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Toutes les opinions sont-elles tolérables (13/20)

Commentaire

Introduction beaucoup trop obscure. Il va falloir clarifier le style!
Ca s’arrange dès la suite, notamment dès le début où vous remettez les pendules à l’heure! Et toutes les distinctions que vous opérez dans un style heurté sont assez pertinentes! Ainsi, c’est un bon devoir: il aurait été très bon si vous aviez passé plus de temps sur la forme: par exemple poser à un moment les questions suivantes: que tolère-t-on? Et selon quels critères? (Cela a été dit, mais c’est diffus)

Dissertation de l’élève :

- INTRODUCTION


L’histoire de la philosophie présente de nombreuses opinions diverses et parfois contradictoires: ces opinions, qu’elles concernent les domaines politique ou scientifique, semblent en général pouvoir s’appuyer sur des fondements plus ou moins acceptables. Mais si certaines opinions ont des fondements plus justifiés que d’autres, et donc qu’il existe diverses catégories d’opinions ne se situant pas au même niveau, la disposition d’esprit - la plus souhaitable serait la tolérance - que nous adopterons vis-à-vis d’elles sera différente: ceci nous amène en fait à nous poser la question de savoir si toutes les opinions sont tolérables. Si l’on admet ce postulat, il va ainsi s’établir une distinction entre les différents domaines de l’opinion: l’opinion apparaissant parfois comme irréfléchie va nous amener à lier l’opinion générale à la recherche de la vérité. Nous tenterons alors de rechercher les opinions en rapport avec cet objectif ultime de vérité.

 

Lourd! Attention au style

- Première partie

La diversité des opinions, c’est-à-dire les diverses prises de positions à partir de simples impressions jusqu’à une affirmation non soumise à la critique, est une des conséquences logiques de la liberté de penser. En effet le liberté d’opinion et la liberté d’expression font partie des grandes bases du régime démocratique, en fait caractérisé par la liberté et l’égalité des hommes. Ainsi au niveau politique la tolérance est liée à toutes les démocraties d’aujourd’hui. Pourtant, depuis la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 (Pour l’exemple de l’État français), la liberté d’opinion est devenue un droit au niveau juridique. Cet argument juridique montre qu’à notre époque il n’y a plus la nécessité de tolérer certaines opinions puisque la laïcité est reconnue politiquement et juridiquement, pour des opinion philosophiques, religieuses ou même politiques. Ainsi, cette laïcité étendue à tous les domaines de réflexion, à partie e la séparation de l’Église et de l’État, entraîne obligatoirement la liberté de pensée: à notre époque, on ne tolère plus réellement toutes les opinions parce qu’on est convaincu moralement de l’intérêt de cette diversité, mais on accepte d’emblée la laïcité, car elle est reconnue juridiquement.

D’autre part, l’opinion est un avis personnel. Comme dit Hegel, "l’opinion est une représentation subjective, une idée quelconque , fantaisiste, que je conçois ainsi et qu’un autre peut concevoir autrement. Une opinion est "mienne", ce n’est pas une idée générale existant en soi et pour soi". En effet, l’opinion ne désire pas s’imposer comme meilleure que d’autres, et ce encore moins comme vérité dans les domaines de convictions politiques ou religieuses. Elles sont simplement différentes au sein d’une population: tolérer ne signifie pas renoncer à ses convictions, ou encore ne pas les manifester, mais implique plutôt la défense de ses croyances en interdisant l’usage de tout moyen violent ou injurieux: cela consiste donc à proposer sans imposer ses convictions personnelles. Cela n’est cependant valable que dans domaines religieux ou politiques, c’est-à-dire les domaines où l’on ne cherche pas à confronter des opinions pour aboutir à une vérité, mais simplement à opposer des avis dans des domaines où il n’existe pas de réponse exacte, ainsi que dans l’opinion publique.

On peut donc tolérer toutes les opinions (à propos de convictions dans des domaines spécifiques) car ces domaines sont d’une part souvent soumis à juridiction, d’autre part relatifs à une idée individuelle. Mais de cela découlent pourtant certaines opinions par définition intolérables, lorsqu’elles sont contraires à la liberté et l’égalité", donc à cette laïcité juridique.

 

Soit

 

Soit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Deuxième partie

On peut néanmoins opposer certaines restrictions à cette liberté d’opinion. Ainsi les idées en rapport avec la diffamation ne sont évidemment plus tolérables car nuisent à la liberté d’autrui. "La liberté des uns s’arrête là où la liberté des autres commence" dit-on: en effet des idées malveillantes en contradiction avec les principes d’égalité et de liberté constituent des opinions fausses. On ne peut donc pas accepter qu’ils cherchent à imposer leurs opinions, qui sont contraires à la liberté de chacun, dans leurs fondements mêmes. Une idéologie de discrimination, affirmant qu’un groupe de personnes est supérieur à un autre, est contraire au principe d’égalité des hommes et constitue donc une opinion intolérable.

Il importe pourtant de bien différencier une idée de son application. En effet dans notre société une opinion est encore trop liée à ses conséquences (par exemple avec la mise en place de dictatures). De plus, l’opinion a un grand pouvoir: Hume précise que les chefs le deviennent grâce à leur opinion, qui les fait accepter comme chefs auprès de leurs sujets. Ainsi certaines opinions peuvent être dangereuses, non pas instinctivement mais dans le risque de leur application, c’est pourquoi on peut les considérer comme intolérables.

D’un autre côté, on peut dans le domaine moral considérer l’opinion comme un jugement non abouti, thèse soutenue par Descartes. Selon lui, les premières connaissances d’un sujet viennent de la faiblesse des sens ou de l’autorité des précepteurs, ce qui s’oppose à la raison. Dans le Discours de la Méthode, il dit que l’opinion est toujours est toujours regrettable car elle empêche l’exercice de la pensée et aveugle l’esprit à force de contrecarrer la recherche de la vérité. L’opinion est alors un renoncement à l’obligation de penser juste, c’est à dire une erreur, une illusion due à l’irréflexion et à la précipitation (aboutissant parfois aux contestables préjugés). Ainsi Descartes remet toutes ses connaissances en question pour arriver à une première vérité, le Cogito. Cela nous montre qu’il en est de même pour les opinions du domaine moral, qui ont pour but l’accès à la vérité: une opinion doit donc être remise en question et utilisée pour la recherche de ce qui est vrai.

Dans le domaine individuel (au niveau de la morale), toutes les opinions doivent tendre à une recherche constante de la vérité. On tolère donc ces opinions pendant leur utilisation, mais ensuite elles n’ont plus de valeur, la valeur suprême étant la vérité, que l’on pourrait en aucun cas ne pas tolérer.

 

 

- Troisième partie

Kant affirme que "l’opinion est le fait de tenir quelque chose pour vrai avec la conscience d’une insuffisance subjective aussi bien qu’objective de ce jugement". Dans le domaine personnel, on recherche donc tout ce qui tend vers le vrai, la vérité. Les opinions constituent plus qu’un réel degré de savoir dans la quête de la vérité. Ainsi Leibniz, dans ses Nouveaux Essais sur l’entendement humain, divise la connaissance en connaissance intuitive, démonstrative, le reste étant formé de la foi et de l’opinion c’est-à-dire la connaissance intuitive. L’opinion est donc un degré de connaissance. Par exemple, pour les sciences, on peut éliminer les opinions douteuses (méthode cartésienne), les opinions scientifiques étant alors basées sur le vraisemblable, comme pour Copernic, où l’opinion de l’héliocentrisme avait un très fort degré de probabilité, tendant quasiment à la certitude. Dans le domaine des mœurs, et comme le dit Descartes dans le Discours de la Méthode, "il est besoin quelquefois de suivre des opinions que l’on sait fort incertaines", on accepte le probable pour éviter un trop grand doute, et donc une trop grande irrésolution; les opinions à propos des mœurs sont donc tolérables en fonction de leur vraisemblances, car "nous sommes obligés de suivre des opinions qui ne sont que vraisemblables, à cause que les occasions d’agir se passeraient presque toujours avant que nous puissions nous délivrer de tous nos doutes" (Descartes).

Dans le but de recherche de la vérité, il existe donc une autre forme d’opinion, l’opinion vraie. Ce sont des conjectures exactes de vérité, comme le montre Platon dans le Ménon. Avec l’exemple de la route de Larissa, il montre que l’opinion vraie ou jugement droit est tout aussi valable que la science quant à la justesse de l’action. L’opinion ne prononce en fait que l’impression actuelle, et celle-ci est toujours vraie (d’après le Théétète de Platon). Platon dit que les opinions vraies "sont de belles choses , produisent du bien" mais évoque leur caractère instable jusqu’à ce qu’on les élève au rang de science. On peut donner des opinions vraies, donc accéder à la vérité, sans connaître les choses dont on parle. L’opinion vraie est donc la seule opinion tolérable, car elle peut être considérée comme une certitude, à l’inverse des autres opinions soit fausses, soit limitées et incomplètes dans la recherche de la vérité.

 

 

- CONCLUSION

Les opinions à propos de conditions diverses(politiques religieuses) sont donc toutes tolérables au nom de la liberté de pansée, et juridiquement de la laïcité; on y excepte toutefois les idées diffamatoires, c’est-à-dire en contradiction avec les principes de la démocratie. D’autre part, on peut considérer l’opinion comme non aboutie et insuffisante, ce qui explique ainsi la quête de vérité. On tolère alors toutes les opinions certaines ainsi que les jugements droits, qui se rapprochent de la vérité, celle-ci étant bien plus que tolérable, digne de reconnaissance (sauf dans un cas de manque total d’objectivité où l’on nie une vérité, par exemple une vérité historique pour les révisionnistes).

La tolérance s’étend donc jusqu’aux opinions qu’on réprouve, que l’on trouve fausses et peut-être dangereuses (si l’on dissocie parfaitement opinion et mise en application) et dans son sens général témoigne d’un certain respect vis-à-vis de différentes croyances. Peut-on alors respecter tout ce que l’on tolère?


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