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Les agents et leurs relations, le circuit économique
Impression facile
Introduction
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Un " agent économique " est un individu ou un groupe d'individus
constituant un centre de décision économique indépendant. L'analyse économique
a donc rassemblé tous ces centres de décisions indépendants en catégories
dont les trois plus importantes sont : les entreprises, les ménages et l'Etat.
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1 L'entreprise : une unité complexe au centre des débats contemporains
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1.1 La notion d'entreprise recouvre une grande diversité de situations
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Une entreprise
peut se définir comme une unité de production qui acquiert sur les marchés
des facteurs de production qu'elle combine en vue de produire un bien
ou d'offrir un service. Elle se distingue d'une part d'une administration
qui produit des services non marchands et d'autre part d'une association
qui est à but non lucratif. Néanmoins cette définition ne doit pas faire
oublier qu'il existe plusieurs types d'entreprises, différentes à la fois
d'un point de vue économique, juridiques et organisationnel :
- Les entreprises
diffèrent selon la nature publique ou privée de leurs capitaux. Lorsque
le capital d'une entreprise est détenu majoritairement par l'Etat, on
parle d'entreprise publique. A l'inverse, les capitaux d'une entreprise
peuvent être entièrement privés. Enfin il existe des entreprises mixtes.
Le statut public ou privé d'une entreprise n'est pas non plus intangible,
il peut évoluer au cours du temps suite à une opération de nationalisation
ou de privatisation.
- Les entreprises
individuelles diffèrent des sociétés. Dans le cas d'une entreprise individuelle,
une même personne assure la direction de l'entreprise, l'apport de capitaux
et l'activité productive. Dans le cas d'une société, le capital est
réparti entre plusieurs individus (SARL, SA).
- Les entreprises
diffèrent selon leur taille, laquelle est mesurée par le chiffre d'affaire
ou les effectifs salariés. Dans ce dernier cas, on peut distinguer trois
types d'entreprises :
les
petites entreprises qui emploient moins de 10 salariés ;
les
petites et moyennes entreprises (PME) comprenant entre 10 et 500 salariés
;
les
grandes entreprises, dont les effectifs sont supérieurs à 500 salariés.
Au sein de celles-ci, il y a souvent séparation entre la propriété
de la firme et sa gestion au quotidien, qui est confiée à une technostructure
(" l'intelligence organisée de la firme " selon Galbraith) : les propriétaires
ne sont pas toujours les gestionnaires.
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1.2 Les logiques de concentration
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La concentration
des entreprises est le processus au cours duquel la taille des unités
de production s'accroît et le poids relatif des unités les plus importantes
s'accentue, pour tendre à une plus grande efficacité, et/ou une plus grande
rentabilité et/ou une extension du pouvoir sur le marché. La concentration
peut engendrer une position dominante et éventuellement des situations
d'oligopole voir de monopole. La logique de la concentration est financière
lorsqu'il s'agit de réunir dans un même groupe des activités sans rapports
techniques les unes avec les autres. Certains groupes sont ainsi diversifiés
dans un secteur (BSN dans le secteur agro-alimentaire), d'autres sur plusieurs
secteurs (Bouygues associe le secteur du bâtiment-travaux et les médias),
d'autres enfin sont de véritables conglomérats (les conglomérats coréens
par exemple à l'image de Daewoo). Il existe ainsi trois types de concentrations
:
- Horizontale
qui regroupe des activités situées au même niveau de production (par
exemple le regroupement de constructeurs automobiles) ;
- Verticale
qui rassemble des entreprises complémentaires participant aux différents
stades de production d'un produit (exemple : extraction, raffinage,
transport, commercialisation et transformation du pétrole) ;
- Par diversification
(ou conglomérale) lorsqu'elle correspond à un regroupement d'entreprises
sans liens techniques directs entre elles
Elle s'opère
par croissance interne ou externe. Enfin la concentration peut avoir des
effets néfastes en termes de diffusions de l'innovation, de pouvoir de
marché et de pouvoir économique et financier. D'où un contrôle
de l'Etat sur les opérations de concentrations.
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1.3 Pour produire des biens et services, les entreprises utilisent des facteurs et procèdent à des investissements
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Les entreprises
combinent des facteurs de production, respectivement le travail et le
capital, pour obtenir un certain niveau de production. Le rapport entre
la quantité produite et les facteurs utilisés permet de déterminer la
productivité d'une entreprise. L'indicateur le plus fréquemment utilisé
est celui de productivité du travail qui se définit par le rapport entre
un volume de production réalisé (Y) et la quantité de travail employée
(nombres d'heures ouvrées ou effectifs employés). Par exemple : 10
travailleurs produisent 100 voitures, le résultat est de 10 voitures par
travailleur. La productivité du capital mesure le rapport entre le
volume de la production obtenue pendant une période donnée, et le volume
du capital utilisé.
Lorsque
l'entrepreneur achète des biens de production, il réalise une opération
d'investissement. Celle-ci peut revêtir des formes très variées : on distingue
ainsi l'investissement matériel (machines…), de l'investissement immatériel
(recherche et développement, formation des salariés, publicité, brevets,
logiciels…). Les investissement de capacité (accroissement de la capacité
de production) doivent également être distingués des investissement de
productivité.
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2 Les ménages et leurs fonctions
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Un ménage
est constitué par tout individu ou tout groupe d'individus vivant sous
un même toit. Ainsi un célibataire vivant seul est un ménage au même titre
qu'un couple marié par exemple. Le nombre de personnes composant le ménage
importe donc peut, il s'agit ici de s'intéresser à l'unité du centre de
décision. Les principales fonctions économiques des ménages consistent
à fournir des facteurs de production (capital et travail) aux autres agents,
et à utiliser leurs revenus pour la consommation ou l'épargne.
Les ménages
tirent leurs ressources principales de la rémunération des facteurs de
production (notamment les salaires) et de la détention d'un patrimoine.
Ils sont alors confrontés à un premier arbitrage, entre les satisfactions
qu'ils retirent de la libre disposition de leur temps et les satisfactions
qu'ils espèrent obtenir grâce aux revenus du travail. Ils utilisent ensuite
leur revenu pour satisfaire leurs besoins et doivent donc choisir à la
fois entre les différents biens de consommation offerts par les producteurs
(analyse de la structure de la consommation) et le niveau global de leur
consommation (arbitrage entre consommation et épargne).
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2.1 L'offre de travail
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Tout d'abord
une offre de travail ne doit pas être confondue avec une offre d'emploi.
Dans la réalité économique, ce sont les individus qui offrent du travail
et les employeurs qui demandent du travail.
L'arbitrage
entre revenu et loisir : Les ménages répartissent leur temps total disponible
entre le loisir et le travail rémunéré, le loisir représentant ici tout
le temps non alloué au travail rémunéré. On peut donc supposer que l'offre
de travail des ménages est une fonction croissante de la rémunération,
c'est à dire que plus le salaire qui m'est proposé est important, plus
facilement j'accepte de travailler.
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2.2 La structure de la consommation
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La consommation
consiste en l'utilisation immédiate de ressources qui disparaissent durant
le processus de production. Par opposition l'investissement consiste à
mettre en réserve des ressources en vue d'une utilisation future. Il existe
deux types de consommations :
- la consommation
finale qui représente la " valeur des biens et services utilisés pour
la satisfaction directe des besoins humains, individuels ou collectifs
".
- la consommation
intermédiaire qui représente la " valeur des biens et services consommés
au cours du processus de production ". Exemple : le bois et les clous
qui sont des biens intermédiaires utilisés dans la fabrication d'un
meuble.
Les individus
consomment en vue d'obtenir une satisfaction maximum, mais ils sont contraints
par leurs revenus et par le prix des biens, et ne peuvent donc pas demander
n'importe quelle quantité des différents biens. La contrainte budgétaire
oblige donc les ménages à comparer les prix des biens substituables. La
demande d'un bien est donc une fonction décroissante de son prix.
La structure
de la consommation dépend également du revenu dont dispose le ménage comme
l'a souligné le statisticien allemand Engel qui montre que plus le revenu
est élevé, plus faible est la proportion des dépenses consacrées à la
nourriture. En revanche, la proportion des dépenses consacrée aux vêtements
reste la même, et celle consacrée à la santé, à la culture et au transport
augmente. Cette loi est appelée loi d'Engel.
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3.2 Les ménages sont aussi des épargnants
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L'épargne
des ménages est une composante essentielle de l'épargne nationale et comprend
trois éléments :
- L'épargne
destinée à être investie dans l'achat de biens immobiliers.
- L'épargne
des entrepreneurs individuels : ces derniers épargnent pour pouvoir
procéder à des investissements productifs.
- L'épargne
financière des ménages, correspondant à ce que la comptabilité nationale
dénomme la capacité de financement des ménages. Cette épargne financière
peut elle-même être placée en actifs financiers ou bien être détenue
sous la forme de liquidités.
Les déterminants
de la consommation et de l'épargne sont multiples et controversés. Selon
les économistes classiques, la propension à épargner, c'est à dire la
part du revenu destiné à l'épargne serait une fonction croissante du taux
d'intérêt : un fort taux d'intérêt, c'est à dire une forte rémunération
de l'épargne, incite à diminuer sa consommation présente pour accroître
son épargne, selon un effet de substitution. Keynes a renouvelé le débat
dans l'entre-deux-guerres dans la Théorie générale de l'emploi, de
l'intérêt et de la monnaie en affirmant que le niveau de la consommation
et de l'épargne est déterminé par le revenu courant. Ainsi, selon Keynes,
les hommes tendent à accroître leur consommation à mesure que le revenu
croît, mais non d'une quantité aussi grande que l'accroissement du revenu
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3 L'action de l'Etat
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L'Etat
qui peut être défini comme l'institution détenant le " monopole de la contrainte
physique légitime " (Weber) est née à l'époque moderne et a longtemps vu
son action limitée au niveau économique. Avec le XXeme siècle on passe d'une
logique d'Etat minimal (qui prévalait au XIXeme siècle) à une logique d'Etat
providence, ce qui s'est traduit par un élargissement de ses prérogatives
dans le domaine économique et social.
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3.1 Trois fonctions de l'Etat peuvent être distinguées, qui ont évolué au cours du temps.
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C'est
à Musgrave, en 1959, que l'on doit une typologie des fonctions de l'Etat
:
- La fonction
d'affectation des ressources : l'Etat effectue des dépenses pour entretenir
son administration et pour financer les biens collectifs, tels que l'armée
ou les infrastructures routières.
- La fonction
de redistribution : l'Etat aspire à l'égalité d'accès des citoyens à
certaines richesses matérielles. L'Etat introduit donc un principe de
justice redistributive.
- La fonction
de régulation : l'Etat a pour mission de réguler l'activité économique,
en relançant l'activité dans les périodes de dépression et en restreignant
les dépenses publiques en période d'expansion. Il s'agit donc d'un principe
de régulation conjoncture
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3.2 L'Etat dispose d'un budget
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Le budget
de l'Etat représente l'ensemble des comptes qui décrivent les ressources
et les charges de l'Etat. Il est déterminé par une " loi de finance "
votée par le parlement et représente aujourd'hui environ 1800 milliards
de francs. Les principales dépenses budgétaires de l'Etat sont l'Education
nationale (17.8 % en 1995), la défense (16.5%), le travail, l'emploi et
la formation professionnelle (6%) et l'équipement, le transport et le
tourisme (5.7%).
Les ressources
publiques proviennent pour l'essentiel des prélèvements obligatoires qui
se décomposent entre les impôts (sur le revenu, sur les sociétés, TVA,
taxe intérieure sur les produits pétroliers, impôt sur les grandes fortunes)
et les cotisations sociales.
Le solde
budgétaire représente la différence entre les ressources et les charges
du budget. Si le solde est positif, le budget est en situation excédentaire
; à l'inverse un déficit budgétaire apparaît lorsque les dépenses sont
supérieures aux recettes. Le déficit budgétaire de la France en 1998 représentait
3% du PIB. Enfin la dette publique représente l'ensemble des emprunts
contractés par l'Etat pour financer les déficit budgétaires (59% du PIB
en 1998).
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3.3 Par sa politique économique, l'Etat peut poursuivre des objectifs très différents et dispose dun large éventail d'instruments
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Les
objectifs de la politique économique sont souvent résumés au travers du
" carré magique " de Kaldor : la politique économique doit chercher à agir
sur le taux d'inflation dans le sens d'une diminution, sur le taux de chômage,
sur le taux de croissance de la production et enfin sur l'équilibre extérieur
(réduction du déficit extérieur et stabilité du taux de change). Néanmoins
la poursuite simultanée de ces objectifs peut apparaître conflictuelle dans
certains cas. Par exemple, une diminution du chômage entraîne une hausse
du taux d'inflation comme l'indique la courbe de Philipps. L'Etat
doit donc opérer une hiérarchisation des objectifs. (Voir fiche 9 : Les
politiques économiques et sociales).
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