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Le fait urbain dans le monde
Impression facile
1 Causes et conséquences de l'explosion urbaine
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1.1 Un nouveau phénomène
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Historiquement, la ville était le rassemblement en un même lieu de
personnes pratiquant différentes professions non liées à l'exploitation
de la terre. La ville assurait des fonctions politiques (siège
des gouvernements, administrations et justices), religieuses (siège des
dignitaires religieux), commerciales (lieux d'échanges).
Depuis 1800, la population de la Terre a quadruplé. Or le nombre des citadins
a été multiplié par 25. Il y a dans le monde 250 agglomérations de plus
d'un million d'habitants. Un homme sur deux habite dans une ville. L'accélération
de l'urbanisation est due, dans les pays du Nord, à la Révolution industrielle.
La ville s'accroît en superficie par la création de banlieues. D'immenses
régions sont urbanisées en grandes agglomérations comportant plusieurs
centres et s'étendant sur des distances immenses. L'agriculture y a disparu
totalement.
Les agglomérations urbaines se répartissent très inégalement autour du
globe. Généralement elle correspondent aux grands foyers de peuplement
traditionnels. Les villes géantes constituent un phénomène fondamental
dans les sociétés des pays du Sud où se trouvent les ¾ des agglomérations
de plus de 10 millions d'habitants.
- Urbanisation : processus de croissance du nombre de citadins.
- Taux d'urbanisation : part de la population habitant en ville.
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1.2 Les causes et les conséquences de l'urbanisation
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L'urbanisation est due premièrement à l'accroissement naturel car
la transition démographique y est plus précoce et parce que la population
y est plus jeune que dans le monde rural. Ensuite, l'exode rural fait
connaître à la ville un essor considérable car la pression démographique
accentue le manque de terres et pousse les paysans vers les villes où
ils espèrent trouver du travail. Enfin, l'extension des villes provoque
l'absorption des espaces ruraux alentours. Ceci entraîne l'extension d'un
mode de vie urbain à d'entières régions autrefois rurales.
En regroupant les hommes sur des espaces restreints, l'urbanisation pose
de redoutables problèmes. 80 % des hommes vivent sur 5 % de la surface
de la Terre. Les centres-villes aux hauts immeubles sont de plus en
plus entourés d'immenses banlieues pavillonnaires. L'extension des villes
devient démesurée en hauteur et en espace. Les réseaux de communication
sont très vite saturés car les infrastructures ne peuvent pas suivre la
croissance urbaine dans les pays les plus pauvres. La pression sur l'environnement
(alimentation en eau) est très importante aussi bien au Nord (Californie,
Arizona) qu'au Sud (Egypte). La pollution (par les ordures ménagères,
par les émissions de gaz…) est un défi majeur des grandes métropoles.
De plus, la ville, où l'éclatement des solidarités sociales va de pair
avec l'individualisme, concentre chômage, misère aussi grande que dans
le monde rural, et délinquance. Il y a création de ghettos. Cependant
la ville est aussi le lieu de l'innovation et du développement culturel
et social et représente un mieux par rapport au monde rural souvent très
en retard dans les économies encore peu développées.
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1.3 Les villes organisent les territoires
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La ville est traditionnellement le centre de décision. Elle est aussi un
espace de production car la Révolution industrielle a favorisé son essor
et de services car elle concentre le savoir. La ville est un centre d'échanges
car tout y converge : les marchandises et les migrations.
La ville utilise l'espace rural périphérique pour y étendre ses zones commerciales,
industrielles, ses technopôles et quelques infrastructures de services
consommatrices d'espace (aéroports). Un véritable front urbain se développe
suscitant une transformation des espaces agricoles alentours. Le mode
de vie des citadins (centres commerciaux, salles de spectacle, adduction
d'eau, éclairage public, réseau de tout-à-l'égout...) y est introduit
: c'est la périurbanisation.
Les villes adoptent aussi une hiérarchisation entre elles. La taille
et les services offerts sont les critères les plus importants car ils
déterminent l'attractivité des villes. Des liens de complémentarité et
d'interdépendance se créent entre les différentes villes. La ville de
niveau supérieur fournit des services grâce à son infrastructure administrative,
financière, commerciale et culturelle. La ville de niveau inférieur fournit
main-d'œuvre et consommateurs. (Exemple dans la région Rhône-Alpes : pôle
dominant : Lyon ; pôles relais de deuxième niveau : Grenoble et St Etienne
; pôles de troisième niveau : les préfectures de Annecy, Chambéry, Bourg-en-Bresse,
Valence). Les grandes métropoles concentrent en plus un pouvoir de décision
à des échelles diverses : régionale, nationale, mondiale. (Exemple de
Lyon : niveau mondial : siège d'Interpol ; niveau national : traitement
des grands brûlés par l'hôpital Herriot ; niveau régional : siège d'académie).
Le poids humain, économique et culturel des métropoles les hiérarchisent
entre elles dans les différents domaines.
Le réseau urbain est constitué par cet ensemble de villes et sa qualité
(relations, maillage, poids des unités, homogénéité) est l'indicateur
de la réussite politique d'un Etat. Les réseaux urbains équilibrés sont
rares. L'Allemagne possède un réseau multipolaire où chaque agglomération
possède un poids décisionnel certain (Munich, Stuttgart, Francfort, Berlin,
Dresde, Cologne, Düsseldorf, Essen, Brème, Hambourg). En Grèce, au contraire,
il n'y a que deux centres importants, Athènes, et loin derrière, Thessalonique.
En France, Etat hypercentralisé par excellence, Paris est sept fois
plus importante que la seconde ville (Lyon). C'est pourquoi l'Etat a
créé la DATAR (Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action
Régionale) chargée de rééquilibrer le territoire et de faire contrepoids
à Paris. Ainsi, en 1964, sont créées huit métropoles d'équilibre : Lilles,
Metz-Nancy, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes
; et, en 1982, la réforme régionale permet à 22 villes de devenir réellement
les centres de décision de leur région.
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1.4 Le cas des pays en développement
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Dans les pays en développement, les réseaux urbains sont souvent déséquilibrés
et mal hiérarchisés avec une ville macrocéphale qui concentre tous les
pouvoirs.
L'Amérique latine a la caractéristique de posséder d'immenses villes mais
mal réparties. En général, chaque pays a une grande ville qui sert de
capitale et aucun réseau urbain à côté. Pourtant la population est fortement
urbanisée (70 %). Au Venezuela, Caracas, la capitale, est la seule ville
du pays. Le Mexique montre un écart considérable entre Mexico et les deux
autres grandes villes, Guadalajara et Monterrey.
En Afrique, la population est encore très faiblement urbanisée (15 à 50 %)
mais il y a déjà de très grandes agglomérations (Le Caire en Egypte, Lagos
au Nigeria, Abidjan en Côte d'Ivoire…). Il n'y a cependant pas encore
de réseau urbain véritable.
L'urbanisation asiatique :
- L'Inde a un modèle d'équilibre entre les grandes villes : Bombay,
Madras, Calcutta, Dehli, Bangalore, Jaipur…
- En Chine, le nombre des grandes villes est très important du fait
de la taille de la population. Mais elles sont toutes concentrées dans
un tiers Est du pays.
- En Thaïlande, une grande ville (Bangkok) représente 10 % de la
population du pays et présente de gros problèmes d'engorgement.
- En Indonésie, seule l'île de Java est très peuplée et très urbanisée
avec de très grands centres (Djakarta, Bandoeng, Surabaya, Semarang…)
qui posent d'énormes problèmes de salubrité. Le reste du pays est profondément
rural.
- Singapour, la cité-Etat est un vrai modèle de développement réussi
avec une grande ville qui reste agréable à vivre.
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2 Les plus grandes métropoles mondiales
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2.1 Un phénomène tout aussi récent que l'urbanisation
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Aujourd'hui 250 villes dépassent le million d'habitants. Le développement
de ces immenses centres urbains réunit les agglomérations en conurbations.
La plupart des métropoles mondiales, étant situées sur les carrefours
de communication et d'échange, centralisent les flux et concentrent les
capitaux et les investissements, ce qui leur permet de se développer.
Les grandes métropoles concentrent la puissance et le savoir. Elles sont
les centres décisionnels des Etats et du monde avec les gouvernements,
les institutions internationales et les sièges des plus grandes entreprises.
Leur pouvoir est donc autant politique qu'économique (avec les banques,
les bourses, les assurances). Elles dominent la vie culturelle car elles
sont riches et peuvent attirer les artistes et les spectateurs. Les meilleurs
établissements d'enseignement s'y concentrent ainsi que les centres de
recherche. Les media y sont installés. Riches, elles attirent aussi le
tourisme.
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2.2 Les réseaux de taille mondiale
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Les plus grandes conurbations sont connues sous le nom de mégalopoles et
sont les centres du monde développé, la Triade : la mégalopole américaine
de Boston à Washington, la banane bleue de Birmingham à Milan - par le
Benelux, la vallée du Rhin et le plateau suisse -, et la mégalopole Japonaise
de Tokyo à Fukuoka. Celles-ci ont eu un développement précoce et sont
relativement bien équilibrées avec des pôles principaux (New York, Londres,
Tokyo) mais aussi des pôles secondaires (Baltimore, Turin, Hiroshima)
et parfois des pôles extérieurs (Paris, Berlin).
Dans les pays en développement, le phénomène de mégalopole est moins réussi.
À part au Brésil et en Inde, il s'agit en fait plutôt de mégapole où une
immense conurbation rassemble un fort pourcentage de la population du
pays sans qu'il y ait de pôles secondaires ni de véritables réseaux (Lagos,
Caracas, Karachi, Le Caire…).
Cependant des échanges se développent de plus en plus entre ces pôles du Sud
et du Nord. L'interdépendance et les rivalités sont parallèles au sein
d'un espace mondial fondé sur un modèle d'organisation centre-périphérie.
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2.3 Les contrastes Nord-Sud
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Dans les pays développés, l'urbanisation est très ralentie : la ville
peut donc assez facilement gérer ses évolutions. Les pays industriels
possèdent une trame urbaine dense et hiérarchisée. Leur organisation est
standardisée, ce qui permet de gérer la répartition des activités ainsi
que la constitution des équipements.
Dans les pays du Sud, en revanche, les villes affrontent une croissance
très rapide. Les bidonvilles construits illégalement voient le jour
autour des centres-villes. Les situations des réseaux de villes restent
contrastés avec des pays qui possèdent un réseau homogène et équilibré
et des pays qui n'ont que quelques mégapoles. En Amérique latine, une
capitale macrocéphale est bien souvent la seule grande agglomération du
pays (cf. Mexico). En Asie, le développement des villes est globalement
meilleur et son équilibrage l'est également (cf. Chine et Inde). En Afrique,
le développement des villes est totalement anarchique.
À la fin du XX-ème siècle, les plus grandes métropoles sont essentiellement
dans le Sud.
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2.4 Les plus grandes métropoles mondiales
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Les plus grandes agglomérations en 2000
- Tokyo : 30 millions
- Mexico : 24 millions
- Sao Paulo : 23 millions
- New York : 23 millions
- Shanghai : 23 millions
- Pékin : 20 millions
- Séoul : 20 millions
- Rio de Janeiro : 19 millions
- Calcutta : 18 millions
- Bombay : 17 millions
- Djakarta : 17 millions …
(il existe par ailleurs d'autres statistiques et d'autres classements)
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