On peut généraliser en utilisant un couple de référence
et en cherchant à classer chaque couple rédox par rapport
à cet indicateur et par rapport aux autres couples.
Le couple choisi comme référence est le couple H+/H2
qui constituera donc le zéro de l’échelle des couples que
l’on cherche à construire.
En complétant l’échelle, on peut petit à petit parvenir
à prévoir les réactions qui auront naturellement
lieu et celle qui au contraire sont impossibles dans un contexte normal.
Pour ce, on utilise la règle appelée règle du gamma
qui consiste à observer que la réaction naturelle est celle
qui place les réactifs sur la diagonale du haut vers la droite.
On appelle cette règle " règle du gamma "
parce que les réactifs et les produits se placent sur deux branches
de la lettre grecque gamma et qu’en traçant la lettre de façon
imaginaire sur l’ échelle des couples, on peut voir apparaître
la réaction qui sera possible :
Moyen mnémotechnique à utiliser comme tel et à ne pas
ériger en loi !

Cette règle du gamma permet, dès lors que l’on dispose d’une
échelle des potentiels rédox de prévoir quelle va
être la réaction naturelle possible et laquelle sera impossible.
Les présentations de ces échelles varient souvent mais on a
toujours les oxydants placés sur la gauche et le pouvoir oxydant
est croissant sur le schéma, les couples ayant les plus forts potentiels
oxydants étant placés en haut de l’échelle.
Il faut bien sur retenir que le couple H+/H2 est le
couple de référence. On peut dès lors observer que
l’ion H+ caractéristique des solutions acides ne peut
pas oxyder tous les métaux. Il est pas exemple incapable de réagir
avec le cuivre métallique alors que le cuivre peut être obtenu
par réaction entre le Cu2+ et le dihydrogène.
La lecture de cette échelle permet par ailleurs de mieux comprendre
pourquoi certains métaux ne peuvent être que difficilement
trouvés dans la nature à l’état métallique
mais le sont plutôt sous forme d’un minerai constituant en un composé
ionique.
On peut prendre
l’exemple de l’aluminium. Il s’agit d’un métal qui a un très
grand pouvoir réducteur. On peut le placer sur une échelle
des potentiels rédox de la façon suivante :

Cette échelle permet de voir que la réaction de l’aluminium
métallique est notamment possible avec l’ion H+, typique
du milieu acide et qui est extrêmement répandu. L’aluminium
métallique a donc largement tendance à réagir et
on a plutôt tendance à trouver le conjugué de Al :
Al3+, notamment dans l’alumine. Il apparaît à
l’inverse que certains métaux seront plus faciles à trouver
dans les gisements naturels sous forme métallique.