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Leibniz : Les principes de la raison
Impression facile
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Comme Descartes, Leibniz veut établir les principes de la science, mais
il se défie de l’intuition.
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1. La vérité par le calcul
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A. Critique de Descartes
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Les préceptes cartésiens sont
bons, mais vagues: ils ne nous donnent pas de critères sûrs pour reconnaître
la clarté et la distinction d’une idée. Ils en laissent l’appréciation à la
conscience. C’est dangereux car souvent les hommes trouvent évident ce qui est
obscur.
Il nous faut donc des critères objectifs, contrôlables: on n’acceptera comme vrai que ce qui est défini
et démontré selon les règles formelles de la logique, qui empêchent l’intuition
de divaguer. Une clarté apparente ne suffit pas: il faut trouver les notions
simples composant les notions complexes, et vérifier qu’il n’y a pas entre elles
une contradiction qui rendrait absurde la notion complexe.
D’où les définitions suivantes: une idée est claire quand elle suffit
pour reconnaître la chose (ainsi l’idée du rouge), distincte quand nous pouvons
en analyser les éléments constitutifs et la rendre intelligible par le discours
(l’idée de rouge est claire mais non distincte, car il est impossible d’expliquer
ce qu’est le rouge: il faut le voir).
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B. Une «caractéristique universelle»
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Pour limiter le recours à l’intuition, Leibniz imagine un langage, imité
des mathématiques, qui serait un instrument pour la pensée. Il s’agit de répertorier toutes les idées les plus simples,
chacune étant symbolisée par un signe arbitraire, et d’en constituer une sorte
d’alphabet.
Il suffirait ensuite de les combiner
pour obtenir des idées plus complexes. Par exemple, la combinaison des
idées de nombre (n) et de partie (â)
donnerait l’idée complexe de «nombre des parties», c'est-à-dire de quantité
(= n.â), etc.
L’intérêt est de réduire la pensée
à un calcul infaillible, toujours facile, même s’il manie des idées de
moins en moins évidentes. Seule compte la clarté des règles d’association. Ainsi
peut-on être certain de la vérité d’un résultat scientifique, du fait de la
rigueur des opérations qui nous y ont conduits, sans qu’il soit pour autant
très «intuitif» (pensez à la théorie de la relativité!). Se limiter à l’évidence
intuitive, c’est empêcher le progrès de la connaissance.
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2. Les vérités
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Il
y a deux sortes de vérités*:
les vérités de raison, qui se
démontrent, et les vérités de
fait, qui se constatent.
Les
premières sont nécessaires – autrement dit: leur négation est impossible,
parce que directement contradictoire avec des vérités simples (aussi indéniables
que A = A) dont elles se déduisent (ainsi, nier que 2 + 2 = 4 est contradictoire
avec les fondements évidents de l’arithmétique).
L’ensemble des vérités logiques et
mathématiques n’a donc besoin pour être démontré que du principe de toutes les
vérités simples: A = A – principe d’identité, ou de non-contradiction.
Les
vérités de fait sont contingentes: leur contraire est possible, on peut les
nier sans contredire un grand principe (je suis assis, mais il n’y aurait
rien de contradictoire à ce que je sois debout). Cela signifie que le réel,
l’ensemble des vérités de fait, a quelque chose de plus que la simple non-contradiction.
Le principe d’identité ne suffit pas à rendre compte de l’existence des choses.
Tout ce qui est possible n’est pas pour autant réel; il faut une détermination
supplémentaire.
Tout
fait réel doit en effet avoir une raison suffisante; mais pour la connaître
– tout étant lié dans l’univers –, il faudrait connaître la raison de tous les
autres faits, en nombre infini. Seule l’intelligence infinie de Dieu a cette
connaissance, puisque c’est Lui qui crée toutes choses. Mais Lui-même n’a pas
choisi entre les possibles sous la contrainte de la logique: ce sont des raisons
morales, et non la nécessité du principe de contradiction, qui ont guidé son
choix entre tous les possibles.
n La règle du choix est le «principe du meilleur»:
Dieu a choisi la combinaison de possibles ayant le maximum de perfection.
Les faits restent donc contingents pour Dieu lui-même – leur raison suffisante
ne leur donne qu’une nécessité morale, et non logique.
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