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"Les Confessions" ne sont-elles qu'un roman ? Rousseau (17/20)

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Toujours un souci de logique et un désir de mener fermement le développement.
Devoir très convenable.
Attention à l'emploi des proverbes. rès bon devoir, intelligent, bien mené, écrit avec maîtrise.

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André Maurois disait : " Une confession ne peut être qu'un roman. "
Que pensez-vous de cette affirmation à la lumière de la lecture des Confessions de Jean-Jacques Rousseau ?

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Les Confessions, tel s'intitule l'un des ouvrages les plus connus de Jean-Jacques Rousseau. Toutefois, le terme de confession ne doit pas être pris dans son sens premier et religieux, car, dans cette œuvre, Rousseau ne se contente pas, mû par le repentir, de faire l'aveu de ses fautes pour en recevoir l'absolution, il prétend aussi vouloir tout dire sur lui-même. C'est pourquoi il est préférable d'entendre par confessions une autobiographie.
Mais s'agit-il vraiment et uniquement d'une autobiographie ? Ecrit-il exactement la vérité ou travestit-il quelques éléments de son histoire afin qu'elle devienne plaisante et logique ? Enfin, par la suite d'aventures relatées dans les quatre premiers livres, ne pourrait-on pas apparenter les Confessions au roman, et tout particulièrement au roman picaresque ?

 

Bonne remarque

 

Attention à ne pas poser trop de questions.

 

Dès le préambule des Confessions, Rousseau affirme que l'œuvre qu'il a écrite est " le seul portrait d'homme peint exactement d'après nature et dans toute sa vérité qui existe et probablement existera jamais " ". Il se pose donc en biographe. Puis il précise : " et cet homme, ce sera moi ". Le biographe devient autobiographe.

En effet, l'œuvre a toutes les caractéristiques de l'autobiographie. Tout d'abord, l'auteur utilise le " je " du héros narrateur, avec lequel nous sommes confrontés à maintes reprises dès les premières lignes de l'ouvrage : " Je forme un projet. ", " Je suis né à Genève. ". plus tard, Rousseau écrit : " Jean-Jacques, parlons de ta mère. " Nous ne pouvons plus douter du fait que le héros de l'histoire, le narrateur et l'auteur sont confondus, nous avons la certitude que Rousseau rapporte au lecteur les éléments de sa propre vie.

Ensuite, nous remarquons de nombreux détails caractéristiques de l'autobiographie, tels que l'ordre auquel obéit la structure des Confessions : le livre premier nous relate les années d'enfance de l'auteur, le second, sa seizième année, le troisième ses aventures entre 1728 et 1730 et le quatrième sa dix-huitième et sa dix-neuvième années. Il s'agit donc de l'ordre chronologique, celui qui régit toute autobiographie, permettant à l'auteur de retracer l'intégralité de sa vie et surtout au lecteur d'avoir un aperçu suivi et sans rupture de l'histoire du narrateur.

Puis lors de la lecture des Confessions, nous pouvons observer le défaut particulier et inévitable des autobiographies qui est le refus de s'écarter de la réalité : c'est le caractère décousu des différents épisodes de l'œuvre suscité non seulement par l'ordre chronologique mais aussi par la volonté de tout dire au lecteur. Ceci implique dans les Confessions, l'introduction de nombreux personnages qui n'ont ni véritable rôle ni même récurrence dans le récit. C'est ainsi qu'il est momentanément question d'un M. Rolichon qui va disparaître aussi rapidement qu'il est apparu. Il en est de même pour Venture de Villeneuve que nous retrouverons cependant ultérieurement mais sans qu'il lui soit accordé une importance particulière. Ces multiples rencontres et ruptures contribuent à donner aux Confessions une impression de discontinuité à l'intérieur même d'un récit qui souffre pourtant peu d'omissions chronologiques.

Mais cette impression est-elle bien l'écho du caractère imprévisible des événements qui constituent la trame d'une existence ? Témoigne-t-elle aussi d'un défaut de mémoire bien naturel chez un homme qui écrit de nombreuses années après ces événements ? Ou bien au contraire ne révèle-t-elle pas une sélection voulue des actions rapportées, à des fins qui ne sont plus uniquement celles de l'autobiographie ?

 

 

 

 

 

En effet, bien que les Confessions aient toutes les apparences d'une autobiographie, l'auteur affirme néanmoins avoir ajouté quelques ornements indifférents qui n'ont pu évidemment qu'altérer la vérité. Ne transforme-t-il pas ainsi son autobiographie en fiction ?

Au fil de la lecture des Confessions, nous pouvons en outre repérer quelques exagérations. Or celles -ci sont propres au genre littéraire que l'on appelle le roman. C'est ainsi que lors de l'épisode du ruban volé, nous voyons Rousseau s'accabler avec véhémence. Il écrit : " Un regard qui aurait désarmé les démons et auquel mon barbare cœur résiste. " Lorsqu'il entretient des relations sentimentales avec Mademoiselle de Vulson, il rédige " des lettres d'un pathétique à faire fendre les rochers ". Ces exagérations présentes à plusieurs reprises dans l'œuvre conduisent à mettre en doute la sincérité de Rousseau.

A ceci s'ajoute le problème de la finalité des Confessions. En effet, l'auteur commence par affirmer qu'elles ont pour seul et unique but de devenir " la première pièce de comparaison pour l'étude des hommes ", ce qui n'entre pas en contradiction avec la vocation légitime d'une autobiographie. Mais peu à peu, nous découvrons l'intention de plus en plus prononcée de Rousseau de justifier les actions de Jean-Jacques. Ses aveux ne sont donc pas de simples confessions : il avoue pour se faire pardonner, soit en convainquant le lecteur que la faute appartient à des tiers comme lors de l'aveu du ruban volé, soit en insistant longuement sur la grande difficulté de sa tâche et obligeant le lecteur à reconnaître, selon le dicton populaire que " Faute avouée est à moitié pardonnée ". Ce désir évident de réhabiliter son caractère aux yeux de tous face à ce qu'il croit être un " complot universel monté contre lui ", laisse de nouveaux doutes quant à la crédibilité de son témoignage.

De surcroît, nous pouvons évoquer un autre passage en contradiction avec les restrictions que doit s'imposer tout témoin objectif. Nous remarquons que l'auteur se permet d'interpréter les paroles de Madame de Warens : " Elle n'osa insister pour me faire rester : j'approchais d'un âge où une femme du sien ne pouvait décemment vouloir retenir un jeune homme auprès d'elle ". Cette interprétation, certes naturelle dans un récit romanesque ne devrait pas figurer dans une autobiographie car il n'est guère possible de connaître les pensées d'un personnage réel. Ici encore, Rousseau franchit les limites du projet qu'il s'est fixé.

Enfin l'utilisation ponctuelle du présent de narration et du discours direct lors des épisodes cruciaux des Confessions nous permet d'affirmer que ces moments sont relatés comme de minuscules nouvelles. Ainsi lors de la première rencontre entre Jean-Jacques et Madame de Warens, Rousseau écrit : " Elle prend en souriant la lettre que je lui présente, l'ouvre […]. Puis sans attendre ma réponse, elle ajoute : 'Allez chez moi m'attendre, dites qu'on vous donne à déjeuner ; après la messe, j'irai causer avec vous' ".

Ces nombreux petits récits encastrés à l'intérieur d'une narration sont plutôt caractéristiques des œuvres d'imagination et ne sont pas sans rappeler le roman picaresque. En conséquence, il est raisonnable de se demander si les Confessions n'appartiendraient pas plutôt à ce genre littéraire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pas de proverbes dans une dissertation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En premier lieu, nous pouvons constater que les quatre premiers livres des Confessions sont comparables à une épopée du fait qu'ils sont une suite d'aventures dont le seul héros est Jean-Jacques. Ces multiples entreprises l'entraînent d'un lieu, Turin, à un autre, Paris, d'un amour Madame Basile à un autre Mademoiselle de Breil, du plaisir lorsqu'il est à côté de Madame de Warens, au déplaisir, lorsqu'il s'en éloigne. Ces circonstances continuelles sont l'une des particularités du roman picaresque.

En sus de ses errances interminables, les nombreux rebondissements dans le cours de la destinée de Jean-Jacques, personnage malchanceux mais non antipathique, suscitent des comparaisons avec le picaro en raison des passages incessants des moments de bonheur, rares et courts, aux périodes de malheurs. C'est ainsi qu'il passe du milieu paradisiaque de Bossey à l'enfer du travail chez le graveur Ducommun, de la douce et généreuse hospitalité de madame de Warens au rude et répugnant hospice des catéchumènes.

De plus les multiples anecdotes dont nous fait part Rousseau, telles que celles concernant " le noyer de la terrasse ", " la chasse aux pommes ", " les vols d'asperges " ou encore " les deux idylles champêtres ", peuvent être comparées à des aventures vécues par un picaro, être versatile et généralement solitaire. Enfin ses amitiés aussi brèves qu'inattendues sont souvent pour lui l'occasion de passer d'un milieu social à un autre pour être finalement rejeté de chacun d'entre-eux. Ainsi, alors que son avenir était prometteur et sûr chez le Comte de Gouvon, la rencontre avec le Genévois Bâcle anéantit momentanément toute espérance d'ascension sociale.

 

 

Bien

On peut donc conclure en affirmant avec André Maurois qu' "une confession ne peut être qu'un roman " car, sans être dépourvue de caractéristiques habituelles de l'autobiographie, cette œuvre possède aussi celles du roman picaresque. On pourrait ainsi opter pour l'appellation autobiographie romancée. En effet, l'auteur a quand même quelquefois manqué à son serment de sincérité prêté dans le préambule. Il fait d'ailleurs lui-même allusion au roman picaresque lorsqu'il cite Gil Blas de Le Sage et évoque spontanément son manque de transparence lorsqu'il reconnaît avoir fait des ajouts pour " remplir un vide occasionné par son défaut de mémoire ".
Mais n'est-il pas légitime de vouloir embellir son autobiographie puisque la vocation première d'une œuvre littéraire est de plaire au public ? Qui lirait une suite insipide d'événements sans intérêt relatés uniquement pour satisfaire une exigence de véracité ?

 

 

Inutile de reprendre la phrase de Maurois.

Il est inutile de donner des détails et des exemples dans la conclusion.



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