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Le métabolisme énergétique (1)
Impression facile
1 Dépenses énergétiques et métabolisme
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1.1 Les dépenses énergétiques
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Nous avons vu dans les chapitres précédents que pour leur activité, par exemple
la synthèse de nouvelles molécules organiques, tous les êtres vivants
ont besoin d'énergie. Celle-ci provient de la dégradation de
substrats organiques. Le phénomène de la respiration étant la principale
source de production énergétique, son étude permet de comprendre les besoins
énergétiques d'un individu. En effet, on peut facilement mesurer une
intensité respiratoire (volume d'oxygène absorbé par unité de masse
et par unité de temps). De là, si on connaît la quantité d'énergie correspondante
à l'absorption d'un litre d'oxygène utilisé pour l'oxydation d'un substrat
donné (ou coefficient thermique de l'oxygène), on calcule directement
la dépense énergétique effective du sujet.
On montre alors que, bien qu'étant continu, le processus de dépense énergétique
a une intensité est variable qui est soumise à plusieurs facteurs :
- A une échelle cellulaire, on observe tout d'abord que la dépense énergétique
est différente selon le type de cellule étudié (on mesure pour
cela les intensités respiratoires pour différents tissus). C'est par
exemple le cas entre cellules chlorophylliennes et cellules animales.
- On constate que l'intensité respiratoire augmente avec l'activité musculaire.
On peut donc relier dépense énergétique et activité musculaire.
- Chez les homéothermes (ou endothermes), nous savons que le corps doit
être maintenu à une température interne constante. Il s'agit bien sûr
d'un phénomène énergétique dont les modalités sont traduites par le
phénomène de la respiration. Ainsi, l'intensité respiratoire augmente
lorsque l'organisme s'éloigne d'une température dite de neutralité thermique,
qui correspondant à la dépense d'énergie minimale. En d'autres termes,
l'organisme dépense de l'énergie pour lutter contre le froid ou la
chaleur.
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1.2 le métabolisme de base
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Si on considère que le métabolisme est l'ensemble des différentes dépenses
énergétiques, on peut alors postuler que ce dernier varie selon les facteurs
énoncés ci-dessus. Il est aisé de définir un métabolisme dit "de base"
en fixant des conditions standard. Celles-ci sont la neutralité thermique,
le repos musculaire (le sujet reste allongé) et le repos digestif (la
dernière ingestion d'aliments date de 12 heures ou plus). On exprime les
dépenses énergétiques irréductibles, notamment le mouvement respiratoire,
le mouvement cardiaque et les opérations de renouvellement des tissus.
En d'autres termes, le métabolisme basal est la dépense énergétique la
plus faible d'un individu en 24 heures. Elle correspond à une activité
minimale et à l'entretien des structures de l'organisme.
Si nous rapportons maintenant cette grandeur à une unité de surface corporelle,
et ce afin de tenir compte de la corpulence du sujet à laquelle sont intimement
liés les échanges thermiques, on arrive au résultat suivant: le métabolisme
de base est indépendant de l'âge du sujet, de son sexe et de son état
de santé. Mieux, les valeurs inter-espèces sont très voisines.
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2 Energie et ATP
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Deux grands types de réactions chimiques :
Le métabolisme s'exprime, au niveau cellulaire, par un ensemble de réactions
chimiques. On peut classer celles-ci en deux familles distinctes:
- Les réactions dites exergoniques (ou exoénergétiques) sont
spontanées et libèrent de l'énergie ['-ergon-' : énergie, 'ex-'
: vers l'extérieur].
- Les réactions dites endergoniques (ou endoénergétiques) nécessitent
obligatoirement un apport d'énergie pour se dérouler ['endo-'
: vers l'intérieur].
La présence de ces deux types de réactions dans la cellule permet un fait
essentiel : les réactions exergoniques peuvent fournir l'énergie nécessaire
à la réalisation des réactions endergoniques.
Les conditions suffisantes pour qu'un tel processus existe sont simples:
la quantité d'énergie libérée doit être au moins égale à celle
consommée et il doit exister entre les deux réactions un intermédiaire
commun, qui capte l'énergie de la réaction exoénergétique et la redonne
au moment voulu pour que la réaction endoénergétique puisse avoir lieu.
Cet intermédiaire entre réactions exoénergétiques et endoénergétiques,
c'est l'adénosine triphosphate ou ATP.
L'ATP est un ribonucléotide, composée d'une base azotée (l'adénine),
d'un sucre (le ribose) et de trois groupements phosphate enchaînés. une
enzyme spécifique détache un groupement phosphate terminal de la molécule
d'ATP ; or cette liaison phosphate est très riche en énergie (30 kJ
/ mol), et cette énergie peut être exploitée pour une réaction endoénergétique.
La réaction
est la suivante : 
(un signe - devant une énergie signifie qu'elle est libérée lors de
la réaction ; au contraire un signe + indique que l'énergie doit être
apportée pour que la réaction se fasse)
L'ADP (adénosine
diphosphate) et le phosphate inorganique (Pi) peuvent redonner de
l'ATP grâce à une enzyme spécifique (l'ATP-synthétase) : .
Cette synthèse d'ATP est réalisée grâce aux dégradations des métabolites
pendant la respiration ou pendant les fermentations ; en effet ces réactions
libèrent l'énergie nécessaire à la reformation de l'ATP depuis l'ADP et
le Pi.
Notons que l'énergie en excès est libérée sous forme de chaleur, qui
ne peut être utilisée comme intermédiaire énergétique dans la cellule:
ce sont des pertes.
Ainsi, la molécule d'ATP n'est pas une source d'énergie mais un intermédiaire
énergétique entre les différentes réactions chimiques au sein de la
cellule. Le fait qu'elle soit constamment hydrolysée et régénérée explique
qu'elle est toujours présente dans le milieu cellulaire en très petites
quantités.
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3 Notion de voie métabolique
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3.1 Fermentations et respiration
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Les opérations de synthèse des molécules organiques (anabolisme)
et de leur dégradation (catabolisme) sont réalisées par
des chaînes complexes de réactions chimiques. On nomme celles-ci voies
métaboliques.
L'ensemble des réactions d'une voie métabolique peut s'expliquer par un mécanisme
d'oxydoréduction. L'oxydation est une réaction de perte
d'électrons, la réduction est un gain d'électrons (attention
!). Dans une réaction d'oxydoréduction, les électrons perdus pendant
l'oydation sont utilisés pour la réduction : ces réactions s'effectuent
toujours en couple.
On rencontre ainsi dans un premier temps des réactions d'oxydation catalysées
par des enzymes spécifiques: les déshydrogénases. Les électrons ainsi
libérés sont captés (réduction) par des molécules particulières, les transporteurs.
On peut décrire deux voies métaboliques principales :
1. Les fermentations
se déroulent dans le cytosol, et sont le plus souvent anaérobies
: elles se déroulent sans avoir besoin de dioxygène.
Elles comportent un petit nombre de réactions: ce sont des voies métaboliques
courtes. Elles sont donc rapides mais la dégradation du substrat (par
oxydation) reste incomplète. Leurs résidus organiques sont divers (par
exemple : éthanol, ou acide lactique…) et intimement liés à l'équipement
enzymatique de la cellule considérée.
2. La respiration, au contraire, est une voie métabolique longue dont
le siège est dans les mitochondries. Bien que plus lente que les fermentations,
elle aboutit à une oxydation complète du substrat organique en CO2 et
H2O : on dit que ce substrat est minéralisé (en effetle CO2 n'est pas
une molécule organique). Le grand nombre de réactions mises en jeu explique
une plus grande production d'ATP que les fermentations. Enfin, il est
à noter qu'elle nécessite un apport de dioxygène O2.
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3.2 La glycolyse, première étape des fermentations et de la respiration
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La glycolyse consiste en une série de réactions anaérobies se déroulant
dans le cytoplasme. Elle consiste en l'oxydation du glucose qui
donne finalement deux molécules d'acide pyruvique, ainsi que deux
molécules d'ATP et deux molécules de transporteurs réduits.

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3.3 Mécanisme de la fermentation
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Au cours de la fermentation, anaérobie, l'acide pyruvique est dégradé en une
autre molécule organique, telle que l'éthanol (fermentation alcoolique)
ou l'acide lactique (fermentation lactique). Deux nouveaux transporteurs
réduits sont produits, mais il n'y a pas production supplémentaire d'ATP.
Ces réactions sont donc faiblement énergétiques comparées à la respiration.
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3.4 Mécanisme de la respiration
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1). Le cycle de Krebs
Les réactions de respiration faisant suite à la glycolyse se déroulent dans
les mitochondries, petits organites à double membrane dispersés
dans le cytoplasme.
L'acide pyruvique pénètre dans la mitochondrie, où il subit une série de
décarboxylations (= réactions conduisant à la libération de CO2)
et de déshydrogénations. Les six molécules de carbone initialement
présentes dans le glucose se retrouvent finalement dans des molécules
de CO2 : il y a minéralisation du carbone organique.
Le mécanisme est le suivant :
- L'acide pyruvique subit une première décarboxylation / déshydrogénation ;
- Le groupement à deux carbone restant se fixe sur un composé en C4
(= à 4 atomes de carbone)
- Ce corps en C6 formé subit une série de réactions ( 2 décarboxylations et
4 déshydrogénations) à la fin desquelles est régénéré le corps en
C4 initial : c'est le cycle de Krebs.
- Ensuite les transporteurs réduits produits pendant le cycle de Krebs mais
aussi pendant la glycolyse sont réoxydés au niveau de la membrane interne
de la mitochondrie : c'est la chaîne respiratoire.
2). La chaîne respiratoire.
La membrane interne des mitochondries comporte de nombreux replis ou crêtes
mitochondriales, qui sont le siège de la chaîne respiratoire.
Celle-ci provient de la réoxydation des transporteurs réduits : les
électrons libérés sont transportés par divers composés inclus
dans la membrane interne de la mitochondrie. Pendant leur transport,
ils favorisent le passage de protons (= ions H+) depuis la matrice
(intérieur de la mitochondrie) vers l'espace intermembranaire. Il en
résulte un gradient de protons (= une différence de concentration).
Le retour des protons vers la matrice peut libérer de l'énergie (car un gradient
de protons implique l'existence d'une énergie potentielle) : le flux
de protons est canalisé par une molécule particulière qui exploite cette
énergie potentielle pour la synthèse d'ATP.
Ains les électrons parcourent la chaîne respiratoire jusqu'à un accepteur
final : le dioxygène.

Bilan de la respiration :
Au cours de la respiration, la dégradation d'une molécule de glucose en CO2
conduit à la formation de 38 ATP : 2 proviennent de la glycolyse
(voir plus haut) et 36 proviennent de la réoxydation des transporteurs
dans la mitochondrie.
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4 Mots-clés et schéma récapitulatif
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Mots-clés :
- métabolisme, réactions exoénergétiques, endoénergétiques ;
- ATP, ADP ;
- Fermentations, respiration ;
- Glycolyse, cycle de Krebs, chaîne respiratoire.

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