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"La poésie est une insurrection" Pablo Neruda (15/20)
Impression facile
Commentaire du correcteur
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Un très bon devoir, très plaisant à lire, très
intéressant par le choix d'exemples originaux.
Un plan limpide et bien boulonné comme je les aime.
Une réflexion intelligente approfondie. Dommage: la troisième
partie est incomplète; il fallait une réflexion sur la subversion
des mots.
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Sujet
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Appréciez
et éventuellement discutez cette affirmation du poète Pablo
Neruda: "la poésie est une insurrection".
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Devoir de l'élève
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- INTRODUCTION
Nombre d'écrivains et de critiques se sont plu à donner
des définitions de la poésie. C'est en effet une tâche
difficile car ce genre littéraire revêt les formes les plus
diverses et n'a de limites que celles qu'elle s'est elle-même fixées:
celles de la rime, du vers et de la strophe. A ce propos, le poète
chilien Neruda a affirmé: "la poésie est une insurrection".
On pourra considérer les cas dans lesquels la poésie
se fait révolte et dans lesquels elle ne l'est
pas, et finalement essayer de donner une définition
plus générale de la poésie.
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Pas mal.
Clair.
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- La poésie est une insurrection
"L'insurrection" est l'action de se soulever contre
le pouvoir établi en visant à le renverser. Ainsi, si tel
était le dessein de certains poètes, c'est parce qu'ils
étaient en désaccord avec des gouvernements qui ne leur
semblaient pas bons. C'est par conséquent dans les périodes
troublées de notre Histoire qu'il faut chercher ces poèmes
révolutionnaires. Ainsi, au XVIème siècle, l'épisode
tragique des guerres de religion suscite évidemment les polémiques
les plus diverses.
Aussi, le poète protestant Agrippa D'Aubigné dénonce
avec virulence les massacres de réformés commis par les
soldats ou par le peuple "débauché". Conformément
à la promesse qu'il a faite à son père en 1560 de
venger un jour les Protestants exécutés après l'échec
de la conjuration, il ne cessera de toute sa vie de combattre pour sa
foi, l'épée ou la plume à la main. Dans Les Fers,
il décrit l'horreur de ces massacres, plus particulièrement
dans le poème Guerre sans ennemi qui relate l'épisode
sanglant de la Saint-Barthélemy (24 août 1572),
"Jour qui avec horreur parmi les jours se compte
Qui se marque de rouge et rougit de sa honte".
Il décrit l'horreur de ces tueries, et c'est bien
en nous montrant la cruauté gratuite des assassins qu'il suscite
l'aversion, puis la révolte. Ainsi, en témoignant des résultats
néfastes d'un régime, les poètes veulent nous amener
à nous insurger.
Ils peuvent aussi parvenir à leurs fins en nous incitant
à nous révolter par le biais d'images pour éviter
la censure. C'est le cas de Victor Hugo dans Le manteau impérial
par exemple. La pourpre du manteau impérial était semée
d'abeilles d'or. Donnant à la fois la vie et une mission à
ses abeilles, l'imagination épique de Hugo les lance à la
poursuite de Napoléon III, à cause duquel il avait dû
fuir et s'exiler à Jersey, puis à Guernesey de 1851 à
1870, de peur de se faire arrêter après que sa tentative
de dresser le peuple de Paris contre lui eut échoué. Après
une ouverture lyrique, le ton du poème change, le rythme se précipite,
et la pièce se termine sur la charge furieuse des abeilles, sévère
leçon pour eux qui acceptent lâchement la tyrannie:
"Et percez-le toutes ensemble,
Faites honte au peuple qui tremble,
Aveuglez l'immonde trompeur,
Acharnez-vous sur lui, farouches,
Et qu'il soit chassé par des mouches
Puisque les hommes en ont peur !"
Ainsi, il nous amène à nous révolter contre
le gouvernement même si encore une fois ce n'est que de manière
détournée.
Au XXème siècle, l'épisode tragique
de la Guerre, de la captivité, de l'Occupation et de la Résistance
provoque une véritable relance poétique, car, comme l'affirme
Paul Eluard, "Le temps est venu où tous les poètes
ont le droit et le devoir de soutenir qu'ils sont profondément
enfoncés dans la vie des autres hommes, dans la vie commune".
C'est ainsi que se développe la poésie de la Résistance
à laquelle participeront Aragon, Eluard, Desnos… Dans Courage,
Eluard évoque "le Paris malheureux" accablé
par la Guerre. Malgré une forte évocation du malheur à
travers les souffrances physiques et morales de la capitale, il souligne
sa grandeur et sa beauté passées qu'elle se doit de retrouver.
Eluard sait nous communiquer son espoir et galvaniser la population:
"Tu vas te libérer Paris
Paris tremblant comme une étoile
Notre espoir survivant
Tu vas te libérer de la fatigue et de la boue
Frères ayons du courage…"
Ainsi, que ce soit de façon indirecte ou directe,
les poètes grâce à leurs œuvres, nous amènent
à nous insurger.
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Bien
C'est un bon paragraphe.
Très bon exemple.
Oui, c'est bien.
Oui, encore un très bon paragraphe
et d'excellentes citations.
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- La poésie n'est pas seulement une insurrection
Cependant, là n'est pas la seule fonction de la poésie.
En effet, la poésie est originellement une activité sacrée
liée au chant, à l'invocation religieuse, à la louange.
C'est ainsi que les premiers vers furent écrits dans la Bible.
Les Psaumes en particulier célèbrent Dieu: Psaume
9:
"Je te rends grâce Yahvé, de tout
mon cœur,
J'énonce toutes tes merveilles,
J'exulte et me réjouis en toi,
Je joue pour ton nom, Très-Haut".
Ainsi, le poème peut être simplement une louange, un remerciement.
Au lieu de nous conduire à la révolte, les épopées
érigent leurs héros en exemples. Elles vantent le mérite
de tel chevalier et nous amènent à suivre son modèle.
Dans La Chanson de Roland, et plus particulièrement dans
l'épisode Le son du cor, est décrit le courage du
Comte Roland qui par un effort démesuré (rendu perceptible
par le fait que malgré la distance qui le sépare de Charlemagne,
tous l'entendent), "sonne l'orifant" qui fera revenir
le Roi. Loin de nous révolter, ici le poème force l'admiration
pour le héros et nous incite à imiter son comportement.
De même, les poètes du Mouvement du Parnasse ne cherchaient
pas à nous révolter. Ils se consacrent seulement à
la recherche de l'expression d'une Beauté transcendante, d'une
forme idéale. En réaction contre les excès du Romantisme,
ils créent une poésie impersonnelle, savante, faite d'images
souvent très colorées où la forme est leur principal
souci. Dans Les Conquérants, Heredia qui a un sens aigu
du détail et du "pittoresque" dévoile son savoir-faire:
splendeur lexicale, effets sonores, rimes riches, sonnet parfaitement
structuré:
"Chaque soir espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré".
A travers ce sonnet, la poésie devient peinture. Ainsi, on est
bien loin de l'insurrection, alors si la poésie revêt des
formes diverses, comment la définir?
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Oui, bien!
Excellent exemple.
D'accord, mais il faut une citation
Oui!
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- Tentative de redéfinition de la poésie
La poésie est avant tout une autre façon de voir
les choses. Comme l'indique l'étymologie de poésie - du
grec poein, faire, créer -, le poète réinvente
un monde au travers duquel les choses les plus communes se métamorphosent
et acquièrent une beauté nouvelle. Ainsi, dans le poème
de Carlos Larronde, L'Homme de trois ans, celui-ci réaffirme
l'importance de l'imagination, de ce regard déformant que porte
le poète sur notre monde:
"L'homme de trois ans
M'a donné
Une leçon de poésie
D'une clef de boîte à sardines
Il a tiré
Un violon,
Un marteau
Le portrait de son grand-père"
Ce nouveau monde, le poète l'exprime avec son propre langage,
celui de la poésie.
Le poète est d'abord un homme et ce sont ses émotions, ses
réactions face au monde qui nous entoure qu'il exprime dans les
poèmes. Ainsi, ce sentiment pourra être comme on l'a déjà
affirmé l'insurrection, le rejet, la haine, mais il peut tout aussi
bien être l'amour, la passion, la tristesse… Par exemple, dans
son poème A la mer, Pouchkine révèle ses propres
sentiments face au spectacle de la mer:
"Adieu donc, ô mer. Mais je n'oublierai
Jamais ta majesté ni tes splendeurs,
Et longtemps, longtemps en moi j'entendrai
Ton lourd bruissement aux heures du soir"
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Très joli cet exemple, et très
pertinent.
C'est une très belle fin.
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- CONCLUSION
Ainsi donc, la poésie est finalement l'expression des émotions
du poète et des résultats de sa propre expérience.
Par conséquent, la poésie n'est une insurrection au sens
propre du terme que lorsque les temps y sont favorables, c'est-à-dire
dans les périodes troubles. C'est pourquoi je préférerais
à la définition de Neruda celle de Prévert:
"La poésie, c'est ce qu'on rêve,
ce qu'on désire, et ce qui arrive souvent".
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Syntaxe confuse.
Bien
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