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Les relations internationales depuis 1960
Impression facile
Introduction
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En 1962, la Crise de Cuba laisse augurer l'ombre d'une apocalypse nucléaire
et constitue l'événement déclencheur du passage à la coexistence pacifique
entre les deux Grands. Mais la Détente est en fait le résultat de la combinaison
de plusieurs facteurs : la conscience du péril nucléaire certes, mais
aussi les difficultés internes de chaque bloc (conscience de la fragilité
du bloc d'Europe Orientale à partir des événements de 1956; crise du dollar
et problème noir aux Etats-Unis), l'affirmation de nouveaux partenaires
(rupture de la Chine avec l'URSS en 1961, inquiétude vis-à-vis du Tiers
Monde) et la prise de conscience du caractère malfaisant d'une course
aux armements qui se fait au détriment de l'élévation du niveau de vie
en URSS et qui maintient dans le pays le plus riche du monde 35 millions
de personnes en dessous du seuil de pauvreté.
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1 L'ère de la détente : 1962-1973
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1.1 Les trois volets de la Détente
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L'énorme coût des dépenses militaires et la "grande peur" de l'affaire des
fusées font donc naître l'idée de Détente fondée sur le désarmement :
le téléphone rouge mis en place après la Crise de Cuba écarte en effet
l'éventualité d'un conflit déclenché de manière accidentelle, mais ne
donne aucune garantie.
Volet militaire : Les négociations sur le désarmement menées entre
Etats-Unis et URSS doivent elles permettre de trouver ces garanties. Ainsi,
le traité de Moscou d'août 1963 interdit les essais nucléaires atmosphériques
et sous-marins. Le traité de non-prolifération des armes nucléaires de
juillet 1968 interdit la révélation des secrets atomiques à des tierces
puissances. Les Accords SALT I (Strategic Arms Limitation Talks) gèlent
pour cinq ans au niveau déjà atteint les armes stratégiques. Ainsi, Etats-Unis
et URSS veulent assurer par leur duopole atomique en écartant les moyennes
puissances du "club atomique" leur hégémonie et le partage définitif du
monde entre eux.
Volet diplomatique : Les rencontres se multiplient entre les deux camps
: de Gaulle, adversaire de la bipolarisation se rend en URSS en 1966,
puis en Roumanie en 1968. Nixon est en 1972 le premier président des Etats-Unis
à voyager à Moscou, Brejnev lui rend la pareille en 1973. Mais Nixon se
rend également en Chine en 1972.
Volet commercial et technique : Après 1960, les échanges se multiplient
entre les deux camps. Ainsi, l'URSS achète des produits agricoles comme
le blé aux Etats-Unis et des techniques aux Européens (accords avec Renault
et Mercedes, usines clé en main) ; elle vend des sources d'énergie et
coopère dans le domaine spatial avec les Etats-Unis (1975, arrimage d'une
capsule américaine et d'une capsule soviétique).
Mais la Détente ne signifie pas pour autant la fin des conflits. Tout au
contraire, les grands conflits locaux atteignent leur apogée. Le monde
bipolaire cède la place à un monde multipolaire : les deux blocs s'affaiblissent.
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1.2 L'érosion du Bloc Est
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Le Bloc Est assiste à une amplification du mouvement des périodes précédentes,
tant en ce qui concerne ses relations avec l'Europe de l'Est que dans
ses relations avec la Chine.
La Chine : La rupture sino-soviétique de 1961 devient de plus en plus
profonde. Les relations avec la Chine qui accuse Moscou d'impérialisme
se détériorent. Cette détérioration se manifeste d'abord par l'aide militaire
de l'URSS à l'Inde dans sa guerre contre la Chine en reconquête du Tibet,
puis dans la lutte armée permanente entre Chinois et Soviétiques le long
du fleuve Amour de 1963 à 1969.
L'Europe de l'Est : Les mesures de libéralisation prises par Alexandre
Dubcek, Secrétaire Général du PC tchécoslovaque connues sous le nom de
Printemps de Prague sont mises en œuvre de 1966 à 1968. Moscou y voit
une menace pour la cohésion du bloc des Démocraties Populaires et refuse
de voir son leadership contesté. Les troupes du Pacte de Varsovie interviennent
pour ramener l'ordre en août 1968. Cette intervention entraîne de vives
contestations au sein du Bloc de l'Est car elle constitue un détournement
des fonctions des troupes du Pacte de Varsovie qui doivent intervenir
pour répliquer aux armées de l'Ouest et non pour punir les déviateurs
du Bloc Est. Cette perversion du rôle du Pacte de Varsovie entraîne des
dissensions au sein du Bloc Est : la Roumanie refuse d'intervenir contre
la Tchécoslovaquie et au sein des PC européens, de nombreux "compagnons
de route" quittent le PC dont ils condamnent les agissements.
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1.3 Dissensions à l'Ouest
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Les Etats-Unis voient également leur leadership de plus en plus contesté.
Ces fissures dans le Bloc Occidental se manifestent de plusieurs manières
: fissures sur le plan diplomatique et militaire et sur le plan économique.
La concurrence économique : Les Etats-Unis commencent à sentir les
dangers de la concurrence économique du Japon et de la CEE.
Le cas français : Tandis que Londres est plus que jamais soudé à Washington,
Paris continue à s'émanciper. En effet, le Général de Gaulle mène sa politique
d'indépendance nationale avec fracas : il reconnaît la Chine Populaire
en 1964, va jusqu'à critiquer l'intervention américaine au Viêt-nam, l'impérialisme
américain au Mexique. Fort de son entrée dans le "club nucléaire" sans
aucune aide externe, la France finit de conquérir son indépendance diplomatique
en se retirant de l'OTAN en 1966.
Le cas allemand : La RFA également se démarque des Etats-Unis. Willy
Brandt y pratique sa politique d'ouverture à l'Est dite Ostpolitik et
un traité de reconnaissance mutuelle des deux Etats allemands est signé
en 1972.
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1.4 Le condominium américano-soviétique
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Malgré ces difficultés au sein des deux blocs, on ne peut parler de démantèlement
des blocs. Ce monde multipolaire reste malgré tout régi par les deux Grands.
Les conflits locaux qui se déroulent alors (la guerre du Viêt-nam de 1964
à 1973 qui se solde par le retrait des troupes américaines et les deux
guerres israélo-arabes des Six Jours en 1967 et du Kippour en 1973) ne
menacent pas véritablement la Détente et l'équilibre du monde.
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2 La "guerre fraîche" : 1974-1980
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La détente avait permis outre la signature de traités militaires et d'accords
militaires d'ébaucher une collaboration économique entre les deux Grands
et donc de créer une solidarité de fait entre les deux puissances. La
crise économique des pays d'économie de marché qui crée des tensions à
l'Ouest, et les problèmes internes du Bloc communiste ainsi que l'intervention
soviétique en Afghanistan remettent en cause les acquis de cette Détente.
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2.1 Les conséquences de la Crise sur les rapports américano-soviétiques
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A partir de 1973, la crise économique suite au premier choc pétrolier affecte
les pays d'économie de marché. Les difficultés de la crise entraînent
une rivalité économique accrue entre Etats-Unis, Japon et CEE. L'élargissement
de la CEE à neuf pays en janvier 1973 lui permet désormais de former un
bloc économique puissant, capable de faire contrepoids aux Etats-Unis.
Qui plus est, le mécontentement des Etats-Unis est attisé par le fait que
les Européens développent leurs échanges avec l'URSS. Ils refusent de
participer aux sanctions dictées par les Etats-Unis à l'encontre de l'URSS
suite à la crise afghane, ce qui accroît encore un peu plus le malaise
et le raidissement des Américains vis-à-vis des Soviétiques.
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2.2 L'affaiblissement américain
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Le camp américain est encore affaibli sur cette période. D'ailleurs, cet affaiblissement
est d'abord intérieur.
Faiblesses internes : Le désastre du Viêt-nam a engendré un véritable
traumatisme national dont les Etats-Unis ont du mal à se relever. De plus,
la démission de Nixon conséquence du scandale du Watergate en 1974 constitue
une perte importante pour la paix car il avait su nouer des rapports sereins
avec les dirigeants soviétique et chinois. De plus, ses successeurs, Ford
(1974-1976) et Carter (1976-1980) n'ont pas une envergure suffisante pour
redresser le pays qui semble au creux de la vague.
Les pertes américaines : Sous ces deux présidents, l'Amérique est de
moins en moins respectée à l'extérieur. En 1979, la révolution islamique
et anti-américaine en Iran dont les Etats-Unis avaient fait un rempart
contre l'URSS renverse le régime monarchique du Shah : Khomeiny y installe
une République islamique, le personnel de l'ambassade américaine est pris
en otage pendant plus d'un an suite à l'accueil du Shah par les Etats-Unis.
Un demi-succès, le Proche Orient : Si Carter réussit à rapprocher l'Egypte
et Israël par les Accords de Camp David en 1978, le répit ne semble qu'illusoire.
D'abord parce que les autres Etats arabes désapprouvent l'action de l'Egypte
et ensuite parce que l'assassinat de Sadate en 1981 et l'intervention
d'Israël dans un Liban écartelé entre les groupes politico-religieux remettent
en question cette avancée.
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2.3 Les progrès de l'expansionnisme soviétique
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De son côté, l'URSS élargit sa sphère d'influence. Elle consolide ses positions
sur le continent asiatique, réalise une percée sur le continent africain
et développe des enclaves sur le continent américain.
Percée en Afrique : Avec l'appui de Cuba, l'URSS conquiert des positions
en Afrique. Trois Etats se rallient au "camp socialiste" : le Mozambique
en 1975, l'Angola en 1976 et l'Ethiopie en 1977. Mais l'apport de ces
Etats minés par d'intenses guérillas et par les problèmes économiques
n'est cependant pas de premier plan.
Renforcement en Asie du Sud-Est : Un des principaux succès de Moscou
reste la victoire du Nord Viêt-nam en 1975. Il est complété par la victoire
en 1978 des Vietnamiens soutenus par Moscou sur les Khmers rouges de Pol
Pot soutenus par la Chine. Le communisme fanatique de Pol Pot a fait trois
millions de morts de 1975 à 1978.
Enclaves en Amérique : L'arrivée au pouvoir d'un régime marxiste au
Nicaragua reste une victoire considérable pour Moscou.
Invasion de l'Afghanistan : Entreprise par Moscou, hors du Pacte de
Varsovie, elle se déroule en 1979 sous couvert de soutenir le régime pro-communiste
mis en place l'année précédente. La guerre d'Afghanistan dure près de
dix ans de 1979 à 1988 et entraîne un boycott des Etats-Unis. Le soutien
apporté au PC de Karmal couvre en effet mal une occupation qui rapproche
Moscou de l'Océan Indien.
Le "début de la fin" : Cependant, le capital idéologique que détenait
"la patrie du socialisme" continue de s'étioler, notamment dans le Tiers
Monde. La Chine a rompu toutes relations avec l'URSS depuis 1963. En Pologne,
l'Armée rouge n'intervient pas lors de la création de syndicats libres
en 1980. Moscou n'intervient pas non plus directement lors de la prise
de pouvoir militaire du Général Jaruzelski qui renverse la Solidarnosk
de Lech Walesa qui est emprisonné. C'est la première fois que dans un
pays communiste, l'armée dépossède le parti communiste du pouvoir.
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3 Les Etats-Unis, seuls gendarmes du monde ?
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3.1 La mutation des années 80
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A partir de 1981, on assiste à un rétablissement spectaculaire des Etats-Unis,
l'arrivée au pouvoir du Président Reagan (slogan "America's back", littéralement
"L'Amérique est de retour") constituant à la fois le symbole et le catalyseur
de cette mutation. Reagan entend mener une politique plus ferme que ses
prédécesseurs envers l'URSS. Il relance l'effort d'armement, envoie des
GI à Beyrouth et à Grenade, lance le projet "initiative de défense stratégique"
qui constitue l'ultime surenchère américaine en matière d'armement stratégique.
Avec Reagan, on assiste donc aux Etats-Unis à la renaissance d'un courant
conservateur attaché à l'"honneur" américain que semblent cautionner les
Américains.
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3.2 l'écroulement du régime soviétique
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C'est donc de l'Est que devra venir le nouvel apaisement. L'arrivée au pouvoir
en 1985 de M. Gorbatchev, successeur d'Andropov et de Tchernenko va amorcer
ce nouvel apaisement avant l'écroulement final de l'URSS. Le nouveau dirigeant
accepte de négocier un désarmement par le traité de Washington en 1987.
Il ne s'agit plus seulement de contenir l'augmentation du potentiel militaire
mais bien de procéder à un véritable désarmement. Autre signe d'une nouvelle
détente : l'URSS retire ses troupes d'Afghanistan.
Mais ce n'est vraiment qu'en 1991 avec l'écroulement du régime soviétique
que le climat des relations internationales se retrouve complètement modifié.
Bien que la Russie contrôle toujours la majeure partie du potentiel militaire
de l'ex-URSS, son armée n'a plus rien à voir avec l'ancienne Armée Rouge.
Si la force nucléaire reste pour un temps encore crédible, l'affaiblissement
considérable du complexe militaro-industriel et la dégradation de moyens
qui s'en suit fait perdre une grande partie de sa crédibilité au système
de défense russe.
Dans ce nouveau contexte, les efforts de désarmement se poursuivent et aboutissent
à la signature des Accords START I (1991) et START II (1993) : ils engagent
de manière significative la réduction de l'arsenal nucléaire. Dès lors,
un nouvel équilibre est amorcé, ou plutôt un déséquilibre qui profite
aux Etats-Unis. Ils forment désormais la grande puissance militaire mondiale,
même si le potentiel français reste tout de même important comme le montrent
ses ventes d'armes. C'est la Guerre du Golfe qui en 1991 révèle la supériorité
absolue des systèmes d'armes américains.
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3.3 la nouvelle donne et ses conséquences pour l'Europe
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Les conséquences dans les pays communistes : Dans les pays de l'Est,
la nouvelle donne se traduit également par une chute des gouvernements
communistes dont la plus spectaculaire est sans doute celle de la RDA
avec la destruction du mur de Berlin qui a lui seul symbolisait le partage
de l'Allemagne, de l'Europe et du monde entre les deux grands idéologies
dominantes. Le traité de réunification entre les deux Allemagne parachève
en août 1990 la fin de 41 ans de séparation. Dans les autres pays d'Europe
de l'Est, la déstabilisation du bloc soviétique entraîne une remise en
cause des équilibres artificiels issus de la Seconde Guerre Mondiale.
Les antagonismes nationaux qui, sous la dure poigne des dirigeants communistes,
avaient paru s'assoupir ou s'éteindre se raniment peu à peu. La guerre
civile en Yougoslavie donne un exemple particulièrement tragique de ces
déchirements fratricides qui éclatent.
L'accélération de la construction européenne : L'Allemagne réunifiée
est un des principaux artisans de la construction européenne avec la France.
L'Union Européenne se retrouve cependant face à de nouveaux enjeux avec
la demande des anciennes démocraties, lancées sur la voie d'une économie
de marché, d'adhérer à l'Union Européenne.
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