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Fiche Bréal :Nietzche : Le surhomme
Impression facile
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Le surhomme prophétisé et désiré par Nietzsche n’est ni Super- man ni
un SS archange de la mort, qui réaliserait tous les fantasmes de domination
de l’homme le plus vulgaire. Le surhomme n’est pas un concept biologique ou
racial, mais bien métaphysique et moral. Il n’est pas non plus un ange ou un
petit saint. Le surhomme serait l’homme qui aurait surmonté en lui tout ressentiment,
toute haine contre la vie – une sorte de «César avec l’âme de Jésus». Il est
l’aristocrate par excellence, solitaire et magnanime, infiniment éloigné du
troupeau majoritaire.
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Le surhomme prophétisé et désiré par Nietzsche n’est ni Super- man ni
un SS archange de la mort, qui réaliserait tous les fantasmes de domination
de l’homme le plus vulgaire. Le surhomme n’est pas un concept biologique ou
racial, mais bien métaphysique et moral. Il n’est pas non plus un ange ou un
petit saint. Le surhomme serait l’homme qui aurait surmonté en lui tout ressentiment,
toute haine contre la vie – une sorte de «César avec l’âme de Jésus». Il est
l’aristocrate par excellence, solitaire et magnanime, infiniment éloigné du
troupeau majoritaire.
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1. Le temps et l’oubli
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A. Le ressentiment contre le temps
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Le surhomme n’est pas plus humain
que les autres, il a au contraire surmonté ce qui est «humain, trop humain»
en l’homme: le ressentiment contre la vie et le caractère réactif de
la volonté (cf. fiche 57).
Le ressentiment, rumination haineuse du passé, s’enracine dans une attitude
particulière à l’égard du temps: l’incapacité d’oublier ce qui a eu lieu. C’est
un refus de la vie. En effet, celui
qui ne peut rompre avec le passé, le mélancolique, laisse s’y engluer ses forces
vitales. Incapable de s’arracher au passé, il n’a pas non plus de présent
véritable, et encore moins d’avenir.
L’oubli
n’est donc pas seulement un manque, un défaut de mémoire, mais une faculté positive,
active, nécessaire à la vie, et signe de bonne santé. La simple attention
à la vie exige que l’on se détourne de ses souvenirs. Un certain goût stérile
et morbide pour le passé, courant dans les sociétés modernes, est le symptôme
de l’épuisement de l’humanité, incapable de l’oubli sain et volontaire que réclame
la projection affirmative de soi dans l’avenir.
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B. Dire «oui» au temps
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Le surhomme est celui qui se dresse au milieu du temps, s’arrache à la
rumination pathologique, pour affirmer son présent. Il dit oui au temps, oui au passage, à l’éphémère, et ne rancit
point de fiel contre le fait accompli. Il aime le destin, et s’en fait
le coauteur.
Son rapport avec le passé est
actif, il ne le subit pas comme un fardeau, ne s’y vautre pas pour fuir
l’action, pour recuire de vieilles rancœurs: il l’utilise, le met au service
de sa puissance, y puise des énergies qui promettent l’avenir.
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