Les hypothèses peuvent être remises en question.
Cette théorie est un plaidoyer pour le libre-échange mais qui suppose :
– des facteurs de production immobiles en contradiction avec les IDE (investissements
directs à l’étranger) aujourd’hui ;
– une situation de concurrence pure et parfaite démentie par les pseudo-monopoles
de nos jours (exemple de Microsoft pour l’accès à Internet) ;
– des rendements constants. Or actuellement la compétitivité est fondée sur
des productions à grande échelle d’où les mouvements de concentration des entreprises.
La réalité des faits dément la théorie.
En effet, la théorie justifie les échanges entre des pays dont les niveaux
de productivité sont différents. Mais la plus grande partie du commerce mondial
est réalisée par des pays de même niveau de productivité. Au contraire, plus
les pays sont proches économiquement, plus les échanges s’intensifient.
Le tiers des échanges mondiaux sont intra-firmes au sein des multinationales.
Là, les avantages comparatifs ne comptent pas puisque ces échanges échappent
souvent aux règles du marché.
Ricardo a pris un exemple de commerce inter-branches mais les échanges entre
pays développés portent sur des produits similaires (intra-branches).
Dans la réalité, il n’est pas évident que tous les pays participant à l’échange
soient gagnants. Pour certains, échanger signifiera sacrifier des industries
fragiles et non encore compétitives qui ne pourront jamais se développer.