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Freud : La conscience et l'inconscient : les configurations de l'âme humaine
Impression facile
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Il faut distinguer les phénomènes pathologiques, que Freud découvre,
observe et thématise, et les concepts qui cherchent à en rendre compte. Ces
concepts comprennent d’une part les «topiques de l’âme humaine», hypothèses
invérifiables, mais manipulables et pratiques, d’autre part les théories vérifiées
par l’expérience médicale et l’observation scientifique.
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1. L’hypothèse de l’inconscient
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La première hypothèse de travail de Freud est la plus célèbre de ses thèses:
l’existence d’un psychisme inconscient. Freud n’affirme pas péremptoirement son existence,
mais parle d’une «hypothèse nécessaire et légitime». C’est que certains
actes psychiques, comme les rêves ou encore les symptômes névrotiques, ne peuvent
être compris à l’aide uniquement des données de la conscience du malade. Seul
le recours à cette hypothèse les rend cohérents et compréhensibles. D’autre
part, la fertilité et l’utilité de cette hypothèse plaident en sa faveur. Il
est en regard de tout cela impossible de soutenir que tout ce qui est psychique
est conscient.
L’inconscient ne désigne donc pas un phénomène qu’il nous serait loisible d’observer
directement: c’est un système nécessairement supposé qui explique des phénomènes
énigmatiques. Il prend place dans la première «topique» –
organisation en «lieux» – de l’âme humaine proposée par Freud: la division entre
inconscient, préconscient et conscient. Tout ce qui est inconscient cherche
à devenir conscient, mais une première censure l’en empêche: elle est responsable
du refoulement. Passée au travers de cette censure, la pulsion inconsciente
peut devenir consciente, ce qui ne signifie pas qu’elle le devient effectivement:
elle est alors préconsciente, au même titre que tout ce qui est effectivement
présent à l’esprit, sans qu’on le remarque de fait.
Les trois instances de l’âme humaine sont en étroite relation les unes avec
les autres. Préconscient et conscient
sont les «rejetons de l’inconscient», lequel est marqué, à la différence
des deux autres, par son incohérence – simultanéité de pulsions contradictoires
–, son absence de souci de la réalité extérieure, l’extrême variété et l’inconstance
de ses centres d’intérêt.
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2. Ça, moi, surmoi
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Selon la seconde topique, le psychisme humain se constitue de trois instances:
ça, moi, surmoi. À l’inconscient se substitue en partie le ça, réservoir
impersonnel et foisonnant des pulsions, partie la plus primitive de l’âme humaine;
le moi, qui recoupe une autre partie de l’inconscient, celle des pulsions personnelles,
a en outre pour fonction tout ce qui relève de la conscience. Enfin, le surmoi,
partiellement conscient et inconscient, contient tout ce que le moi voudrait
être, et tout ce qu’il s’interdit de faire pour l’être.
Dans le phénomène de la névrose, le moi se trouve en conflit avec le ça ou le
surmoi. En effet, le surmoi n’est qu’une production morbide du ça, une
inversion censurante qui a autant de vigueur et d’irréalité que lui. Dans les
conflits névrotiques, le moi s’appuie sur le principe de réalité, luttant pour
la conservation de l’individu dans un monde hostile où la réalisation immédiate
des désirs est impossible ou dangereuse; le ça (et son double, le surmoi) suit
le principe de plaisir, ignorant le monde extérieur et ne tenant compte que
du monde psychique des désirs. Le ça représente l’intransigeance des passions,
le moi le calcul de la sagesse, le surmoi la rigueur de la conscience morale.
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3. La libido
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Le mot libido*,
qui en latin signifie désir, amour, a une signification très vaste. Il
désigne l’amour des sexes, dont l’aboutissement est l’union génitale, l’amour
dit platonique, l’amour des parents et des enfants, l’amour pour soi-même, l’amitié,
la philanthropie, etc. En effet, l’ensemble de ces tendances a une source unique,
dont l’origine est l’amour sexuel génital, mais qui peut aussi bien trouver
sa satisfaction hors de lui: on parle alors de sublimation.
La libido n’est qu’une partie, celle dont l’origine est sexuelle – ce qui ne
signifie pas génitale –, de l’énergie psychique en général. La libido
est d’abord libido du moi: elle
porte sur le corps propre et la personne même du sujet (narcissisme). C’est
lorsqu’elle se porte, pour s’y focaliser, sur des choses ou des personnes extérieures,
qu’elle devient manifeste: elle prend le nom de libido d’objet, et désigne alors l’activité
sexuelle des individus.
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