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Le comique au théâtre. (15/20)
Impression facile
Commentaire du correcteur
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Une réflexion fort intéressante, conduite avec beaucoup de rigueur et
de fermeté. Les exemples sont bien choisis et la discussion est étayée
avec pertinence par une illustration de qualité.
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Sujet
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Selon un critique contemporain, au théâtre, le comique naît " dès que
je ne me sens plus en jeu, dès que je renie toute ressemblance avec le personnage
". En vous appuyant sur les pièces que vous connaissez, vous expliquerez
et discuterez ce jugement.
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Devoir de l'élève
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Selon un critique contemporain, au théâtre, le comique naît " dès que
je ne me sens plus en jeu, dès que je renie toute ressemblance avec le
personnage ". En premier lieu, nous expliquerons ce jugement puis nous
le justifierons et enfin nous nous poserons la question : certes, comme
le dit ce critique, le comique naît dès que le spectateur ne s'identifie
plus au personnage, mais n'y a-t-il de situations comiques que dès ce
moment ?
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Nous allons tout d'abord nous demander ce qu'est
le comique, et par la même, définir la comédie. Celle-ci met en scène des
personnages de la vie ordinaire (par exemple un noble ou un bourgeois sous
l'Ancien Régime avec un ou plusieurs domestiques). Elle utilise un ton familier
et enjoué et produit une morale pratique et simple. Le comique peut venir
du décalage qui se produit dans la communication, décalage entre ceux qui
savent et connaissent une partie de l'intrigue et ceux qui ne la connaissent
pas, ceux qui ne savent pas. Le spectateur, lui, la connaît en entier. Le
comique peut aussi provenir de la différence des langages utilisés par les
personnages, par exemple un langage courant, voire familier employé par
les domestiques les moins instruits (Antonio dans le Mariage de Figaro
de Beaumarchais) à côté d'un langage soutenu utilisé par des personnes cultivées.
Le comique apparaît grâce aux gestes, au caractère des personnages ou à
la situation dans laquelle ils se trouvent. Nous allons tenter de prouver
en quoi, à chacun de ces niveaux, il est indispensable que le spectateur
prenne lui aussi ses distances.
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Bien
pour la définition |
Commençons par la pièce de théâtre de Beaumarchais
précédemment citée. Comme il se doit dans la comédie, les personnages sont
des gens de la vie ordinaire : un couple de nobles et leurs domestiques
plus (Figaro, Suzanne) ou moins (Antonio) instruits. Il serait donc assez
facile pour le spectateur de s'identifier à certains d'entre-eux si l'auteur
ne prenait pas la précaution d'établir un décalage entre les deux camps.
Ce décalage qui provoque le rire apparaît tout précisément sur le plan de
l'intrigue à l'acte II. Le spectateur, qui lui connaît tout de l'histoire,
ne peut plus s'identifier à aucun des personnages et son rire surgit lorsqu'il
prend conscience de l'écart entre ce que sait la Comte Almaviva et ce que
sait Figaro. De plus, les langages utilisés par Figaro et par le Comte d'une
part, et celui employé par Antonio d'autre part, sont très différents. La
spécificité de chacun de ces niveaux de langue fait qu'aucun ne pourrait
être celui du spectateur et le recul linguistique ainsi créé donne à la
scène tout son effet comique.
Le langage pseudo-juridique du juge, un peu plus loin dans la pièce, et
celui de son huissier en est une autre illustration. Tout au plus pourrions-nous
nous identifier, sur le plan du langage à Figaro, par la bouche duquel l'auteur
exprime lui-même ses opinions sur l'ordre social si, pour éviter ceci, Beaumarchais
n'avait pas pris soin de nous placer à un niveau supérieur de connaissance
des éléments qui rendent la situation de Figaro ridicule. En effet, un peu
plus tard, celui-ci croit que Suzanne lui est infidèle alors que son " rendez-vous
" avec le Comte n'est qu'un maillon du complot ourdi par celle-ci et la
Comtesse. Cette fois-ci nous rions de la crédulité de Figaro au-dessus de
laquelle nous nous élevons. Les nombreux quiproquos et imbroglios créent
une certaine impression de désordre dont le spectateur lucide apprécie l'effet
comique dû au décalage entre la confusion de la scène et la clarté de son
esprit.
Prenons en second exemple Les Fourberies de Scapin de Molière à l'acte
III. Scapin, un domestique, veut se venger de son maître, le bourgeois Géronte.
Pour satisfaire ce désir, il utilise un stratagème où il va se dédoubler
en deux personnes : le bon valet qui protège son maître et un reître allemand
qui veut battre Géronte. Grâce à un dédoublement vocal, Scapin parvient
à donner des coups de bâton sur le sac dans lequel est placé son maître
en lui faisant croire qu'il tente de le protéger malgré les assauts du soudard.
Cette provoque le rire chez le spectateur qui, bien entendu, ne s'identifie
ni à Géronte trop ridicule, ni à Scapin, trop fourbe. De fait, le spectateur
est ainsi persuadé que méchanceté et fourberie sont ainsi des défaut dont
il n'est pas atteint ; ce qui lui permet de les condamner allègrement.
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oui
juste
oui
mal introduit
oui
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Nous avons donc montré que le comique naît quand
le spectateur ne se sent plus en jeu, mais est-ce qu'il n'existe qu'à ce
moment ? Est-ce que le comique est incompatible avec l'identification aux
personnages ? En effet, il se peut qu'il y ait rire dans des situations
amusantes qui pour autant ne ridiculisent pas le personnage impliqué, ce
qui n'empêche plus le spectateur de s'identifier à celui-ci. On peut citer
en exemple, calembours et mots d'esprit (" On jette toutes sortes de choses
par les fenêtres, et tout à l'heure encore, on vient d'en jeter un homme.
" Beaumarchais, Le Mariage de Figaro) et certains jeux de scène (comme
lorsque Chérubin saute par une fenêtre et tombe dans les fleurs). D'ailleurs
le dramaturge souhaite-t-il toujours un détachement complet du spectateur
vis à vis du personnage ? Ne cherche-t-il pas parfois à ce que le spectateur
s'allie à lui-même et à certains personnages qui sont ses porte-parole dans
une action de critique, de satire et de combat ? Ainsi, malgré leurs tromperies
et leurs fourberies, Figaro et Scapin, plus sympathiques que leurs maîtres
nous comptent immédiatement parmi les leurs dans leur lutte contre les coutumes
et les vices de leurs congénères ou même de toute une couche sociale. L'effet
comique n'a plus alors pour but que d'alléger la gravité de la satire, car
qui sait si parmi les spectateurs ne se trouveraient pas certaines personnes
affligées des mêmes défauts ou issus de la même classe sociale incriminée
? Quel auteur en effet n'aspire pas à être apprécié universellement ?
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maladroit
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Donc, même s'il existe quelques
effets comiques indépendants de la prise de position du spectateur par rapport
au personnage, nous pouvons affirmer comme ce critique contemporain du théâtre
que le comique naît " dès que je ne me sens plus en jeu, dès que je renie
toute ressemblance avec le personnage ". Et il s'agit d'une rupture absolument
indispensable si le dramaturge souhaite que le spectateur prenne part à
la critique de ses propres défauts de caractères ou de ceux de sa propre
classe sociale sans se sentir lui-même mis en accusation ou blessé dans
son amour-propre. Il peut aussi de cette façon prendre conscience de l'aspect
dérisoire de normes qui lui tenaient jusqu'ici à cœur et chercher à les
modifier. Cinq ans après la première du Mariage de Figaro, la Révolution
donnait le coup de grâce à l'Ancien Régime.
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oui
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