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Kierkegaard : Qu'est-ce que l'existence ?
Impression facile
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Grand ennemi de la pensée spéculative de Hegel, Kierkegaard dénonce la
dilution de l’individu dans les systèmes logiques.
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1. Existence et vérité
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A. L’existence contre la logique
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Toujours individuelle, singulière, l’existence est irréductible à la
généralité du concept. On ne la déduit
pas: on la rencontre, et on la vit. Contingente, elle est introuvable
dans les systèmes logiques, qui ne font droit qu’au nécessaire.
Le penseur logicien (hégélien)
est ainsi extérieur à sa pensée: son existence n’y trouve pas de place
ce qui nie l’essence socratique de la philosophiequi est soin de l’âme, non
pas culte des abstractions. Il n’est de vraie pensée qu’enracinée dans la chair
de l’individu.
L’existence, au sens fort, est le propre de l’homme. Différente du simple
fait d’être, elle se caractérise par une relation consciente à soi-même et par
un constant devenir. L'existence ne
se présente pas à nous comme un fait définitif, mais comme une perpétuelle remise
en cause, comme une tâche.
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B. La subjectivité et la vérité
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La relation à soi, en son devenir, implique une distance avec soi, qui
jette la subjectivité dans l’angoisse. Que suis-je vraiment, si je suis toujours
libre de me faire autre? Et que choisir? La conscience est une question sur
soi, toujours relancée. L’angoisse est
ce face-à-face vertigineux avec notre liberté et la possibilité de mal faire.
On ne peut se défaire de soi,
et pourtant l’on ne peut coïncider avec soi. Ce paradoxe nous jette dans le
désespoir. Ce n’est pas de n’être pas ceci plutôt que cela que je désespère,
mais de ce moi lui-même qui veut être ceci ou cela, sans jamais y parvenir.
Ce qui est vrai en l’homme, c’est
la manière subjective, vécue, qu’il a de se rapporter aux choses. Mais
il est plusieurs manières de le faire.
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2. De l’esthétique à la religion
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2. De l’esthétique à la religion
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A. Les étapes sur le chemin de la vie
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Kierkegaard nomme «stades» les différentes manières pour la conscience
d’accomplir l’existence. Le stade esthétique
est celui de la jouissance instantanée et de la fuite effrénée d’une conscience
qui, pour autant, ne parvient pas à se défaire de soi. Don Juan conjure
ainsi le non-sens de l’existence par la griserie de la nouveauté. C’est un échec.
L’homme du stade éthique, quant
à lui, veut inscrire dans la durée des préceptes abstraits, qui donnent un sens
à la vie. L’exemple type est le mariage, premier moment de la vie sociale
et morale. Mais cette attitude elle-même se révèle limitée.
S’il est en effet essentiel à la conscience éthique de se savoir capable
de faute, elle découvre en deçà de la
culpabilité possible une faute originaire, indéracinable par nous-mêmes. Plus
qu’un acte, c’est un mode d’être: le péché*. Il est inséparable d’une relation à
Dieu, qui nous révèle à nous-mêmes comme pécheurs.
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B. Le saut dans le religieux
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La vie se découvre alors en relation avec le Dieu transcendant. Mais
– paradoxe absolu – l’Éternel est dans le temps, dans le Christ descendu jusqu’à
nous pour laver notre péché. La foi* se maintient en dépit, et même en vertu de
l’absurdité d’un Homme-Dieu. C’est absurde, mais Il me sauve, et je veux être
sauvé, donc j’y crois. La foi est présence réelle, vécue, subjective,
à cet Autre.
Le passage à l’existence religieuse «suspend» les exigences de l’éthique:
dans la Bible, Abraham accepte de sacrifier son fils Isaac. L’amour absolu de Dieu relativise nos amours
terrestres. Pour autant, le religieux n’anéantit pas l’éthique, car il
la rétablit après être entré en conflit avec elle. Ce conflit constitue seulement
une épreuve.
n C’est, selon Kierkegaard,
le sens de l’histoire d’Abraham: parce que Abraham était prêt à sacrifier son
fils, Dieu le lui conserve. L’homme
religieux est conscient, grâce à Dieu, de l’insuffisance de l’homme pour sauver
l’homme. L’éthique n’épuise pas le mystère de l’existence.
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