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L'origine de la vie sur Terre. La crise crétacé-tertiaire
Impression facile
1 L'origine de la vie sur Terre
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L'Homme s'est longtemps demandé comment la vie était apparue sur Terre. Ainsi,
les religions cherchent à donner une réponse à cette question fondamentale.
La vie a-t-elle été créée par un dieu ? La science, à son tour, a voulu
apporter des éclaircissements. Diverses hypothèses ont été émises dans
le passé. La vie est-elle venue de l'extérieur ? De l'Univers ? Ou bien
s'est-elle constituée sur Terre ?
Nous avons vu quelles étaient les conditions physiques, chimiques et climatiques
des débuts de la Terre, au moment où la vie est supposée être apparue
sur notre planète.
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1.1 L'expérience de Urey et Miller
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Partant des hypothèses concernant les composants de l'atmosphère primitive,
les chimistes Urey et Miller ont réalisé, en laboratoire en 1953, l'une
des expériences les plus fondamentales pour la connaissance de l'histoire
de la vie. Ils ont placé dans une enceinte vapeur d'eau, hydrogène,
méthane, acide cyanhydrique et ammoniac et foudroyé le mélange à des décharges
électriques.
Au bout d'un certain temps, l'analyse du mélange ainsi traité a montré la
présence de molécules de sucres et d'acides aminés sont apparues, synthétisées
par le mélange. Or, les sucres et les acides aminés sont des molécules
organiques donc la clef de la vie. Urey et Miller ont montré qu'avec
vapeur d'eau, hydrogène, méthane, acide cyanhydrique, ammoniac et des
décharges électriques, il était possible de recréer les premiers éléments
nécessaires à l'apparition de la vie.
Que savons-nous de l'atmosphère primitive ? Elle était composée
de gaz parmi lesquels vapeur d'eau, hydrogène, méthane, acide cyanhydrique
et ammoniac. Elle était très perturbée car soumise à l'intense rayonnement
solaire et des températures élevées donc des orages ont foudroyé sans répit
l'atmosphère et la surface des océans pendant des milliers d'années. Il
est dès lors tout à fait plausible que la vie soit apparue sur Terre de
cette manière, dans l'océan primitif dont les caractéristiques étaient celles
de l'expérience de 1953. D'autres molécules pré-biologiques ont également été détectées lors d'expériences
plus poussées. Urey et Miller ont prouvé que la vie pouvait naître
dans la soupe océanique primitive. Dès lors, la recherche pour la
" recréation artificielle " des premiers êtres vivants s'est accélérée.
La synthèse de l'ATP a été réalisée dès 1963. Dans les années 1960, les
biologistes ont pu montrer qu'il était possible de recréer des organismes
qui s'apparentent aux premiers coccoïdes connus au Précambrien.
Ainsi, on a pu montrer que la vie est née dans un univers totalement différent
de celui dans lequel nous vivons puisque les premières molécules de la
vie sont apparues dans une atmosphère réductrice et sous les rayons ultraviolets.
D'ailleurs, l'oxygène, loin d'être le centre de la vie, était alors le
principal poison de ces organismes primitifs (car c'est une molécule très
réactive lorsqu'elle est en excès).
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1.2 Les premières formes de vie
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Les premières structures vivantes semblent être des cellules vivantes très
simples proches des cyanobactéries se développant dans les océans
peu profonds. Elles sont capables d'autorégulation et de reproduction
ce qui confirme leur caractère d'êtres vivants. Les premiers êtres
vivants vivent du métabolisme anaérobie (fermentation). Aujourd'hui,
nous connaissons une forme de vie qui remonte à 3, 8 milliards d'années
: ce sont les stromatolites de Hamelin Pool, Shark Bay en Australie. Il faut ensuite un milliard d'années pour que les premiers organismes deviennent
capables d'utiliser l'énergie solaire et en réalisent la photosynthèse.
La photosynthèse produit l'oxygène qui enrichi l'atmosphère en dioxygène
et qui crée, à haute altitude, une couche de trioxygène appelé ozone.
La couche d'ozone protège désormais la surface de la Terre des rayons
solaires mortels pour les êtres vivants. L'atmosphère est devenue oxydante
et il faut une très longue transformation de la vie pour que les êtres
vivants puissent sortir de l'eau et résister à cette atmosphère hostile
au départ.
Cependant, grâce à la photosynthèse qui a dégagé de l'oxygène, la vie est
devenue aérobie avec la respiration. Et la respiration dégage nettement
plus d'énergie que la fermentation, autorisant la vie a prendre des formes
plus imposantes. La première grande adaptation, la plus importante sans
doute, s'est donc passée là.
Aujourd'hui, l'atmosphère est constituée d'azote pour 78 %, d'oxygène pour
21 % et de dioxyde de carbone 0, 0345 % principalement.
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1.3 Le développement de la vie
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Les premiers être vivants vertébrés apparaissent au Paléozoïque (550
à 240 millions d'années) tandis que tous les invertébrés existent déjà.
Les amphibiens sont les premiers à s'affranchir de l'océan et à s'aventurer
dans l'atmosphère oxydante. Ils donnent naissance aux reptiles. Le Mésozoïque
(240 à 65 millions d'années) ou ère secondaire voit l'amorce
de l'ouverture du continent originel unique (la Pangée) avec création
des océans Atlantique et Indien par la tectonique des plaques. Le niveau
des mers était bien plus élevé et des régions comme l'Europe étaient sous
les eaux - chaudes soit dit en passant. La faune était très diverse, et
dominée par les grands reptiles (reptiles marins, reptiles volants
et dinosaures) et par des formes marines aujourd'hui disparues,
telles que les ammonites (qui étaient des mollusques). Les mammifères,
les petits reptiles (tortues, lézards, serpents, crocodiles) et les premiers
oiseaux restaient de petite taille, car ils ne pouvaient pas s'imposer
face à ces monstres. À la limite du Crétacé (fin du Mésozoïque ou Secondaire) et du début du
Tertiaire a eu lieu un gigantesque remaniement dans les êtres vivants
dont nous nous sommes longtemps demandé la cause.
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2 La crise crétacé-tertiaire
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2.1 Définition
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La crise Crétacé - Tertiaire est l'un des événements les plus connus
des temps géologiques. C'est aussi l'un des plus important de par l'ampleur
de ses conséquences. Le terme " Crétacé - Tertiaire " est impropre car
Crétacé est un étage tandis que Tertiaire est une ère. Le Crétacé est
le dernier étage de l'ère Secondaire ou Mésozoïque. Le premier étage de
l'ère Tertiaire ou Cénozoïque s'appelle le Paléocène. Le terme exacte
devrait donc être " crise Secondaire - Tertiaire " ou " crise Crétacé
- Paléocène ". Cependant, nous utilisons fréquemment le terme " crise
Crétacé - Tertiaire " pour monter que cette crise se produit à la fin
de l'étage Crétacé et qu'elle débouche directement sur la fin du Secondaire
et le passage au Tertiaire.
Le terme " crise " signifie événement brutal et de courte durée entraînant
un changement. La crise Crétacé - Tertiaire est effectivement, d'après
ce que nous en savons, un événement très brutal puisqu'elle a pu causer
la disparition d'animaux qui semblaient solides, les dinosaures. C'est
aussi un événement de courte durée à l'échelle des temps géologiques.
Elle se produit il y a 65 millions d'années.
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2.2 Indices d'une crise
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En étudiant les couches stratigraphiques datant de 65 millions d'années, les
géologues se sont rendus compte d'une chute importante de la quantité
de carbonate de calcium (formant le calcaire) dans les sédiments. En lieu
et place se trouve une couche d'argile contenant le fameux pic d'iridium
du Crétacé - Tertiaire, c'est-à-dire une présence en quantité non
négligeable, anormale et unique de l'élément iridium par ailleurs rare
sur Terre.
Dans le monde vivant, les conséquences de la crise se font immédiatement sentir.
En l'espace de quelques millions d'années, les ammonites et bélemnites
marins ont totalement disparu (nous ne retrouvons plus leurs cadavres
dans les strates sédimentaires ultérieures). Sur Terre, les dinosaures
s'éteignent tandis que nombre de reptiles reculent ou réintègrent
les océans. C'est la fin des animaux géants qui régnait sur les continents.
Les mammifères, qui sont présents sur Terre depuis longtemps, vont
pouvoir se développer.
Au Crétacé, les mammifères étaient de petite taille. Ils restaient dans l'ombre
des dinosaures qui étaient très diversifiés et occupaient toutes les niches
écologiques.
Au début du Tertiaire, le climat est chaud et humide sur une grande partie
de la Terre ; des forêts tropicales s'étendent à des latitudes élevées.
Cette forêt va abriter la diversification des mammifères au début du Paléocène
; elle accueille les premiers primates (famille des singes actuels). La
diversification et l'expansion des mammifères va mener aux Anthropoïdes
et aux Hominidés.
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2.3 Deux causes possibles de la crise
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Première cause possible :
Les chercheurs géologues ont constaté, nous l'avons vu, dans les couches qui
correspondent à cette époque - et cela tout autour de la Terre - une très
forte et anormale présence d'iridium. Or l'iridium est rare sur Terre.
Et comment se fait-il que cette couche soit répartie ainsi sur toute la
surface de la Terre ?
Aujourd'hui, on pense qu'une gigantesque catastrophe d'origine extra-terrestre
est survenue il y a 65 millions d'années. Une météorite ou
une comète pourrait avoir heurté la Terre et s'y être écrasée. Ce phénomène
n'est pas courant car habituellement, les grosses planètes du Système
solaire (comme Jupiter) servent de boucliers à la Terre contre les comètes.
De plus, les objets entrant dans l'atmosphère terrestre sont chauffés
par le frottement sur la couche gazeuse non vide et, bien souvent, explosent
avant d'atteindre le sol.
Cependant il peut théoriquement arriver qu'un corps suffisamment gros parviennent
à entrer dans l'atmosphère et à s'écraser sur Terre avant d'exploser.
De plus, notre étude porte évidemment sur un corps aux dimensions très
importantes pour avoir de telles conséquences. Il est donc possible
qu'une météorite ou une comète ayant un noyau de dix kilomètres de large
ait croisé la trajectoire de la Terre et s'y soit écrasée provoquant l'éjection
d'un nuage de poussières dans l'atmosphère faisant écran au rayonnement
solaire.
La température de la surface, non réchauffée par le Soleil, aurait alors
connu une chute brutale durant une longue période (courte au niveau géologique),
expliquant ainsi la disparition de 80 % des espèces vivantes en particulier
les ammonites et les dinosaures et le recul des grands reptiles.
Seconde cause possible :
Une autre hypothèse formulée met en cause un volcanisme intense en Inde
: on connaît un amoncellement de coulées basaltiques (les Trapps de la
région du Dekkan) datant d'environ 65 millions d'années. Ces coulées auraient
représenté un volume de plus de deux millions de kilomètres cubes !
Le rejet des cendres volcaniques dans l'atmosphère pourrait avoir les mêmes
conséquences qu'un impact météoritique. De plus certaines particules émises
par des volcans actuels (comme le Piton de la Fournaise, à la Réunion)
sont très riches en iridium.
Il est donc très difficile de trancher entre les deux hypothèses, même si
l'hypothèse météoritique a la faveur du public…
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