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Introduction à la géologie
Impression facile
1 La géologie : présentation générale du cours
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1.1 Présentation générale
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La géologie est la science qui étudie la Terre. Etudier la Terre signifie
non seulement voir comment elle nous apparaît, mais aussi comprendre comment
elle s'est formée, quelle a été sa vie, de quoi elle est construite, apprendre
ce qui se passe en son centre invisible et aussi peut-être pourquoi elle
a vu naître un phénomène bien particulier, la vie. La géologie est une
science. Aussi elle exige le suivi d'une démarche scientifique : toute
théorie y est donc le fruit d'un travail de constatation, question, hypothèse,
expérience et conclusion.
Dans ce cours - très simplifié -, nous allons essayer de montrer les grands
traits de la géologie en quelques fiches se rapportant au programme de
Sciences de la Terre du lycée. La géologie est, en effet, divisée elle-même
en plusieurs domaines dont nous allons explorer les plus connus : formation
de la Terre, géodynamique, sismologie, volcanologie, paléomagnétisme ainsi
que l'environnement de la naissance et du développement de la vie.
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1.2 Définitions
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Avant tout, il convient de connaître quelques termes qui reviendront très
souvent au cours de cet exposé. Les temps géologiques sont divisés
en ères. Les ères sont divisées en étages.
- La Terre se forme vers 4, 5 milliards d'années ; elle est alors constamment
bombardée par des objets (météorites, comètes…) venus de l'espace car
le Système solaire n'est pas encore bien réglé. Ceci dure jusqu'à
environ 3, 8 milliards d'années, moment où l'écorce terrestre est
enfin presque figée. La Terre prend alors sa forme actuelle bien que
la pluie de météorites ne soit pas éteinte ; la première atmosphère
se forme. Cette période est appelée Prégéologique.
- Le Précambrien correspond à la formation des reliefs géologiques
les plus anciens connus aujourd'hui. Il y a séparation des continents.
C'est aussi durant cette période qu'apparaissent et se développent les
premières formes de vie.
- Ensuite vient l'ère primaire ou Paléozoïque (-540 à -245 millions
d'années). Les continents que nous connaissons commencent à se former.
Dans l'atmosphère est apparu l'oxygène grâce à la photosynthèse des
premiers végétaux. Le climat commence à ressembler au nôtre. Le monde
animal se développe sérieusement et se complexifie. Les premiers poissons
apparaissent. Les amphibiens commencent à sortir des océans permettant
aux grands reptiles de prendre possession des continents. Les insectes
se développent.
- L'ère secondaire ou Mésozoïque (-245 à -65 millions d'années) connaît
un climat, pour l'ensemble de la Terre, de type tropical. Les océans
sont encore chauds (22°C). L'ère secondaire est divisée en trois étages
: au Trias apparaissent les dinosaures et les mammifères, au Jurassique
apparaissent les ancêtres des oiseaux, tandis que le Jurassique représente
l'apogée des dinosaures et des fougères géantes.
- L'ère tertiaire ou Cénozoïque (-65 à -1, 8 millions d'années) commence
avec la crise dite du Crétacé-Tertiaire vers 65 millions d'années
qui voit la disparition de 80 % des espèces vivantes. Au Paléocène et
à l'Eocène se développent les mammifères primitifs ainsi que les arbres
et plantes que nous connaissons maintenant. Les singes apparaissent
à l'Oligocène, les ancêtres des chevaux et des éléphants au Miocène
ainsi que les Australopithèques. Au Pliocène, le climat océanique se
fixe en France tandis que l'Homo habilis apparaît.
- L'ère quaternaire ne se distingue pas géologiquement de l'ère tertiaire.
Elle n'est caractérisée que par l'évolution des Hominidés.
Mots clés :
- Energie : capacité d'un corps à produire un travail ou à élever une
température. Les formes d'énergie sont diverses (calorifique, chimique,
mécanique, nucléaire…). Le premier principe de la thermodynamique dit
que l'équivalence des formes d'énergie implique que l'énergie totale
mise en jeu lors d'une transformation reste constante.
- Chaleur : forme d'énergie qui se traduit par une augmentation ou une
diminution de la température.
- Lumière : pour une plus facile compréhension, la lumière sera considérée
comme une forme d'énergie.
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2 Connaissance de la Terre
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2.1 Introduction
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La Terre : troisième planète du Système solaire en partant du
Soleil ; située environ à 150 millions de km de celui-ci, elle effectue
une révolution autour du Soleil en un peu plus de 365 jours. La Terre
tourne sur elle-même autour d'un axe de rotation passant par les pôles
en 24 heures. Cet axe est légèrement incliné (23°) par rapport au plan
de l'écliptique (plan de révolution) ; cette inclinaison est la cause
de l'existence de saisons. L'âge de la Terre est environ celui du Soleil
soit 4, 6 milliards d'années. Son rayon est de 6370 kilomètres à peu près.
La Terre est légèrement aplatie aux pôles.
Lorsque nous la regardons de l'extérieur, la Terre présente plusieurs aspects.
Elle semble tout d'abord être un corps sphérique solide. Elle est par
endroits couverte d'un élément liquide, l'eau, et tout autour d'elle se
trouve une couche gazeuse appelée atmosphère. Tout ces éléments paraissent
figés et fixés définitivement. Or, si nous faisons plus attention, nous
pouvons nous apercevoir que tous ces éléments sont en perpétuel mouvement
et se transforment sans cesse. L'atmosphère est le siège de déplacements
qui peuvent être violents sous la forme de tempêtes ou plus calmes, elle
abrite aussi d'autres phénomènes tels que les nuages, les orages ou encore
les aurores boréales. Les océans, qui constituent près de 98 % de l'eau
terrestre, sont eux aussi l'objet de phénomènes naturels, notamment des
transferts de chaleur. Les continents aussi peuvent être en mouvement
avec les séismes. La surface de la Terre est également le siège d'étranges
éruptions dans les volcans.
Dans le temps, ces phénomènes ne sont pas stables non plus. Les océans n'ont
pas toujours été océans, les climats se sont modifiés tandis que l'activité
des volcans est très variable. Leur répartition spatiale est très hétérogène
: l'eau des océans occupe 72 % de la superficie de la Terre, ne laissant
que moins d'un tiers de la surface terrestre aux continents, reliefs émergés.
Les séismes, comme les cyclones, frappent souvent les mêmes régions, tandis
que les volcans semblent situés dans des zones bien particulières.
La Terre n'est donc pas un corps unique, homogène et figé. La Terre est
le siège de transformations incessantes. Sa structure elle-même évolue
tandis que des influences extérieures - de l'espace et du Soleil - se
font sentir à sa surface. Enfin, la Terre abrite la vie. Nous allons nous
efforcer de décrire et de tenter d'expliquer quelques uns de ces phénomènes.
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2.2 Connaissance directe de la Terre
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Les constatations précédemment énoncées constituent des constatations évidentes.
Cependant, si nous voulons étudier la structure de la Terre plus précisément,
c'est-à-dire ce qui la constitue, il faut se rendre compte que l'Homme
ne connaît véritablement encore qu'une petite partie de sa planète. Les
océans et l'atmosphère, ainsi que la surface de la Terre lui sont familières.
L'intérieur, lui, est encore à découvrir. Ou plutôt, l'Homme est actuellement
en train de la découvrir très lentement grâce à plusieurs secteurs de
connaissances desquels il peut déduire ses conclusions quant à la structure
de la Terre.
Tandis que l'atmosphère et les océans peuvent être connus de manière directe
- puisque l'Homme peut s'y rendre afin de faire ses observations et ses
expériences -, la connaissance de la structure interne du globe terrestre
ne peut se faire que par théorie et déductions.
Mots clés :
- Croûte terrestre : partie la plus superficielle de la Terre (appelée
parfois écorce terrestre). Elle est solide.
- Atmosphère
: enveloppe gazeuse entourant la Terre sur une épaisseur d'une centaine
de kilomètres. Elle est retenue autour de la Terre par la force d'attraction
terrestre.
L'analyse des roches de surface montre qu'une dizaine d'éléments représentent
plus de 98 % de la masse de la croûte terrestre. Il s'agit entre autres
de l'oxygène, du silicium, de l'aluminium et du fer. L'oxygène
est allié au silicium, à l'aluminium ou au fer dans des oxydes. C'est
l'élément majoritaire en volume (plus de 80 %) comme en masse (près de
50 %) dans la croûte terrestre.
L'analyse des roches de surface montre également une différence qui sera fondamentale
pour les théories géologiques entre la croûte terrestre formant la surface
des continents et la croûte terrestre formant le plancher des océans.
La croûte continentale est constituée d'une roche appelée granite
(on la trouve notamment dans les massifs montagneux anciens non recouverts
de calcaire ou de sédiments) tandis que la croûte océanique est constituée
d'une roche appelée basalte (on la trouve notamment sur les îles volcaniques
situées au milieu des océans).
Nous ne pouvons savoir directement ce qu'il y a sous la croûte terrestre.
En effet, la connaissance directe du sous-sol ne concerne qu'une très
mince couche superficielle de roches. Cette couche a pu être étudiée lors
de forages tels ceux réalisés en Russie. Cependant ceux-ci sont allés
jusqu'à une profondeur de 12 000 mètres au maximum alors que le rayon
terrestre mesure près de 6370 kilomètres. Néanmoins, les géologues y ont
constaté un phénomène qu'ils attendaient : il existe un gradient thermique,
c'est-à-dire que la température de la Terre s'élève au fur et à mesure
que l'on s'enfonce vers l'intérieur.
Enfin, dernière constatation directe : nous connaissons les propriétés des
corps en rotation. La Terre est un corps en rotation. Nous savons qu'elle
est légèrement aplatie aux pôles (rayon polaire = 6356 km, rayon équatorial
= 6378 km). Cet aplatissement est considéré comme faible. Ceci tendrait
à prouver que la plus grande partie de la masse de la Terre se situe en
son centre. Or, la croûte terrestre, telle que nous la connaissons a une
densité assez faible (proche de 3). Par conséquent, le centre de la
Terre doit être constitué de matériaux très lourds tels le fer. Nous verrons
plus tard qu'il s'agit en effet d'un alliage de fer et de nickel.
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3 Energie interne et énergie externe
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3.1 Energie et rayonnement solaire
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Une source de chaleur pour la Terre est, bien sûr, le Soleil. Le Soleil
est la principale source de chaleur pour la Terre. Dans l'espace,
l'énergie reçue du Soleil varie comme l'inverse du carré de la distance
du Soleil.
Le Soleil est une étoile : c'est donc une boule en fusion. Le Soleil est constitué
principalement d'hydrogène et d'hélium ; il se produit en
son sein des réactions nucléaires (transformation de l'hydrogène en hélium
avec émission d'énergie considérable). Le Soleil, comme tout corps en
fusion, émet un rayonnement qui se propage dans l'espace sous forme de
lumière.
Le rayonnement solaire (sous forme de lumière) tel qu'il est perçu sur
Terre représente 630 000 joules par cm² et par an. Ceci équivaut à dire
qu'un mètre-carré de surface terrestre reçoit, chaque année 15 milliards
de calories du Soleil. Cette quantité de chaleur reçue du Soleil est immense
et représente une énergie considérable.
Que lui advient donc-t-il en arrivant sur Terre ? Une grande partie est tout
d'abord instantanément renvoyée dans l'espace car elle est réfléchie par
l'atmosphère dont l'albédo (pourcentage de lumière réfléchie et renvoyée)
est grand (30 %, ce qui fait que la Terre est visible depuis l'espace).
Les nuages renvoient entre 40 et 80 % de la lumière reçue. Le reste parvient
à pénétrer dans l'atmosphère. Une autre partie de ce flux externe est
absorbé par certains composants de l'atmosphère (vapeur d'eau, ozone,
oxygène, dioxyde de carbone).
En arrivant au sol, une partie de cette chaleur est à nouveau renvoyée (80
à 90 % sur la neige, 35 % sur le sable, 25 % sur les prairies, 15 % sur
les mers). Cependant, cette fois, elle est emprisonnée dans l'atmosphère
terrestre et contribue à la réchauffer (car venant du sol, elle est à
nouveau réfléchie par les nuages…). C'est l'effet de serre. La température
de l'atmosphère est stable (14°C) montrant ainsi que le flux énergétique
global est nul.
Sur les continents, l'autre partie est absorbée et stockée par assimilation
chlorophyllienne (les plantes absorbent l'énergie de la lumière). La quantité
de chaleur ainsi stockée n'est nullement négligeable (17.10^20 joules
par an). Sur les océans, la chaleur est emmagasinée dans les mers (l'énergie
reçue réchauffe les eaux ; puisque la mer renvoie 15 % de la lumière,
cela signifie qu'elle absorbe 85 % de l'énergie de la lumière qu'elle
reçoit), constituant ainsi une réserve thermique importante (ce qui explique
que les variations de températures des régions océaniques côtières sont
très atténuées par la proximité de la mer).
Les régions polaires de la Terre sont recouvertes par des inlandsis (Groenland
et Antarctique) ou d'épaisses couches de banquise (Arctique) qui constituent,
eux, des réservoirs de froid. Cette réserve de froid et la chaleur emmagasinée
par les mers sont à peu près équivalentes et, en moyenne, la température
des océans n'est que de 3°C environ.
Il est certain qu'au début de l'ère quaternaire les mers étaient bien plus
chaudes et qu'en revanche des glaciers immenses s'étendaient sur une partie
des continents aujourd'hui habités. La fonte de ces glaciers (due à des
oscillations climatiques dont l'on ne connaît pas l'origine) a largement
utilisé la réserve thermique des mers.
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3.2 Quelques conséquences
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Nous constatons ainsi la grande fragilité des conditions thermiques qui
règnent sur Terre et qui protègent la vie;
- nous pouvons dire que la stabilité thermique globale de la Terre est exceptionnelle
car une petite modification des conditions thermiques entraîne d'immenses
bouleversements des conditions climatiques, d'une part;
- et d'autre part, la zone dans laquelle se situe la Terre au sein du Système
solaire semble idéale car elle lui permet de recevoir un rayonnement
du Soleil qui soit suffisant pour maintenir son atmosphère et sa surface
à une température moyenne et qui ne soit pas trop fort car alors ce
rayonnement deviendrait destructeur. Cette zone idéale est très étroite
et une toute petite modification de l'orbite terrestre pourrait faire
sortir la Terre de cette zone.
Océans et atmosphère contribuent à la répartition de l'énergie reçue du
Soleil à la surface de la Terre.
Il en résulte d'ailleurs des mouvements de circulation des masses d'eau
et des masses d'air. Ainsi, le cycle de l'eau (évaporation des océans,
déplacement par les vents, précipitations sous forme de pluie ou de neige)
est dû au rayonnement solaire.
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3.3 Energie interne de la Terre
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L'élévation de température en fonction de la profondeur (vue ci-dessus)
montre qu'il existe un flux de chaleur interne à la Terre. Le centre de
la Terre semble être porté à des températures très importantes et il radie
(dispense) son énergie sous forme de chaleur vers la surface de la Terre.
Ce flux de chaleur interne peut atteindre 50 calories par cm² et par
an.
Le flux de chaleur interne a plusieurs causes dont la principale est un transfert
de chaleur depuis l'intérieur de la Terre vers l'extérieur, vestige du
passé de la planète : la Terre s'est formée par accrétion.
Lors de la formation du Système solaire, il y a 4, 6 milliards d'années, existait
un disque de poussières et de blocs de roches qui tournait autour du Soleil.
Ces éléments se sont peu à peu rapprochés les uns des autres par gravité
jusqu'à ce qu'un noyau se forme. Il y a eu accumulation et le phénomène
d'accrétion s'est accéléré au fur et à mesure que le noyau grossissait
et devenait de plus en plus lourd. Tout ce qui passait à proximité de
cette planète naissante était irrésistiblement attiré par gravité. Aussi,
la pression au centre de la planète a commencé à augmenter sous le poids
du bombardement dont elle était la cause et l'objet. La température s'est
alors élevée de manière très importante.
Lorsque le bombardement a cessé - lorsque le Système solaire s'est organisé
en orbites équilibrées -, la Terre avait sa taille et sa forme actuelles
à peu de choses près. Elle a pu commencer à se refroidir. C'est le résidu
de la chaleur primitive de la Terre qui provoque ce que nous appelons
ici flux de chaleur interne. La Terre se refroidit en dispersant vers
sa surface - et vers l'espace - sa chaleur interne. Lorsque le centre
de la Terre sera totalement refroidit, la Terre sera une planète morte.
Ce flux thermique interne, bien que faible (3000 fois moins fort que le flux
externe en provenance du Soleil), est très important pour comprendre la
structure de la terre et nombre des phénomènes qui sont présents à sa
surface. La Terre est bien une planète vivante. De plus, il faut savoir
que ce flux de chaleur est totalement irrégulier et, par exemple, bien
plus important dans les régions volcaniques que dans les bassins sédimentaires
ou les boucliers granitiques anciens.
L'existence de ce flux nous prouve la présence de très importantes températures
susceptibles de maintenir fondus les composants du centre de la Terre.
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3.4 Dissipation de l'énergie interne de la Terre
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Le flux thermique interne de la Terre se dissipe pour partie sous forme de
chaleur ainsi que nous l'avons montré précédemment : il y a radiation
de la chaleur à travers les couches interne de la Terre jusqu'à la surface
et l'atmosphère.
Ce n'est pas le seul mode de dissipation du flux d'énergie interne. Nous
allons voir que l'énergie interne s'échappe également de quelques autres
manières plus ou moins directes. Cependant, pour simplifier le problèmes,
nous allons être obligés de poser la théorie avant de montrer comment
elle se justifie. Les éléments qui ont permis d'élaborer cette théorie
comme ceux qui tendent à la démontrer seront abordés après. En effet,
il serait trop compliqué de les présenter en premier.
Le fait que cette théorie, appelée " tectonique des plaques " n'ait
pu s'imposer que durant la seconde moitié du XX-ème siècle montre combien
a été difficile à prouver sa pertinence. Avant d'entrer dans la tectonique
des plaques, vaste sujet, traitons les phénomènes géologiques impliquant
directement les continents.
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4 Altération et sédimentation
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Les continents couvrent 28% de la surface de la planète. Ils sont la partie
émergée des reliefs terrestres. D'ailleurs, ils sont eux-mêmes couverts
de reliefs. La structure géologique des continents est granitique. Néanmoins,
les continents comportent d'autres roches et sont le siège de processus
de création et de destruction de matériel.
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4.1 L'altération des continents
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Les continents, soumis aux contraintes physiques, biologiques, chimiques
ou climatiques, s'altèrent, c'est-à-dire qu'ils se transforment et se
dégradent. En général, les roches n'affleurent pas directement en
surface car elles sont couvertes d'un terrain meuble, le sol. La végétation,
elle, reflète les réalités du sous-sol. Il existe différents types d'altération.
- L'altération physique découle ruissellement des eaux
à la surface des continents. Elle constitue une désagrégation mécanique
des roches. Cette désagrégation est particulièrement forte dans les
zones de reliefs où les eaux circulent vite.
- L'altération biologique provient de la présence de
végétaux qui se nourrissent du sol et l'épuisent. Les animaux
(bactéries) ou végétaux présents dans le sol sécrètent des acides qui
ruinent la construction des roches.
- L'altération chimique est due à l'action de :
- l'eau sur les particules constituant la roche (L'eau dissout en effet
les roches calcaires car, lorsqu'elle est pure, elle se comporte
comme un acide faible du fait qu'elle transporte des ions hydrogène)
;
- de l'oxygène qui oxyde les métaux contenus dans la roche ;
- du gaz carbonique qui dissout les bases présentes dans la roche.
- L'altération due aux climats : les grandes variations de température
entre jour et nuit (amplitude thermique) contribuent à désagréger
les roches. Le gel de l'eau dans les fissures fait éclater les
roches. Le vent est aussi l'un des facteurs les plus importants
pour la destruction des édifices du relief ainsi que pour la désagrégation
des roches.
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4.2 Sédimentation et stratigraphie
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Cette altération conduit à la formation des sols. Les produits obtenus de
l'altération des roches sont conduits au bas des reliefs, soit par la
simple gravité, soit par le ruissellement et le transport dans le lit
des rivières. Ils s'accumulent ainsi dans les régions les plus basses
en altitude ou dans l'estuaire des fleuves car le courant n'y est plus
assez fort pour les transporter. C'est ce phénomène d'accumulation
qui est appelé sédimentation.
Les zones de sédimentation connaissent une intense activité biologique qui
alimente, par les dépôts organiques des végétaux et des animaux morts,
le matériel détritique. Ceci explique la présence de ressources naturelles
organiques dans les bassins sédimentaires : charbon, hydrocarbures…
Le phénomène de sédimentation s'effectue sur des échelles de temps qui dépassent
largement l'Homme. Il s'agit, bien entendu ici, des temps géologiques.
Les bassins sédimentaires mettent des millions d'années à se former. Sous
le poids des matériels qui y sont amenés, leur fond s'affaisse progressivement.
Nous appelons ce phénomène " subsidence ".
C'est ainsi qu'apparaît la notion de stratigraphie si importante en
géologie. Les dépôts se faisant, dans les bassins sédimentaires, sur des
périodes de temps très longues, les dépôts les plus récents couvrent les
dépôts anciens. Ainsi, lorsque les géologues étudient les terrains, ils
ont les couches les plus récentes en surface tandis qu'à mesure qu'ils
creusent dans les sédiments accumulés, ils remontent l'échelle du temps
géologique. C'est d'ailleurs en effectuant ces études que les géologues
ont découvert, dans les strates datant de 65 millions d'années, des anomalies
géologiques et qu'ils ont pu élaborer une théorie sur l'accident du Crétacé-Tertiaire
qui a vu la disparition des dinosaures et permis le triomphe des mammifères.
L'empilement des couches de matériel sédimentaire donne aux bassins sédimentaires
une caractéristique de pile d'assiettes. Ainsi, en France, le Bassin parisien
est un bassin sédimentaire. Les rebords des couches sont particulièrement
visibles sur les cuestas (côtes à petites falaises). Les bassins sédimentaires
sont des zones particulièrement propices à l'installation de l'Homme car
peu dangereuses (pas de séismes ni de reliefs très marquées, vallées peu
encaissées, grands fleuves…) et très fertiles comme le montrent la Beauce
ou les Grandes Plaines américaines.
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