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LesLumières
Impression facile
Introduction
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Les Lumières qui illuminent ce siècle sont les idées nouvelles,
diffusées par les philosophes. Elles s’opposent aux principes de l’autorité
et de la tradition, et se fondent sur la seule liberté de l’esprit critique.
Elles récusent par conséquent la lumière universelle que prétend dispenser la
religion catholique selon la foi. C’est au contraire la raison qui guide les
philosophes.
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1:La philosophie des lumières
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A:Le nouveau rôle de la raison
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Cette raison n’est pas une pure spéculation métaphysique* ; elle
se veut empirique : elle s’appuie sur l’expérience, l’observation du réel et
des faits concrets. Telle est la méthode, par exemple, du naturaliste Buffon.
Elle n’a guère de frontières, et s’intéresse à tous les domaines de la connaissance
et des pratiques humaines, de la grammaire à la médecine, en passant par la
physique ou l’histoire. Elle culmine enfin dans la vaste entreprise que mènent
ensemble Diderot et d’Alembert : l’Encyclopédie. Il s’agit d’un inventaire raisonné
des savoirs de l’humanité, que la patience obstinée de ces deux hommes, et de
leurs nombreux collaborateurs, constitue en volumes, de 1751 à 1766.
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B:Les oppositions
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Mais la remise en cause des idées reçues ne va pas sans heurts.
Les ennemis des philosophes entravent leur entreprise, et interrompent plus
d’une fois les travaux en cours. De l’esprit d’Helvétius est condamné. Plus
grave, les dissensions se font sentir de l’intérieur. L’athéisme* des uns s’oppose
au déisme* des autres, et Rousseau va même jusqu’à faire le procès de la civilisation,
minant ainsi l’un des fondements des Lumières : la foi dans le progrès.
Cependant, la philosophie des Lumières fait son chemin dans les
esprits. Voltaire publie un Dictionnaire philosophique
portatif, pour mieux assurer la diffusion de sa pensée. Les livres interdits,
quoi que fasse la censure, n’en circulent que mieux. Les « cabinets de lecture
» permettent au public de s’instruire des idées nouvelles dans des bibliothèques
aménagées. On
vulgarise les doctrines scientifiques, on commente les philosophes anglais,
Locke et Hume, ou le Hollandais Spinoza, dont l’influence est capitale, on voyage,
on entretient des correspondances nourries.
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2:L'action des Lumières
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A:Le combat contre la religion
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Le combat principal est peut-être à mener sur le terrain de la
religion et des superstitions. Les récits de voyage proposent à la curiosité
du public l’exemple de religions exotiques tout aussi dignes que le christianisme,
sinon plus. Par ailleurs, le mythe du « bon sauvage » accrédite l’idée d’une
religion naturelle, plus authentique, peut-être, que toutes les religions instituées.
On en vient même à douter de la Bible. Les savants soumettent les textes sacrés
à la critique philologique*. À la suite de Bayle, Richard Simon analyse les
Écritures, et donne aux incrédules et aux impies des arguments opportuns contre
le catholicisme romain. C’est lui que vise en particulier Voltaire, qui prétend
« écraser l’Infâme ». Il prend donc la défense des innocentes victimes du fanatisme
catholique, Callas, Sirven, La Barre entre autres. Ces affaires retentissantes
font de Voltaire le champion de la tolérance.
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B:L'action politique
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Les philosophes s’engagent aussi sur le terrain politique. Montesquieu
jette les bases De l’esprit des lois. Le système parlementaire anglais inspire
de nombreux projets de réforme. Diderot critique violemment les gouvernements
de Louis XVI et de Frédéric II. Rousseau fonde la légitimité du pouvoir dans
la cité sur un contrat social, et propose à la Pologne un projet de constitution.
La réforme de l’État, voilà le grand sujet. Mais le « despotisme éclairé » n’est
guère qu’une illusion. À la fin du siècle, les blocages du système politique
amènent une révolution, que les Lumières ont préparée sans le savoir.
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C:La nouvelle morale
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Enfin, les Lumières prônent une morale eudémoniste, puisqu’elles
se fixent pour finalité le bonheur du genre humain. D’ailleurs, comme l’affirme
le critique Paul Hazard, au xviiie siècle, « le bonheur est une idée neuve en
Europe », mais on l’entend diversement selon les cas. Le bonheur, pour Voltaire,
est le fruit du travail et de l’activité économique. Pour Rousseau, il coïncide
avec le sentiment et la vertu, que corrompt précisément la civilisation. Pour
les plus hardis des libertins*, il réside dans le plaisir sensuel. Quoi qu’il
en soit, il s’agit d’un bonheur sur cette terre, et la morale est un sujet primordial,
que les philosophes prétendent retirer à l’exclusive autorité de la religion.
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