|
|
<< Retour |
Le général de Gaulle de 1944 à 1969 (14/20)
Devoir de l’élève
IntroductionLe 10 mai 1940, la France avait connu l’effondrement le plus spectaculaire de son Histoire, payé par quatre ans d’une rude Occupation. En juin 1940, la IIIème République s’était démise, cédant sa place au gouvernement de Vichy. Fer de lance de la Résistance française à partir de son appel vibrant à la Résistance le 18 juin 1940, le Général De Gaulle est reconnu comme chef incontesté de toute la Résistance réunie dans le Conseil National de la Résistance en 1943. Le 8 mai 1945, après la Libération, De Gaulle saura imposer la France dans le camp des vainqueurs en participant à la signature de l’Armistice. Pourtant, la France libérée est en ruines. Quel va être le rôle politique de celui qui a participé activement à sa Libération dans les années à venir ? C’est ce que nous examinerons en distinguant trois périodes : de 1944 à 1958, de 1958 à 1962 et de 1962 à 1969. |
Armistice: impropre (capitulation). |
L’action politique de De Gaulle de 1944 à 1958La France libérée est en ruines: ruines matérielles d’abord, mais aussi ruines morales et politiques. Le Régime de Vichy s’est littéralement évanoui et il ne peut être question d’élections immédiates étant donné que tout le territoire n’est pas encore libéré et que les communications sont très difficiles. Le 5 septembre 1944, le Général De Gaulle met en place un nouveau Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF). En le composant, il a le souci de mêler des hommes issus de la Résistance comme Georges Bidault et d’autres issus de milieux parlementaires comme Jules Jeanneney, et fait entrer, pour la première fois dans l’Histoire de France, les communistes dans son gouvernement. Il met en oeuvre les réformes envisagées par le CNR pour chasser "les grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie" et instaurer une véritable démocratie. Les plus grandes banques, les usines Renault, les mines de charbon, les entreprises de gaz et d’électricité sont nationalisées. La Sécurité Sociale est instituée et les Allocations Familiales étendues. Le droit de vote est accordé aux femmes. La France se reconstruit en se modernisant et en se démocratisant. La France assiste à un effacement logique de la Résistance: pour beaucoup, l’objectif était de libérer le territoire et non de s’engager dans l’action politique. Cet effacement, conjugué à l’intégration des Communistes dans le jeu démocratique permet d’envisager l’élaboration de nouvelles institutions. Le Général de Gaulle décide alors de consulter les Français par référendum: le 21 octobre 1945, les Français s’expriment en faveur d’une Assemblée Constituante, ce qui signifie le refus d’un retour à la IIIème République. Trois partis se partagent les votes des Français lors de l’élection de la nouvelle assemblée: les Communistes qui deviennent le premier parti de France, le MRP et les Socialistes. Désigné comme chef de gouvernement le 21 novembre 1945, De Gaulle juge cependant qu’il ne pourra pas imposer ses vues aux partis qu’il accuse de briser l’union nationale. De leur côté, ces partis le trouvent bien trop tranchant et obstiné. Le 20 janvier 1946, de Gaulle démissionne. En avril 1947, il organise le "Rassemblement du Peuple Français", le RPF sera un échec. Commence alors la "traversée du Désert": De Gaulle se retire dans sa propriété de Colombey-les-Deux-Églises pour y écrire ses Mémoires de Guerre qu’il considère comme son testament politique. |
Déjà à Alger.
|
L’établissement de la nouvelle République (1958 - 1962)La République agonise: l’enlisement en Algérie s’ajoutant à la perte de l’Indochine en 1954 et à la crise de Suez de 1956, fait que l’armée se sent "trahie par l’arrière", opinion que partagent les Pieds Noirs. Dans cette atmosphère de crise politique, les fidèles du Général se mobilisent à Paris et à Alger. Pour eux, De Gaulle est le seul recours. Le 13 mai 1958, les Algérois applaudissent le Général Massu, l’homme de la Bataille d’Alger, qui leur annonce la formation d’un comité de salut public réclamant à Paris le retour de De Gaulle à la tête du pays. Le 15 mai, De Gaulle se déclare "prêt à assumer les pouvoirs de la République". Le 29 mai, le Président René Coty lui demande de former un gouvernement. Le 1er juin, De Gaulle demande l’investiture à l’Assemblée Nationale ainsi que les pleins pouvoirs pour six mois afin de réformer la Constitution. Il est investi par 329 voix contre 224. La nouvelle Constitution est présentée le 4 septembre 1958, Place de la République (date et lieu symboliques - c’est l’anniversaire de la fondation de la IIIème République) par De Gaulle. Elle est très largement approuvée par le référendum du 28 septembre. Les pouvoirs du Président sont accrus: l’article 16 lui donne le droit de prendre toutes les mesures qu’il juge utiles, il peut dissoudre l’Assemblée Nationale. De Gaulle est élu premier Président de la Vème République pour 7 ans par un collège de grands électeurs et nomme comme Premier Ministre Michel Debré. L’attentat du Petit-Clamart contre sa personne en août 1962 convainc De Gaulle que seul un Président élu au suffrage universel comme l’Assemblée pèserait d’un poids suffisant face à elle. Malgré une très forte opposition, la réforme soumise au référendum est approuvée à 62% des suffrages exprimés. Les institutions sont désormais solidement installées et seule la loi du 5 juillet 1974 abaissant l’âge de la majorité civile et électorale à 18 ans les a modifiées. Le Général De Gaulle, porté au pouvoir par les partisans de l’Algérie Française se rend progressivement compte que le maintien d’une seule France "de Dunkerque à Tamanrasset" n’est plus possible. Il désengage donc progressivement, mais douloureusement la France avec d’abord l’autodétermination de septembre 1959, puis l’indépendance par les Accords d’Evian signés en juillet 1962. L’Afrique Noire accède elle aussi à l’indépendance en 1960 sans guerre, mais aussi sans Communauté Française pourtant prévue par la Constitution de 1958. Le retrait colonial français se fait au moment où la croissance économique demande de gros investissements. C’était peut-être la condition nécessaire pour ne pas rater le tournant économique des "Trente Glorieuses". |
|
La République Gaullienne (1962 - 1969)Sous l’impulsion du gouvernement, l’économie française connaît un rythme d’expansion très soutenu. La France devait connaître une des périodes de croissance les plus longues de son histoire économique. Pour le Président, la croissance économique devait être garante du progrès social: en effet, le niveau de vie des Français progresse sensiblement. Mais elle était aussi la condition de sa politique extérieure ambitieuse. En effet, De Gaulle veut rendre à la France son rang dans les affaires internationales. Le premier objet de sa politique extérieure est donc de lutter contre l’hégémonie américaine. Ainsi, la fabrication d’une force de frappe atomique française lui permet de quitter l’organisation militaire de l’OTAN et de faire évacuer les troupes de l’OTAN du territoire national; de même, il refuse l’entrée de l’Angleterre dans l’Europe car il la considère comme le cheval de Troie des Etats-Unis; la politique d’amitié franco-allemande, le rapprochement avec l’Union Soviétique sont autant de contre-poids à l’influence américaine; le soutien aux aspirations nationales au Mexique, au Québec, en Indochine, en Chine, etc. vise à remettre en cause la domination américaine. Mais malgré ses succès, le régime gaulliste rencontre une opposition croissante. En 1965, De Gaulle est mis en ballottage aux élections présidentielles. Au second tour, il est élu avec 54% contre 45,5% pour Mitterrand. Mais c’est surtout la Crise de 1968 qui met en évidence les changements en cours. Successivement crise étudiante, crise sociale et crise politique, mai 68 a profondément ébranlé le gouvernement, même si, lassée du désordre, la majorité silencieuse apporte de nouveau son soutien au Général lors d’une grande manifestation sur les Champs-Élysées le 30 mai. Mais cette victoire n’est qu’un sursis. En avril 1969, le Général quitte définitivement la scène politique sur l’échec du référendum sur la régionalisation, référendum qu’il avait présenté comme un test personnel de la confiance des Français. Il se retire à Colombey-les-Deux-Églises où il meurt le 9 novembre 1970. | |
ConclusionPersonnage emblématique et charismatique, De Gaulle a laissé une empreinte profonde dans la vie politique française. Il a défini une attitude nouvelle pour un chef de l’Etat et a fait une contribution majeure aux institutions qui nous gouvernent encore aujourd’hui. Son ombre plane encore sur la vie politique française et beaucoup s’en réclament toujours, même d’anciens ennemis. Mais comme il le confiait à un de ses amis peu de jours avant sa mort, "ce qui m’importe, c’est l’opinion de l’Histoire. Ce qui m’importe, c’est ce que l’on pensera dans deux générations: ai-je été utile à mon pays ou non?" |
Commentaire du correcteur
Bon travail.' '








ou complétez le formulaire ci-dessus :