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La Pléiade

1 Constitution du groupe
   1.1 Le collège de Coqueret
   1.2 Joachim du Bellay (1522-1560)
   1.3 Pierre de Ronsard (1524-1585)
2 Défense de la langue française
   2.1 Redonner au français sa place dans la littérature
   2.2 Enrichissement de la langue
   2.3 Enrichissement du style
3 Illustration de la langue française
   3.1 Le métier poétique
   3.2 Le recours aux grands genres
   3.3 L'imitation


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1 Constitution du groupe

 

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1.1 Le collège de Coqueret

 

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A partir de 1547, pendant cinq ans au moins, des jeunes gens épris de culture antique suivirent les cours d'un célèbre humaniste, Dorat, principal d'un petit collège parisien de la Montagne Sainte-Geneviève, le collège de Coqueret ; parmi eux, se trouvaient Ronsard, Du Bellay, Baïf. Dorat, le maître, leur lisait les poètes grecs et latins; en même temps, il initiait ses élèves à la civilisation antique et leur apprenait à comprendre l'âme païenne ; surtout, il développait leur sens de la beauté en leur faisant partager son enthousiasme pour la pensée et la forme des chefs-d'œuvre antiques.

En 1549, un manifeste est publié sous le nom de Du Bellay. Intitulé Défense et Illustration de la Langue Française, il résume la doctrine du groupe : le poète a pour mission de servir la cause de la Beauté et de faire briller le génie national français. Tel est le programme que se donne La Pléiade, qui regroupe alors 7 membres : Joachim du Bellay, Pierre de Ronsard, Baïf, Rémy Belleau, Jodelle, Pontus de Tyard et Dorat.


1.2 Joachim du Bellay (1522-1560)

 

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Du Bellay se présente comme le théoricien du groupe. De santé médiocre, il mène une enfance triste au château de la Turmelière, en Anjou. Sa vie est marquée par un voyage à Rome dont il attendait les plus grandes joies, mais qui lui apportera la plus amère déception. Son oeuvre, d'inspiration très personnelle, se fait l'écho de cet espoir déçu et de son mal de vivre.

 L'écriture, d'une grande simplicité, est le fruit d'un art éprouvé. Du Bellay est devenu le maître du sonnet : jouant subtilement sur les effets de symétrie et d'antithèse, il traduit de façon poignante son émotion. On lui doit notamment :

  • Défense et Illustration de la langue française (1549) où il expose la doctrine de la Pléiade,
  • Les Antiquités de Rome (1558), où le poète médite devant les ruines romaines sur la grandeur passée de la cité,
  • Les Regrets (1558), qui regroupent 191 sonnets écrits à propos de son triste séjour à Rome. Il chante sa nostalgie de la "douceur angevine", ou devient amèrement satirique lorsqu'il découvre les mœurs corrompues de la société romaine.

1.3 Pierre de Ronsard (1524-1585)

 

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Chef de la Pléiade, puis poète officiel de la Cour, il poursuit une brillante carrière, soucieux de laisser à la postérité une oeuvre immortelle.

Il se fait le poète des Amours, dans une oeuvre aux formes variées, où l'édition humaniste se mêle à une expression personnelle et sincère. Il est l'auteur de :

  • Odes (1550) : il s'agit de poèmes inspirés du lyrisme grec et latin où il chante la nature, la joie de vivre, mais aussi la fuite du temps;
  • Les Amours (1552 -1553) : sonnets composés en l'honneur de Cassandre Salviati, où abondent comparaisons mythologiques et figures précieuses;
  • Continuation des Amours (1555) et Nouvelle Continuation des Amours (1556) sont des sonnets dédiés à Marie Dupin. La poésie de Ronsard s'y fait plus simple, plus familière, empreinte de sincérité;
  • Amours (1578), enfin, comporte 2 volets : Sur la Mort de Marie et Sonnets pour Hélène.

2 Défense de la langue française

 

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2.1 Redonner au français sa place dans la littérature

 

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Le premier volet du programme de la Pléiade consiste à donner au français la place qu'il mérite face au latin.

Le latin est, à l'époque, la langue des savants séduits par son universalité, sa précision, sa richesse, et rebutés par la difficulté de s'exprimer en français. Il tend également à devenir la langue des artistes avec l'épanouissement d'une littérature néo-latine, inspirée de Virgile, Catulle, Horace.

Les poètes de la Pléiade entreprennent donc de réhabiliter le français, en argumentant que c'est à l'usage qu'une langue s'enrichit. Il convient donc de l'employer plus fréquemment et dans des domaines plus nombreux, afin de lui permettre de s'enrichir et de s'imposer face au latin..


2.2 Enrichissement de la langue

 

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Le français est au XVIème siècle comme une langue pauvre. Il convient donc de l'enrichir pour lui donner plus de précision, davantage de nuances. Pour ce faire, plusieurs moyens sont disponibles :

  • L'emploi de mots qui existent déjà mais, pour une raison ou une autre, restent peu usités : vieux mots, termes techniques, dialectes
  • La création de nouveaux mots, que ce soit par composition (ex : aigre-doux) ou par dérivation à partir de racines françaises (seulette), latines ou grecques.

2.3 Enrichissement du style

 

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Une autre ambition de la Pléiade est de créer un langage poétique nettement distinct du langage prosaïque. Du Bellay prône un langage orné :

  • par des tours (ex. : infinitifs substantivés, adjectifs adverbiaux...)
  • par des figures de rhétorique comme la métaphore, la périphrase ou l'allégorie.

3 Illustration de la langue française

 

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3.1 Le métier poétique

 

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Le second objectif de la Pléiade est de donner à la langue française une grande littérature qui témoigne du génie national français. Pour ce faire, le génie, l'inspiration sont nécessaires au poète, mais non suffisants. Ce n'est qu'à force de travail, de lectures ou de méditations que le poète peut prétendre au Beau. La poésie est un métier, qui ne supporte pas l'improvisation.

Le poète se doit de soigner tout particulièrement :

  • la rime, qui doit être riche
  • le vers, dont on veillera à la musicalité
  • la strophe, qui doit former un tout harmonieux.

3.2 Le recours aux grands genres

 

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La Pléiade condamne les genres du Moyen-age, tels que rondeaux et ballades, qui, dit-elle, corrompent notre goût. En revanche, elle approuve les petits genres antiques (élégie, satire, épigramme...) et recommande les grands genres antiques : Ode, Tragédie, Comédie et, surtout, Épopée.

3.3 L'imitation

 

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Du Bellay recommande de suivre l'exemple des Italiens en s'inspirant des anciens qui nous ont ouvert la voie vers la perfection. Imitation, toutefois, ne signifie pas traduction. Il s'agit plutôt de s'imprégner des auteurs, de faire siennes leurs pensées, leurs sentiments, leurs tournures de style, de sorte qu'ils viennent spontanément sous la plume du poète, dans le feu de sa propre inspiration.


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