Rethondes (près de Compiègne) le 11
novembre 1918, deux jours après l’abdication de l’empereur Guillaume II. La
Turquie et l’Autriche-Hongrie ont déjà cessé les combats.
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2. Une guerre totale
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A. La mobilisation des États
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En raison de la durée de la guerre, l’État intervient dans l’économie et intensifie
la mobilisation industrielle : contrôle des industries d’armement et du commerce
extérieur, organisation du ravitaillement des armées.
– À l’intérieur des pays, l’État fixe les prix et les salaires et met en place
le rationnement des populations, notamment en Allemagne, menacée d’asphyxie
économique en raison de sa position centrale en Europe.
– Le financement de l’effort de guerre se fait par un endettement généralisé
des pays. Les États-Unis deviennent les créanciers de l’Europe.
– À la fin du conflit, l’économie est partout dirigée par l’État, contrairement
à la tradition libérale jusqu’alors en usage.
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B. Les populations : mobilisation et difficultés
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– À l’arrière, les populations sont durement touchées par la pénurie, les réquisitions
et le rationnement. Tout le monde est mobilisé : les femmes – les « munitionnettes
» – remplacent les hommes dans les usines d’armement.
– À partir de l’hiver 1916-1917, des mouvements d’agitation sociale se développent,
malgré la censure des mauvaises nouvelles et malgré la propagande organisée
par les gouvernements. En 1917, des mouvements pacifistes apparaissent.
– Ces difficultés croissantes amènent au pouvoir des gouvernements forts, dirigés
par des personnalités énergiques comme Clémenceau en France. Les États (sauf
la Russie) réussiront à mobiliser les populations jusqu’en 1918.
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C. Mobilisation et souffrances des soldats
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– Les soldats – les « poilus » – subissent des conditions éprouvantes au fond
de leurs tranchées. La boue, le froid, les privations et les bombardements marquent
la vie quotidienne du soldat, ponctuée de tentatives d’offensives meurtrières.
– L’héroïsme et la solidarité vont de pair avec un patriotisme aigu, mais le
découragement intervient dès la fin de 1916 et pousse certains aux mutineries
et aux désertions.
– Avec le perfectionnement des armes, l’utilisation de gaz asphyxiants, les
blessés et mutilés se comptent par milliers. La mortalité, énorme, se double
d’un choc psychologique durable pour les survivants.
Par sa durée et son horreur, la Première Guerre mondiale apparaît à ses contemporains
eux-mêmes comme un événement hors du commun. La mobilisation des États, des
soldats et des populations a été sans précédent. À l’aube du xxe siècle, tous
souhaitent que la Grande Guerre ait été la « Der des Ders », la dernière des
dernières.
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