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Les diplomes (16/20)

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Réflexion pertinente, structurée et développée.
Un sens positif de la nuance et de l'analyse.
L'examen des " ingrédients " nécessaires pour réussir sa vie aurait pu être davantage approfondi.
Manquent des exemples précis et vérifiables.

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Nicole du Roy affirme que les parents et les enseignants restent persuadés que " le bac est la seule et unique voie de réussite ". Pensez-vous que les diplômes de haut niveau soient nécessaires pour " réussir sa vie " ?

Vous développerez une discussion en appuyant vos argumentations sur des exemples précis.


Devoir de l'élève

 

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De nos jours, beaucoup de parents et d'enseignants sont persuadés que " le bac est la seule et unique voie de réussite ". Avant de déterminer si les longues études et les diplômes de haut niveau sont en effet ou non nécessaires pour " réussir sa vie ", il est indispensable de donner une définition de cette expression. On tentera alors de voir si elle s'applique systématiquement à ce qui attend chaque jeune diplômé à l'issue de sa formation, si des jeunes gens sans diplôme ne peuvent pas aussi connaître cette réussite et, par conséquent, s'il ne convient pas de nuancer l'affirmation initiale et se contenter de dire, par exemple, que la détention de diplômes élevés reste malgré tout la voie la plus sûre pour réussir sa vie.

 

A définir dès l'introduction

Tout élève, tout étudiant décide toujours de se consacrer à la préparation de tel ou tel examen ou concours en vue de tel ou tel type de profession. On a tendance, dans le contexte des études, à assimiler le fait de " réussir sa vie " à la réussite de la vie professionnelle uniquement. Or, " réussir sa vie " implique autre chose qu'un bon métier, intéressant et bien rémunéré. C'est connaître bonheur et satisfaction dans l'ensemble de ce que l'on entreprend quel que soit le domaine : familial, social, sentimental, artistique aussi bien que professionnel. Peut-on dire maintenant que l'obtention d'un bon diplôme garantit le succès dans chacun de ses domaines ?

La presse, qui regorge d'épisodes concernant les malheurs survenus à maint personnage pourtant muni d'un diplôme de haut niveau, nous invite à penser le contraire. Vaines recherches d'emploi, suicides, faillites, divorces, accidents, tout laisse à penser que ceux qui sont les plus instruits ne sont pas mieux armés dans la vie que ceux qui n'ont aucune qualification.
Il est vrai qu'il doit être bien décevant et déprimant pour un universitaire qui vient de terminer brillamment ses études, d'avoir à chercher du travail pendant de longs mois et d'avoir finalement à accepter un emploi ne correspondant pas à sa spécialité et des conditions de rémunération humiliantes à cause d'une trop forte concurrence sur le même marché de travail. Il y a peu de temps, les médias annonçaient avec grand fracas l'inscription d'un ingénieur sortant d'une Grande Ecole à l'Agence Nationale Pour l'Emploi. N'a-t-il pas pensé, cet ingénieur, qu'il avait sacrifié les plus belles années de sa vie à des études qui ne l'avaient mené qu'à l'échec ? Et combien d'autres encore ont renoncé à développer leurs talents artistiques ou leur habileté manuelle pour s'astreindre, parce que l'on leur avait répété que c'était indispensable, à des efforts intellectuels qui n'ont abouti qu'à l'exercice d'une profession bien rémunérée certes, mais inintéressante et dans laquelle ils se sentent mal à l'aise, en contact permanent avec des collègues qui n'ont pas les mêmes goûts, qui ne sont peut-être pas issus du même milieu. Quant à ceux qui ont pleinement réussi dans le domaine professionnel, ne risquent-ils pas, lorsqu'ils se décident à fonder un foyer, de se faire épouser pour leurs revenus plutôt que pour leurs qualités personnelles ? Leurs diplômes les mettent-ils à l'abri des mésententes conjugales, de la jalousie ou de la rivalité de leurs amis, les empêchent-ils d'avoir des enfants handicapés ou de se faire escroquer.

Il semble que l'on puisse rencontrer, aussi bien parmi les détenteurs de petits diplômes que parmi les lauréats des Grandes Ecoles, des personnes qui s'estiment satisfaites et même comblées dans leurs relations familiales et qui affirment pouvoir compter sur la solidarité et la fidélité à toute épreuve de leurs amis.

 

Si, dans la vie professionnelle, les " petits diplômés " se heurtent aussi au problème de l'embauche, ils n'en connaissent pas moins, quand ils exercent la profession pour laquelle ils se sentent une vocation, les satisfactions du travail bien fait ou d'utilité publique, de l'avancement et de la considération de leur entourage.

D'ailleurs, étant généralement de nature peu ambitieuse, ils ont des exigences plus modestes et sont donc plus aisément satisfaits, ce qui leur épargne bien des déceptions et des frustrations. Quant à leurs chances de souffrir du chômage, elles se trouvent d'autant plus réduites qu'ils ont la possibilité, avant d'engager des études de courte durée, de choisir un secteur qui leur offrira encore des débouchés lorsqu'ils entreront dans la vie active peu de temps après. De plus, les métiers qui ne demandent pas de diplômes de haut niveau sont souvent des métiers manuels qui " rapportent " tout de suite et qui ne nécessitent pas de gros investissements. En effet, un potier achètera un four et un tour de potier, alors qu'un astronome devra s'acheter un télescope et de nombreux autres objets très coûteux. Et il ne sera même pas sûr de découvrir une galaxie ou une nébuleuse pour pouvoir gagner de l'argent et amortir le prix de ses instruments.

Mais il ne faut pas se laisser aveugler par des incidents ou par des exemples qui, pour être édifiants ou spectaculaires, ne constituent pas pour cela la majorité des cas. Les statisticiens montrent en effet que la grande masse des personnes inscrites à l'ANPE possède généralement peu de diplômes et parfois aucun.

Il va de soi que seul un souci d'économie en ce qui concerne les rémunérations de ses employés peut pousser un patron à embaucher du personnel sans qualification. A salaire égal, ce qui devient possible quand l'offre de main-d'œuvre est supérieure à la demande, il préfère évidemment un personnel compétent et capable de faire face à toutes sortes de situations. Parmi ces situations, on peut citer l'exemple de la reconversion. Les titulaires de diplômes élevés ont habituellement une culture générale suffisante pour leur permettre d'acquérir de nouvelles connaissances avec succès dans une nouvelle branche lorsqu'une opportunité se présente. Ainsi, le directeur de la grande firme allemande Volkswagen est un licencié de lettres. En revanche, l'ouvrier qui ne sait que poncer du bois ne pourra pas, en quelques semaines, apprendre à gérer une usine. Et s'il ne sait pas se servir d'un ordinateur, il ne pourra pas, le jour où sa santé ne lui permettra plus de travailler en atelier, se faire promouvoir à un emploi dans un bureau de son entreprise et ceci, quelle que soit son ancienneté.

D'autre part, quand il s'agit d'investir, les banques exigent moins de garanties pour accorder un prêt à quelqu'un qui sort d'une Grande Ecole qu'à un titulaire du Brevet des Collèges. Et, en cas de conflit avec son employeur, une assurance, une administration, une société ou toute autre personne, des connaissances insuffisantes de des moyens d'expression limités peuvent constituer un lourd handicap face à un adversaire armé d'un bagage intellectuel meilleur et qui saura tourner tout à son avantage. Il faut compter aussi sur le prestige des grands diplômes et des titres ronflants qui en imposent toujours à ceux qui en sont dépourvus et confèrent à leurs détenteurs une forme de supériorité. Cette distinction englobera par la même occasion et injustement d'ailleurs, leurs familles et leurs relations. Le diplôme devient alors un moyen de s'assurer de la considération d'autrui, de se faire une place et de se sentir à l'aise dans la société.

On est donc obligé de reconnaître que si les diplômes de haut niveau n'offrent pas une garantie inébranlable de " réussite ", si au contraire des personnes qui n'ont pas fait de longues études peuvent avoir le sentiment d'avoir " réussi leur vie ", il n'en demeure pas moins qu'un bon diplôme constitue la première pierre sur laquelle chacun peut construire, avec le maximum de chances de réussite, l'édifice de sa vie. Le reste est une question de personnalité : certains naissent avec un caractère et des aptitudes naturelles qui leur permettent de réussir tout ce qu'ils entreprennent, d'autres non. Mais il faut écarter le facteur chance avant de prendre position " pour ou contre " les études prolongées et la malchance peut toucher chacun de nous, diplômé ou non.



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