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La France de 1919 à 1939
Impression facile
Introduction
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La France, puissance victorieuse est le pays le plus touché par
la guerre 1914-18. Elle en sort dévastée, appauvrie, endettée. Il faut reconstruire
le pays et retrouver la prospérité perdue. Dans les années 1930, la France
doit faire face à la crise économique. La période de l'entre deux guerres
voit l'alternance au pouvoir des partis de droite et de gauche.
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1 La France dans les années 1920
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1.1 Les difficultés d'un pays victorieux
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Un pays dévasté par la guerre.
-Les pertes humaines s'élèvent à 1, 4 millions de morts, 3 millions
de blessés, 700 000 veuves, 750 000 orphelins. Des monuments aux morts
existent dans chaque village. Il faut rajouter les conséquences démographiques
indirectes : déficit des naissances estimé entre 1, 4 et 1, 7 millions.
Même après la victoire, il n'y a pas de baby-boom. Pour reconstruire le
pays, on fait appel à la main d'œuvre étrangère. En 1936, à l'arrivée
des classes creuses à l'âge du mariage, le nombre de décès est supérieur
à celui des naissances.
-Le Nord et le Nord-Est du pays sont entièrement détruits. La production
agricole et industrielle s'est effondrée, les machines sont devenues désuètes.
-La situation financière et économique est mauvaise. La France a perdu
des marchés et l'inflation est élevée puisque l'Etat a fait fonctionner
la planche à billets et a beaucoup emprunté. Cela entraîne une baisse
du pouvoir d'achat et donc le mécontentement de la population.
-La vie politique est marquée par les divisions de la SFIO (en SFIO
et PCF) après l'adhésion d'une large majorité à la IIIème Internationale
lors du Congrès de Tours en décembre 1920. Les anciens combattants sont
actifs sur la scène politique et on les retrouve en grand nombre dans
la Chambre élue ( victoire du Bloc National regroupant les partis de droite)
en 1919, d'où le nom de " Chambre bleu horizon ".
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1.2 Les politiques menées en France
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-Le Bloc National dirige la France de 1919 à 1924 en s'appuyant sur
la droite et les radicaux. La majorité parlementaire est en réalité plutôt
de centre que de droite. Il mène une politique de fermeté vis-à-vis de
l'Allemagne en exigeant le paiement des réparations et en occupant
la Ruhr en 1923.
- Le Cartel des Gauches de 1924 à 1926. Les radicaux nouent des ententes
avec les socialistes et modifient ainsi la majorité en 1924. Le gouvernement
Herriot est à dominante radicale avec le refus de participation des communistes
et des socialistes. La politique extérieure est moins ferme ce qui améliore
les relations avec l'Allemagne. Le plan Dawes et l'allègement des réparations
sont acceptés et en 1928 le pacte Briand-Kellog est signé. Le Bloc est
affaibli par les divisions entre socialistes et par la spéculation contre
le Franc et la fuite des capitaux, le " Mur de l'argent ". Ne faisant
pas confiance au Bloc, les radicaux renversent leurs alliances et s'allient
à la droite (il n'y a pas d'élection).
- L'Union national, de 1926 à 1929. Raymond Poincaré
forme un nouveau gouvernement et obtient les pleins pouvoirs financiers.
Il rétablit la situation financière en menant une politique d'austérité
qui rééquilibre le budget. Le franc se redresse et est stabilisé
en 1928 après sa dévaluation des 4/5ème. Des mesures sociales importantes
sont prises. En 1928, la droite gagne les élections législatives et peut
maintenant gouverner sans l'appui des radicaux. La prospérité est de retour,
la France investit à l'étranger et des manifestations culturelles sont
organisées à nouveau : exposition coloniale en 1931. La France se croit
en sécurité avec la ligne Maginot décidée en 1929.
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2 La France dans les années 1930
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2.1 Les crises
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Crise économique et sociale.La France est touchée plus tardivement
que les Etats-Unis et le reste de l'Europe par la crise économique née
en 1929 après le krach boursier de New-York. La dépression devient réelle
en 1931 et est accentuée par la dévaluation de la livre sterling qui déséquilibre
les échanges commerciaux. La crise frappe l'économie de manière durable
: faillites, chômage (500 000 personnes). Les gouvernements successifs
(valse des ministères) n'arrivent pas à sortir le pays de cette situation.
Le second Cartel des gauches arrive au pouvoir en 1932 mais mène une politique
peu différente de celle de la droite : équilibre budgétaire et déflation
(Laval en 1935).
Crise politique. La crise nourrit les idées d'antiparlementarisme et
des ligues d'extrême droite se développent : Action française,
Croix-de-feu, Francisme…En janvier 1934, la découverte du corps de Stavisky,
escroc lié aux radicaux accélère la crise politique. Les journaux s'emparent
de l'affaire et le gouvernement Chautemps démissionne, remplacé par le
gouvernement de Daladier. Sa décision de renvoyer le préfet de police,
Jean Chiappe, bienveillant à l'égard des ligues déclenche des manifestations
(qui se terminent dans le sang) le 6 février 1934. Daladier démissionne
et le 9 février Doumergue forme un gouvernement d'Union nationale où entrent
Pétain et Laval. Certains voient dans la manifestation du 6 février une
tentative de renversement de la République. Par crainte des fascistes,
les partis de gauche se rassemblent.
- Ligue : désigne, dans les années 1930, des groupes d'extrême droite
violemment hostiles au régime parlementaire.
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2.2 Le front populaire
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Les communistes changent donc de tactique et s'allient aux socialistes face
au danger fasciste. Ils organisent ensemble des manifestations contre
les ligues et sont rejoints en 1935 par les radicaux. La gauche réunie
forme le Rassemblement populaire ou encore le Front populaire autour
du programme " pour le pain, la paix et la liberté ". Elle est soutenue
par le syndicat CGT.
En avril-mai 1936 le Front populaire gagne les élections législatives.La
majorité à la Chambre dépend des radicaux. Face à la lenteur de la formation
d'un gouvernement, une vague de grèves avec occupation d'usines
éclate : 2 millions de personnes cessent leur travail et l'industrie est
paralysée. Le 4 juin, Léon Blum forme un gouvernement avec des socialistes
et des radicaux, les communistes ayant choisi de soutenir sans participer.
Sous la pression du patronat qui désire voir la fin des grèves, Blum réunit
les représentants du patronat et ceux de la CGT qui signent alors les
accords Matignon dans la nuit du 7 au 8 juin 1936. Ces accords
prévoient une augmentation de salaires de 7 à 15%, la reconnaissance de
l'exercice du droit syndical. D'autres lois sont votées durant l'été :
semaine de 40 heures, 2 semaines de congés payés, nationalisation des
usines d'armement…
Ces mesures aggravent la situation financière de la France et le 28 septembre
1936, Blum décide de dévaluer le franc. Cela n'améliore pas la situation
et après le refus du Sénat de lui accorder les pleins pouvoirs financiers,
Blum démissionne le 21 juin 1937. Chautemps puis à nouveau Blum
forment des gouvernements sans succès. C'est la fin du Front populaire.
Le 8 avril 1938, le radical Daladier forme un gouvernement avec la
droite afin de rétablir la confiance : il dévalue le franc, revient sur
la semaine de 40 heures, ne réagit pas à l'Anschluss et signe les accords
de Munich le 30 septembre 1938. La population française accueille
avec soulagement ces accords espérant ainsi éviter une nouvelle guerre.
La France affaiblie par la crise connaît à la veille de la guerre des
réactions anticommunistes, xénophobes et antisémites. La France de l'entre deux guerres connaît des crises économique et politique
qui n'empêchent pas des avancées sociales (congés payés). Le régime parlementaire
résiste aux épreuves. En 1939, la France, affaiblie par la crise, ne s'est
pas préparée militairement et psychologiquement à la guerre dans laquelle
elle va entrer.
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3 Biographies
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3.1 Raymond Poincaré (1860-1934)
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Une des figures importantes de la IIIème République. Il mène pendant 40 ans
une double carrière d'avocat et d'homme politique de centre
droit. Ce républicain lorrain est vite renommé pour ses compétences
financières, son patriotisme, son honnêteté, son intelligence et sa mémoire
prodigieuse. Sa froideur qui donne une impression d'insensibilité le dessert.
Président de la République de 1913 à 1920, il rassemble les Français
dans l'Union Sacrée. Président du Conseil à plusieurs reprises, il se
pose en défenseur de l'application intégrale du Traité de Versailles puis
en "sauveur du franc".
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3.2 Léon Blum (1872-1950)
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Normalien, il se passionne pour la littérature, le journalisme et les débats
politiques. Marqué par l'influence de Jaurès et par l'affaire Dreyfus,
il adhère au socialisme et s'oppose au communisme. Président du
Conseil en 1936, il dirige le Front populaire et suscite la haine
de l'extrême droite qui dénonce son origine juive. Il sera arrêté
par le gouvernement de Vichy et détenu par les Allemands et sous la IVème
République, il jouera le rôle du vieux sage du socialisme.
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