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L’année 1973
Devoir de l’élève
| Sujet : "pourquoi peut-on affirmer que l’année 1973 a marqué une rupture fondamentale dans l’histoire économique et sociale des pays capitalistes industrialisés ? Quelles furent les réponses apportées à la crise par ces pays ? | Commentaire : |
| Introduction La seconde moitié du 20ème siècle a été marquée par deux périodes antagonistes : d’un côté, à partir de 1945, après une guerre très dévastatrice les pays capitalistes industrialisés connaissent une phase d’expansion unique dans l’histoire de l’humanité : ce sont les ’ trente glorieuses ’. Mais ensuite, après trente ans de croissance extraordinaire, une période de dépression débute et dure quasiment jusqu’à nos jours. Ceci correspond bien aux schémas de Kondratiev de ’ respiration de l’économie ’, et on situe en général le tournant entre les deux périodes, c’est-à-dire la crise proprement dite, en 1973. on peut s’interroger sur le choix de cette année et se demander si la rupture de 1973 est brusque ou si la crise était prévisible, annoncée par des signes avant coureurs. Ensuite pour montrer que le monde occidental subit un véritable retournement de situation, on pourra étudier les conséquences directes de la crise et en quoi le paysage économique et social diffère de celui des ’ trente glorieuses ’. Enfin il peut être intéressant de voir quels moyens les Etats, très présents dans le système néo-capitaliste de la croissance, ont mis en oeuvre pour contrecarrer les effets de la crise et quels ont été des résultats. | Oui |
| Première partie En premier lieu on peut dire que l’année 1973 est une rupture pour les pays industrialisés capitalistes, mais cette rupture est en fait l’aboutissement d’une sorte de lent dérèglement de la croissance. Tout d’abord, l’année 1973 est bel et bien une cassure, par les deux événements majeurs qui s’y déroulent tant sur le plan monétaire que pétrolier. En effet en premier lieu le système monétaire international subit un véritable choc : après la dévaluation de la livre sterling en 1967, puis l’arrêt de la convertibilité du dollar en or en août 1971, et la dévaluation du dollar en décembre 1971, le système de Bretton Woods, déjà affaibli, est remis en question de façon cruciale en 1973. en effet, les mesures précitée n’ayant pas permis de rééquilibrer la balance commerciale des États-Unis ( en fait victime d’une perte de compétitivité de l’économie américaine ), une nouvelle dévaluation de 10 pour cent du dollar a lieu en 1973. mais cette dévaluation a des conséquences bien plus grave que celle de 1971, car en 1973 les monnaies européennes, engagées dans un ’ serpent monétaire ’, ne peuvent fluctuer et ne suivent ainsi pas la baisse du dollar. S’ensuit donc un flottement général des monnaies, qui entérine la fin du système de Bretton Woods et a des conséquences sur les économies des PDEM ( pays développés à économie de marché). Cela accentue les déséquilibres et les monnaies devenant une marchandise comme les autres ( en fait réellement après la démonétisation de l’or en 1976 après la conférence de la Jamaïque ), la spéculation s’amplifie et détourne les capitaux disponibles de l’investissement productif. Le choc monétaire constitue donc une menace grave pour la croissance. Mais en outre ce désordre monétaire est amplifiée par la crise pétrolière, le fameux ’ choc pétrolier ’ de 1973 : depuis 1960 les pays exportateurs de pétrole, voyants leurs revenus chute en même temps que le prix du baril, se réunissent dans l’OPEP ( l’organisation des pays exportateurs de pétrole ) en 1960, et engagent des négociations avec les ’ majors ’ anglos-saxonnes. Mais cela ne les contente pas, et c’est ainsi que la guerre du Kippour ( attaque d’Israël par les pays arabes ) en 1972-73 leur permet d’accentuer la pression alors que la surchauffe inflationniste de 1972-73 avait augmenté la demande en produits de base dans les PDEM ; ainsi en 1973 les pays de l’OPAEP décident un blocus pétrolier contre les PDEM, accusés de soutenir Israël. ce blocus était intenable tant pour les pays importateurs ( qui n’ont des réserves de pétrole que pour 3 mois que pour les producteurs de pétrole ) Aussi une hausse du prix du baril du pétrole est décidée : le baril passe de 3 dollars à 12 dollars. Ceci a des conséquences très graves sur les économies des PDEM, dont la réussite était fondée sur le couple automobile-pétrole qui souffre à cause de ce choc. La facture pétrolière et très lourde, et des PDEM doivent limiter leurs importations et donc accepter un ralentissement de la machine économique, et réduire leur consommation intérieure pour avoir plus de produits à exporter. Le choc de 1973 s’ajoute donc à la crise monétaire pour renverser la situation économique des PDEM et les faire passer dans une phase de dépression. Mais, avant 1973, des signes laissaient entrevoir un essoufflement de la croissance, et en ce sens on peut nuancer l’importance des deux chocs de 1973. en effet d’abord les ouvriers sont lassés du système fordiste de production, d’une existence monotone, et on note un taux d’absentéisme de plus en plus important, une recrudescence des accidents du travail et une baisse de la qualité des produits. La norme fordiste de production est épuisée donc avant 1973 et les profits des entreprises, de moins en moins importants, ne sont plus autant réinvestis qu’avant : la croissance n’est plus autant entretenu qu’au début des trente glorieuses. En outre on note un chômage modéré mais persistant avant 1973 ( 3,4 pour cent dans l’OCDE ) : la croissance, qui s’est affaiblie, ne permet pas le plein emploi pour les enfants issus du Baby-boom. Enfin, la croissance est inflationniste : la masse monétaire augmente tant pour financer les crédits octroyés au ménage et aux entreprises que pour assumer les dépenses publiques partiellement productives de l’état providence. En outre les entreprises, soumises à des pressions salariales et à des dépenses de plus en plus importante dans le domaine de la recherche, n’hésitent pas à augmenter leurs prix. L’année 1973 constitue donc un choc à l’origine d’un dérèglement de la croissance qui annonçait déjà la crise. |
Oui
Oui
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| Deuxième partie On peut maintenant étudier les conséquences de la crise, ou plutôt dégager le contraste entre la période de dépression d’après 1973 et celle de croissance des trente glorieuses. ainsi on peut montrer l’ampleur du renversement de tendance en 1973. Tout d’abord, la période de récession se caractérise par une baisse de la croissance du PNB : ceci contraste avec la hausse de ce dernier de 45 pour cent par an pendant les trente glorieuses. Ensuite les industries traditionnelles qui ont fait la croissance sont en perte de vitesse : la sidérurgie, mais surtout la chimie et l’automobile ( apparition de la rust belt aux états-unis. Les secteurs qui ont fait la fortune des PDEM pendant trente ans sont dans un réelle dépression. au contraire, les secteurs d’avenir ( télécommunications, informatique ), sont en pleine expansion A cela s’ajoute une inflation très forte ( 10 pour cent par an ) qui était accentué par l’échelle mobile des salaires. Mais, au plan économique, ce qui est marquant est la révolution énergétique qui a eu lieu : le pétrole et détrôné, lui qui était l’énergie de la croissance, remis en question ( il garde tout de même de son importance ) par l’apparition du nucléaire en France, aux États-Unis et en grande-bretagne. L’économie est donc très touchée par la crise : comme nous l’avons vu précédemment, les économies des PDEM sont ralenties par la baisse des importations de matières premières : pour l’industrie des économies 1973 modifie fondamentalement la structure mise en place pendant 30 ans de croissance d’après-guerre. Mais, au-delà du plan économique, c’est sur le plan social que les PDEM sont gravement déstabilisés par la dépression. En effet on note d’abord une explosion du nombre de chômeurs. On passe de 3,4 % et 4,9 % de chômeurs avant 1973 pour l’OCDE et des États-Unis ( respectivement ), à 5,6 % et 6,9 pour cent de chômeurs dans la population active dans ces deux ensembles géographiques. Les plus touchés par le chômage sont dans un premier temps les femmes, les immigrés et les ouvriers non-qualifiés, mais les cadres sont touchés en 1980 après le second choc pétrolier. Ceci entraîne l’apparition d’une société à deux vitesses : d’un côté on trouve ceux qui ont un emploi, sont protégés par un statut, ceux qui sont diplômés et ambitieux, et d’un autre une partie de la population est marginalisée : l’apparition des SDF, de ’ nouveaux pauvres ’ n’entraîne en outre pas un regain de solidarité : la société se décompose lentement, les liens sociaux se dégradent. A cela on peut ajouter la remise en question de l’Etat-providence, qui est confronté à une population vieillie, dont une partie doit être assistée, et qui comme nous allons le voir n’a pas les fonds nécessaires pour être le garant de la sécurité des individus. Le choc de 1973 a donc bien entraîné une décomposition du système économique et social des trente glorieuses ; la question qui se pose désormais est le rôle de l’état, qui avait acquis une importance notable dans le néo-capitalisme ( c’était le garant de la prospérité. Qu’ont donc fait les Etats pour venir à bout de la crise et quel est le bilan de leur action ? |
Stagflation
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| Troisième partie Tout d’abord les états ont pris des mesures conjoncturelles pour tenter d’aller à l’encontre des effets de la crise : l’énergie étant un des problèmes majeurs de l’après 1973, les états ont tenté de réduire la consommation d’énergie ( en incitant à produire des voitures de moins gourmandes par exemple ), de trouver des sources d’énergie de substitution ( comme l’énergie nucléaire ), et ont exploité le pétrole de la mer du nord et de l’Alaska pour réduire leur dépendance aux cours mondiaux de l’or noir. Ensuite les gouvernement des PDEM ont décrété l’arrêt de l’immigration, au moment où les xénophobes et racistes cherchent des boucs émissaires ( les immigrés ) pour expliquer la crise. Enfin pour juguler les fluctuations des monnaies les états européens s’engagent dans le système monétaire et européen, (’ le serpent monétaire ’ ) calqué sur le système de Bretton Woods. En outre un droit de tirage spéciaux est instauré, sorte de panier de monnaies basé sur le yen, le Mark et le dollar pour alléger la masse monétaire et juguler une inflation. Au-delà de ces mesures conjoncturelles, les PDEM ont tenté de relancer l’économie en pratiquant le ’ stop an go ’, l’alternance de phases d’austérité et d’encouragement de la croissance : lorsque l’économie stagne, un schéma keynésien de relance de l’économie par la demande est mis en place ( augmentations de salaires et des subventions ) ; mais cette politique crée du déficit et est inflationniste ( financée par le déficit de l’état ), donc, lorsque l’inflation s’emballe une politique d’austérité et mise en place. En fait le schéma keynésien ne fonctionne plus car la relance par la demande profite non pas aux PDEM mais aux NPIA et au Japon, véritables pays-atelier. En outre l’appareil productif a été modifié et la capacité de production des PDEM est trop faible pour relancer l’économie. Et enfin une relance isolée était impossible à cause de la ’contrainte extérieure’ : toute tentative de relance isolée serait stoppée par les mouvements de capitaux qui punissent la monnaie du pays qui veut faire cavalier seul. Donc face à cet échec des politiques keynésiennes, les gouvernements tentent de relancer l’économie par l’offre, méthode plus libérale mais moins populaire : l’austérité budgétaire a été pratiquée par des gouvernements qui tentent de revenir à un schéma plus libéral de l’économie. Mais ceci n’a pas été gratifié de résultats brillants : après 1980 le chômage continue d’augmenter ( malgré une reprise de la croissance à peine perceptible après 1982 ), et souvent les méthodes des gouvernements n’ont pas porté leurs fruits : ainsi sous Reagan, ultra libéraliste, le déficit américain a augmenté, ainsi que le chômage. On peut donc dire que les Etats ont échoué dans leur tentative de relancer l’économie. Cependant ils sont parvenus à maîtriser l’inflation par des politique de rigueur qui remettent cependant en question le rôle de l’état : les inégalités se développent, et une société à deux vitesses naît par la déréglementation sociale qu’exigent les politiques libérales. |
Oui
Oui, TB
Non : il y a création de millions d’emplois précaires
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| Conclusion L’année 1973 a donc bien été une rupture fondamentale dans l’histoire économique et sociale des PDEM. Elle a fait passer ces pays d’une croissance sans précédent à une crise dont les effets n’ont aujourd’hui pas disparu. En effet malgré des politiques diverses menées par les états pour relancer l’économie, et à cause notamment de l’échec des méthodes keynésiennes, désormais caduques, les PDEM vivent aujourd’hui encore avec les difficultés de la dépression de la crise de 1973 ( surtout en Europe, moins aux États-Unis où la croissance et l’emploi ont repris). Ceci étant entre autres un danger pour la démocratie, confronte de plus en plus à des contestataires qui mettent en avant l’échec de toute les politiques pour dénoncer ce système est proposer un ’ pouvoir fort ’. Il ne faut pas oublier, et cela peut être d’actualité, que le régime nazi est né sur le terreau de la crise et a germé dans l’esprit des mécontents : l’urgence est là, dans dans la défense de l’individu contre l’idéologie. Ceci passe bien entendu par une relance de l’économie, mais les politiques des Etats ont peut-être trop réfléchi aux ’ macros difficultés ’ et pas assez aux citoyens. Car la relance économique, au-delà des grand systèmes et théories, passe par les hommes et leur engagement. |
Oui
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Commentaire du correcteur
Un excellent et long devoir : un oubli cependant, celui de la stagflation. de plus, il aurait été intéressant de montrer quels pays avaient engagé les politiques économiques de lutte contre la crise (EU, GB, All, Fce par exemple)' '








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