|
La société regroupe un si grand nombre d'individus qu'elle ne peut s'occuper
convenablement de chacun. C'est pourquoi nous pouvons parler d'indifférence
dans la société. Pour dénoncer cette indifférence, il faut en chercher
les causes, en décrire les conséquences et enfin illustrer chaque conséquence
par des exemples précis.
L'indifférence existe dans les relations entre les classes sociales.
L'indifférence peut être un désintérêt
pour ce qui affecte les autres. L'indifférence peut être
une ignorance délibérée des autres. Enfin, elle peut
être une absence de solidarité.
Tout d'abord, il convient de définir ce qu'est l'indifférence. C'est
un état dans lequel l'homme est insensible. Il peut donc se traduire par
un comportement égoïste, par un désintérêt pour autrui et par une " ignorance
voulue " de certains faits qui justifie une absence de solidarité entre
les hommes.
|
|
En premier lieu, l'indifférence, comme nous l'avons vu, peut se manifester
par des relations égoïstes entre les différentes classes de la société
dont certaines ne veulent pas partager leurs richesses et pensent seulement
au gain et à leurs intérêts personnels. Ainsi nous avons pu observer que
pendant tout le Moyen-Age et même jusqu'à la Révolution française de 1789,
les classes riches se sont montrées égoïstes vis à vis des classes pauvres
: les seigneurs continuaient à organiser festins et banquets quand biien
même la population souffrait de disettes et de famines. N'avons-nous pas
aussi comme exemple le dessin anonyme où l'on voit un paysan qui agonise
sous une pierre qui symbolise les impôts et sur laquelle seigneur et prêtre
marchent dédaigneusement.
En second lieu, l'indifférence peut se manifester par un désintérêt de
l'ensemble des hommes pour certains faits, certaines personnes ou bien
pour les causes que celles-ci défendent. C'est ce désintérêt qui est la
cause la plus courante et la plus blessante de l'indifférence car, alors
que certaines personnes souffrent, se battent pour une cause, d'autres
ricanent, pensent à autre chose en minimisant l'importance des causes
de la souffrance. En effet, la plupart des affaires judiciaires déclenchées
à la suite de plaintes sont classées parce qu'elles ne concernent pas
des sommes importantes, parce qu'elles ne défendent pas des causes qui
mettent en jeu de grands intérêts. Mais n'est-ce pas de l'indifférence
vis à vis d'un être humain, simple élément parmi la multitude qui constitue
la société, que de ne pas reconnaître la justice sous prétexte que l'enjeu
est trop minime pour l'ensemble du groupe ? Il s'agit là d'indifférence
qui devient un non-respect, un outrage supplémentaire qu'on leur fait
subir.
En troisième lieu, l'indifférence peut se traduire par une ignorance
voulue, c'est-à-dire qu'une partie de la société feint de ne pas savoir
ce qui se passe ailleurs parce qu'elle est heureuse là où elle se trouve.
Dès lors qu'une personne sait que d'autres individus passent des moments
difficiles, le premier réflexe naturel est de venir à leur aide. Cependant,
la majorité des gens qui travaillent dans des conditions normales, dans
des zones dites " favorisées ", où la sécurité ne pose pas de problème,
se sachant à l'abri de la violence, généralisent leur situation à l'ensemble
de leurs semblables et nient par là les épreuves endurées et les dangers
encourus par leurs col
|