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Marx : La science du capitalisme
Impression facile
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Pétri d’économie politique anglaise (Smith, Ricardo), Marx en élabore
une critique, qui vise à montrer que les prétendues lois naturelles de l’économie
ne sont que des lois historiques, instituées, cachant l’exploitation du travail
par le capital.
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1. Le fonctionnement du capitalisme
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A. Le travail et sa valeur
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Le patron possède le capital (ensemble des moyens de production: machines,
matières premières, argent…). Il achète la force de travail de ceux qui n’ont
rien, les prolétaires, pour produire des marchandises et les vendre avec profit.
La question est: d’où vient le profit?
La réponse exige un détour par la théorie de la valeur.
Tout bien a une valeur d’usage (ou utilité). Mais pour l’échanger contre
un autre, il faut une unité de mesure, quantitative et commune, qui permette
la comparaison. Or, le point commun des marchandises est le travail incorporé
en elles. La valeur d’échange d’une
marchandise résidera donc dans la quantité de travail nécessaire à sa production.
Le patron paie la force de travail comme une marchandise. Que vaut-elle?
La quantité de travail qu’il faut pour la produire, ou plutôt la reproduire:
il donnera donc à l’ouvrier le nécessaire pour
reconstituer sa force de travail pour le lendemain (salaire). Ce minimum
est fonction des mœurs, de l’économie.
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B. L’exploitation
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Mais la force de travail est une marchandise extraordinaire, qui produit
de la valeur, et une valeur plus élevée que sa propre valeur de marchandise.
La différence entre la valeur produite par le
travail et le salaire est la plus-value*, extorquée par le capitaliste. C’est
la source du profit. L’exploitation est dissimulée, car on confond valeur de
la force de travail (= salaire) et valeur de ce qui est produit par elle.
Ainsi l’ouvrier travaille-t-il en réalité une partie de la journée pour
lui (travail nécessaire à sa reproduction = salaire), et l’autre pour le patron
(surtravail). Il s’agit d’un vol pur
et simple, sous les apparences d’un échange marchand (travail contre
salaire).
Le patron cherche à augmenter
son profit, soit en allongeant la journée de travail, soit, surtout,
en augmentant la productivité (volume de production/heure de travail). Mais
cette dernière solution implique l’achat de machines, donc des investissements.
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2. Évolution du capitalisme et communisme
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Cette course à la productivité, intensifiée par la concurrence, tend
à faire augmenter dans le capital la part des machines. Mais les machines ne
produisent pas de survaleur, comme le travail. Le
taux de plus-value a donc tendance à baisser, entraînant la baisse du taux de
profit. Il devient de plus en plus difficile de rentabiliser les investissements.
Pour maintenir le taux de profit, il faudrait baisser les salaires continûment,
mais cela aurait un grave effet pervers: si la masse des travailleurs n’a pas d’argent, comment écouler
les marchandises?
Il est vrai que la hausse générale de la productivité, en abaissant le
coût des biens de consommation, rend moins coûteux l’entretien des ouvriers,
donc permet d’abaisser le salaire réel. Mais cette baisse est insuffisante,
selon Marx, pour pallier le coût croissant de l’investissement qui l’a rendue
possible. Il semble donc que le taux de profit soit condamné à une baisse tendancielle
constante. La logique même du capitalisme
(augmenter le profit) le conduit à son autodestruction nécessaire.
Les prévisions de Marx se sont révélées fausses; il a sous-estimé les
capacités de résistance et de métamorphose du capitalisme. Il a soulevé de vraies
difficultés dans son fonctionnement, mais nullement prouvé la nécessité de son
autodestruction. Il semble que les exigences
morales du révolutionnaire l’aient poussé à transformer en vérités nécessaires
les simples hypothèses du scientifique. Ainsi la science économique semblait-elle
confirmer admirablement l’indignation morale et justifier la lutte politique.
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