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Puis-je être sûr de bien agir ? (15/20)
Commentaire du correcteur
Prenez le soin de préciser une problématique en introduction. Rien n’est dit sur le "bien". Par la suite, et dès le début, un travail érudit qui ne pose toutefois pas dans leur ordre les problèmes que le sujet implique: vous "embrouillez" mes pistes, peut-être en conséquence d’une volonté maladroite de tout dire! Sachez mesurer votre progression: ce qui intéresse le correcteur est d’assister à une réflexion à l’oeuvre. On ne peut donc être sévère, même si on regrette une propension à l’encyclopédisme. D’autres correcteurs pourraient être plus sévères!Dissertation de l’élève
| - INTRODUCTION En fait, le terme de "bien agir" est assez équivoque, et de son ambiguïté découle le problème de la certitude de ces bonnes actions, et enfin la volonté de les commettre. | On aimerait une problématique claire, svp. |
| Il y a dans l’énoncé du postulat immédiatement un problème de définition d’une "bonne action". En effet, on peut agir en vue du bonheur, qui est un des idéaux de l’homme, mais également pour les philosophes grecs antiques, un but moral quasi-inaccessible. Le bonheur individuel est ainsi la recherche dans l’eudémonisme (même s’il n’a pas de réalité), et la philosophie grecque donne à l’homme les moyens d’être l’artisan de son bonheur. On a dès lors des impératifs hypothétiques, c’est-à-dire des devoirs en fonction d’une fin, ici le bonheur. Toutefois le bonheur se situe surtout dans l’initiative privée pendant la période hellénistique (pour les Grecs, c’était un bonheur commun). Ainsi il est lié au plaisir selon les Épicuriens, sans être toutefois un hédonisme grossier. Il est ainsi plus lié à l’ascétisme et à la maîtrise de soi, où l’on se détache de tous les plaisirs pour accéder au bonheur. Ainsi, le bonheur se situe à plusieurs niveaux. Pour les Stoïciens, il se situe dans le savoir de sa connaissance d’être humain. Pour Aristote, dans l’Ethique à Nicomaque, "le bonheur est le souverain bien", et est ainsi une activité théorétique ou contemplative. Le bonheur le plus haut et inaccessible est donc lié à la réunion de trois idéaux philosophiques: le bonheur pour la morale, le bonheur en tant qu’activité de la raison et le bonheur avec une dimension de vertu. On a donc un bonheur issu de la rationalité, de la morale quand elle est en tous points en accord avec la Raison. Mais il y a une relativité du bien, car outre le bonheur en tant que cause finale, elle peut aussi avoir comme finalité un intérêt commun, bien évidemment ne provoquant pas le bonheur (ne délivrant pas des troubles de l’esprit, et donc ne provoquant pas l’Ataraxie d’Épicure) avec par exemple une volonté de justice, ou de maintien du respect des libertés fondamentales. Il se pose alors un problème de conflit entre les valeurs (par exemple, conflit entre le bien et la vérité). Quelle est la valeur la plus haute? Dois-je toujours agir pour le bien? Il est finalement posé comme postulat que la vérité est la valeur, tout au moins une des valeurs les plus hautes, car elle peut concilier à la fois le bonheur individuel et l’intérêt commun, répondant ainsi au problème de l’emploi du "je", acte individuel aux conséquences multiples. Agir demande toutefois une réflexion antérieure, qui possède autant de vérité que l’acte en lui-même (selon Descartes). La conscience de la vérité mènera donc à la conscience des actes selon le bien. | Quel postulat?
cf Kant: citez-le, et n’oubliez pas que pour les Grecs il n’y a pas de bonheur sans vertu. Oui, mais le sujet?
Sachez poser les problèmes dans l’ordre convenable.
Vous allez trop vite!
Où?
Il manque quelques transitions. |
| On a donc une exigence morale qui veut le bonheur avec une absolue liberté mais qui a pour condition la connaissance de soi. On a alors un problème dans la conscience de cette exigence. En effet, "être sûr" suppose une certitude de ses actes. Or c’est là qu’intervient la conscience: pour Bergson, elle a traversé la vie, et a tenté de libérer quelque chose chez l’homme, en fait de le délivrer de la matière et des mécaniques réflexes. Avec la conscience, l’homme n’est plus dans le monde, mais devant un monde qu’il peut connaître, comprendre et juger. Ainsi, il y a un possible conscience de la vérité, d’autant plus que certaines vérités on été reconnues comme indubitables (par exemple le cogito de Descartes qui en même temps que la conscience de soi, apporte un modèle de vérité, et à partir duquel on va détruire diverses vérités avec le rationalisme gnoséologique). La conscience de la vérité en tant qu’exigence morale nous permet donc d’avoir conscience de la valeur de nos actes, et de pouvoir porter un jugement sur ceux-ci. Pourtant, certains déterminismes échappent à la conscience et ainsi empêchent l’homme d’avoir conscience de la vérité. On a par exemple un déterminisme de causalité mécanique (avec les mécanismes naturels et la satisfaction de ses penchants naturels et sensibles) contraire à la liberté de l’homme. Mais l’homme a une aptitude à la liberté en tant qu’être rationnel par la conscience morale (selon Kant). D’autre part, on a aussi le déterminisme de l’inconscient, déterminisme qui pour Freud est en nous mais échappe totalement au contrôle de la conscience. Or selon le système des Topiques, l’inconscient provient d’un refoulement de certains actes, ou de souvenirs de la conscience, et dans le système Ca-Moi-Surmoi, est le médiateur des intérêts conflictuels du ça (principe de plaisir) et du surmoi (principe de validité avec intériorisation des interdits sociaux). On a donc un déterminisme incontrôlable, et donc un en-soi (mode d’existence avec soumission aux déterminismes) qui s’oppose au pour-soi de Sartre, où l’homme ne serait soumis à aucun déterminisme, avec une absolue liberté. Il y a donc conscience de cette exigence morale mais pas absolue car il existe des déterminismes inaccessibles à l’homme. On a donc un problème de conscience de la valeur de l’acte (et non plus seulement de la vérité qui ne concerne ici que le domaine de la conscience) en fonction de l’acte lui-même et de notre représentation de celui-ci. La possible conscience de vérité entraîne alors la certitude de "bien agir". |
Et alors?
A vrai dire, c’est forcé!
Vous voulez tout réciter.
Admettons |
| Mais si l’on admet que je sais ce qu’est "bien agir", et que je peux le faire, aurais-je toujours la volonté de le réaliser? En effet, il se pose le problème des raisons pour "bien agir". On peut agir par devoir, avec le respect de la loi morale et donc un comportement de moralité, ou conformément au devoir, c’est-à-dire par légalité où il y a peur d’une sanction, ou un quelconque intérêt. Cela montre que l’homme moral est inexistant, car un homme qui serait considéré comme vertueux (par exemple Gygès le Lydien) n’hésite pas à commettre des actes immoraux si il les commet en toute impunité. On a donc un problème d’actions morales (toujours en accord avec la raison). La conscience morale est un ensemble de règles s’imposant à tous les individus plus ou moins sous forme d’obligations, et pour la moralité on a des impératifs catégoriques (sans finalité, Kant pose que la fin est la personne humaine) - à l’inverse, des impératifs hypothétiques provoquent le bonheur - d’où la notion de morale déontologique (opposée à la morale téléologique) de Kant où on a un ensemble de règles auxquelles on ne peut déroger. L’acte qui de fait alors par devoir est dû à un devoir naturel, intérieur à l’homme (suite au mythe du Protagoras). Cela prouve ainsi qu’un homme qui a l’image d’agir moralement n’obéit en fait qu’à des impératifs hypothétiques plus hauts, mais sauf dans le cas de l’homme moral, ne peut se soumettre à la morale déontologique car agit en fonction de ses intérêts. D’autre part, "il n’y a pas toujours possibilité d’agir". En effet, le droit positif (à un instant, en un lieu donné) s’oppose au droit naturel issu de la combinaison entre l’amour de soi (ce qui intéresse à notre bien et à notre conservation) et la pitié. Cette opposition de droits, que l’on retrouve mais sous une autre forme chez Sartre avec les droits réels (jouissance et exercice) et formels (jouissance seulement) montre qu’il y a parfois une impossibilité, par exemple à cause des conditions sociales, à exercer certains droits, d’où l’impossibilité d’agir, et donc de "bien agir", quand bien même je suis sûr de ce qu’est "bien agir". Ainsi on peut dire que la valeur morale d’un acte réside dans son intention, et non pas dans son succès ou insuccès (Kant disait "rien ne peut être tenu pour bon si ce n’est une bonne volonté"). | L’a-t-on bien établi?
Et voilà! C’est intéressant, mais vous produisez de gênants amalgames. Sachez donc développer ce qu’il faut et oublier le "surcroît"! |
| - CONCLUSION On ne peut répondre véritablement à propos de la possibilité de la certitude de bien agir. En admettant que bien agir suppose le bonheur de l’homme et en prenant dès lors pour postulat que celui-ci ne peut être atteint que par la vérité et la connaissance de soi (comme pour les philosophes de la Grèce Antique), alors on a plus ou moins conscience des moyens d’accéder à ce bonheur, même s’il se pose le problème de certains déterminismes incontrôlables. Mais il se heurte ensuite aux raisons qui nous poussent à agir de cette manière, révélant en fait que seul l’homme moral a la volonté libérée de tout déterminisme d’agir de cette sorte. Ainsi, on ne peut être sûr de bien agir car seul l’homme moral agit bien, tant au niveau des actes en eux-mêmes (que tous peuvent commettre) mais surtout au niveau des motifs qui ont poussé l’homme à agir selon la morale, et donc la raison, libérée de tout objectifs finaliste individuel et n’aspirant qu’au pur bonheur, sans aliénation. |
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