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Les mécanismes du marché
Impression facile
Introduction
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Dans
la fiche 1 sur les agents économiques et leurs relations, on a vu qu'une
entreprise peut se définir comme une unité de production qui acquiert sur
les marchés des facteurs de production qu'elle combine en vue de produire
un bien ou d'offrir un service, que les principales fonctions économiques
des ménages consistent à fournir des facteurs de production (capital et
travail) aux autres agents, et à utiliser leurs revenus pour la consommation
ou l'épargne. La question que l'on peut alors légitimement se poser est
: comment toutes ces opérations réalisées de manière indépendante par les
différents agents sont elles finalement compatibles entre elles ? En réalité
toutes ces opérations économiques des agents résidents dans l'économie nationale
ne sont compatibles entre elles que s'il existe des mécanismes qui assurent
l'équilibre du marché du travail, du marché des biens et services et des
marchés de capitaux.
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1 Du fonctionnement théorique des marchés à la concurrence imparfaite
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Un
marché est le lieu de rencontre entre une offre et une demande. Cette rencontre
détermine une quantité échangée (de travail, de production, de monnaie,
de titres) et un prix de vente (salaire, prix des biens, taux d'intérêt,
cours boursier).
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1.1 Fonctionnement théorique d'un marché concurrentiel
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Les lois
de l'offre et de la demande ne peuvent véritablement fonctionner que sur
un marché parfaitement concurrentiel. Un tel marché se caractérise par
le fait qu'aucun agent particulier ne peut à lui seul influencer la fixation
des prix. Néanmoins le modèle du marché concurrentiel n'est raisonnable
que si un certain nombre de conditions très strictes sont remplies.
Il est d'usage
de donner une représentation graphique des lois de l'offre et de la demande,
mais il faut d'abord rappeler que l'offre d'un bien est une fonction croissante
de son prix, tandis que la demande d'un bien est une fonction décroissante
de son prix. On peut donc imaginer les quantités offertes par les producteurs
pour différents prix et les quantités demandées par les consommateurs
pour ces différents prix.
Sur un marché
concurrentiel, le prix est librement négocié entre les offreurs et les
demandeurs jusqu'au moment où l'offre est égale à la demande. P2 est ici
le prix d'équilibre ou encore le prix de marché.
Le fonctionnement
d'un marché concurrentiel présente l'avantage d'éliminer automatiquement
tout déséquilibre à la suite d'un choc quelconque affectant l'offre ou
la demande. De plus les variations de prix jouent un rôle de signal pour
l'affectation des facteurs de production aux différentes activités. Les
producteurs sont incités à affecter plus de facteurs aux produits dont
les prix montent et moins de facteurs pour ceux dont les prix baissent.
Enfin, la
concurrence et la flexibilité des prix tendent à abaisser les coûts moyens
de production à long terme, ce dont le consommateur bénéficie. Et tous
ces mécanismes peuvent en théorie s'appliquer à n'importe quel marché
(marché du travail, marché monétaire….).
Néanmoins,
les mécanismes d'ajustement automatique d'un marché parfaitement concurrentiel
supposent que soient réunies plusieurs conditions très strictes : ce sont
les conditions de la concurrence pure et parfaite. L'analyse économique
a retenu cinq conditions nécessaires au jeu parfait de la concurrence
:
- L'atomicité
des agents qui implique l'existence d'un grand nombre d'offreurs et
de demandeurs, tous de taille limitée par rapport à celle du marché,
afin qu'aucun vendeur ou aucun acheteur ne représente un poids suffisant
pour influencer les conditions du marché et notamment le prix d'équilibre.
- La libre
entrée des offreurs et des demandeurs qui suppose l'absence de contraintes
sur le marché qui les empêcherait d'y accéder. Cela exclut donc tout
droit d'entrée et toute réglementation imposant des conditions préalables
à l'exercice d'une activité.
- L'homogénéité
des produits ou services échangés sur un marché, c'est à dire que concrètement
sur le marché, les acheteurs sont complètement indifférents à l'identité
du producteur. L'homogénéité garantit donc que les offreurs et les demandeurs
ne discutent que des quantités et des prix des produits.
- L'information
est parfaite sur le marché (transparence du marché), c'est à dire
que tous les offreurs et tous les demandeurs connaissent en même temps,
instantanément et sans coûts, toutes les informations utiles concernant
les échanges sur le marché.
- La mobilité
des facteurs est parfaite, c'est à dire qu'il n'existe aucun obstacle
au déplacement des biens, des travailleurs et des capitaux.
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1.2 La concurrence imparfaite
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Sur les marchés
de capitaux, les conditions de la concurrence sont généralement remplies,
la libre et permanente fluctuation des prix assurant vingt-quatre heures
sur vingt-quatre un équilibre de l'offre et de la demande. Cependant,
sur les autres marchés non financiers, les conditions de la concurrence
pure et parfaite ne peuvent être remplies et leur fonctionnement concret
s'éloigne de la théorie pure de l'offre et de la demande. L'entreprise
dispose de deux moyens essentiels pour s'extraire de la concurrence :
- Proposer
des produits originaux pour lesquels les consommateurs accepteront de
payer plus cher que la normale, rétablissant ainsi pour l'entreprise
une marge de profit. Pour ce faire, l'entreprise doit consacrer une
part important de son budget en recherche et développement afin de développer
des innovations techniques et commerciales.L'entreprise
peut également miser sur une logique de différenciation, en associant
une valeur symbolique à la marque, ou jouer sur la publicité.
- Etre
capable de produire à des coûts inférieurs à ceux de la concurrence,
soit en recherchant des économies d'échelle (notamment par la concentration
horizontale), soit en mettant au point de nouveaux procédés de fabrication
ou d'organisation (innovations techniques et organisationnelles), soit
enfin en réduisant ses charges (salaires, achats…).
Dans tous
les cas, ces actions remettent en cause les hypothèses de la concurrence
pure et parfaite : les avantages liés à la taille expliquent une concentration
qui s'oppose au principe d'atomicité ; la différentiation des produits
invalide celui d'homogénéité ; l'importance des investissements crée des
barrières à l'entrée sur un marché…
Cependant
l'existence de la concurrence est jugée utile et une réglementation des
marchés est donc nécessaire pour maintenir un degré de concurrence suffisant.
En revanche les effets de la concurrence imparfaite sont controversés.
Dans l'analyse néoclassique, les imperfections de la concurrence entraînent
une augmentation des prix préjudiciable au consommateur et donc nuisible
au marché. D'autres analysent comme celles de Schumpeter insistent sur
l'efficacité des grandes firmes, ce qu'il nomme les " déséquilibres créateurs
" (Théorie de l'évolution économique, 1912).
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2 La régulation par le marché
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Une économie
de marché se caractérise par le fait que la régulation de l'activité économique
est assurée principalement par des mécanismes de marché qui maintiennent
le système en équilibre. Cependant la capacité qu'à le marché de maintenir
le système en équilibre est contestée car cet équilibre dépend de conditions
difficiles à réunir.
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2.1 Le rôle du marché
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L'équilibre
d'un marché est assuré par le jeu des prix qui, s'ils sont suffisamment
flexibles, réagissent aux fluctuations de l'offre et de la demande, tandis
que les agents modifient à leur tour leur comportement en fonction du
mouvement des prix. De plus les marchés sont interdépendants, c'est à
dire que les fluctuations enregistrées sur l'un des marchés se répercutent
sur les autres. Cette interdépendance des marchés permet l'adaptation
au changement de l'activité économique.
Sur le marché,
l'élément essentiel est le prix, qui oriente les décisions des agents
comme une main invisible (Adam Smith), de telle façon que producteurs
et consommateurs, par la poursuite de leurs intérêts, favorisent l'intérêt
général.
Léon Walras
puis Arrow et Debreu ont montré que les mécanismes d'ajustement du marché
permettent à l'ensemble des marchés de se trouver simultanément en équilibre
: c'est la théorie de l'équilibre général. A l'équilibre, aucun individu
ne peut améliorer sa satisfaction sans détériorer celle d'un autre. Cette
situation est appelée optimum de Pareto, nom de l'économiste W. Pareto
qui développa cette théorie. Toutefois les hypothèses posées sont très
restrictives. En effet on suppose ici une rationalité des agents, une
concurrence pure et parfaite ainsi que l'absence de toute incertitude.
De ce fait il s'agit plus d'un modèle théorique que d'une représentation
concrète de l'économie.
Dans de
nombreux cas, la régulation par le marché présente des failles et les
auteurs divergent sur la portée de ce modèle : selon certains il est nécessaire
de se rapprocher au plus près des hypothèses de concurrence pure et parfaite
permettant la réalisation de l'équilibre, alors que d'autres, plus réalistes,
cherchent à bâtir des modèles différents.
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2.2 Les failles du marché
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Pour que
les mécanismes du marché mènent à l'équilibre général, certaines conditions
doivent être réunies. Or il n'en est pas toujours ainsi :
- Il arrive
des situations où il est impossible d'exclure un consommateur qui ne
veut pas payer le prix de sa consommation et adopte un comportement
de passager clandestin. Ex : un homme profite de l'éclairage de sa rue
sans en payer le prix.
- Il existe
des situations de non-rivalité des consommations, ce que l'on appelle
des biens indivisibles, conduisant parfois à un monopole naturel.
- Il arrive
des situations où, contrairement à la loi de l'offre et de la demande,
la demande de certains biens augmente avec le prix (effet Giffen)
- Certaines
activités économiques engendrent des coûts qui ne sont pas pris en compte
par le marché. Ce sont les effets externes qui peuvent être positifs
ou négatifs. Ex : une usine créant de la pollution.
Un autre
point est que l'hypothèse de rationalité des agents est souvent discutée.
Les incertitudes du temps empêchent également les individus de toujours
prendre la meilleure décision.
Enfin, la
répartition des revenus opérée par le marché, si elle est économiquement
efficace, se caractérise par de fortes inégalités qui ne correspondent
pas à l'idée que la société se fait de l'équité. L'Etat doit donc corriger
ces inégalités
Finalement
toutes ces imperfections expliquent que la régulation de l'économie ne
soit pas laissée entièrement au marché, mais que la régulation opérée
par celui-ci soit complétée par une intervention plus ou moins prononcée
de l'Etat.
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