Mesures
Aujourd'hui,
le développement du travail précaire a brouillée les frontières entre
activité et inactivité en développant des situations incertaines. Les
définitions et les modes de calcul illustrent ces difficultés.
Les mesure
annuelles par le BIT et L'INSEE
Une organisation
internationale, le Bureau International du Travail BIT, a proposé une
définition commune à tous les pays pour faciliter les comparaisons. Pour
être reconnu chômeur, il faut remplir quatre conditions :
- être
dépourvu d'emploi
- être
à même de travailler
- chercher
un emploi rémunéré
- être
à la recherche effective de cet emploi
L'INSEE mesure
chaque année au mois de mars la Population Sans Emploi à la Recherche
d'un Emploi (PSERE). La PSERE est une mesure qui tient compte des
conditions définies par le BIT auxquelles s'ajoutent la nécessité d'être
disponible sous quinze jours pour occuper un emploi et les personnes prises
en compte ne doivent pas avoir travaillé ne serait-ce qu'une heure durant
la semaine de référence qui précède l'enquête.
La mesure
mensuelle par l'ANPE
L'information
mensuelle sur l'évolution du chômage est fournie par la Demande En Fin
De Mois DEFM enregistrée par l'ANPE. Pour l'ANPE est chômeur, toute personne
:
- sans
emploi
- inscrit
à l'ANPE
- qui cherche
un emploi durable à temps plein
- pour
lequel il est immédiatement disponible
Entre la
PSERE et la DEFM on note des différences : des chômeurs BIT ne sont pas
forcément inscrits à l'ANPE et inversement certains chômeurs ANPE ne sont
pas comptabilisés par le BIT (personne ayant une toute petite activité
occasionnelle). Ce flou dans l'estimation peut atteindre 15 à 20 % de
la population concernée et a été nommé le " halo " du chômage. En général,
le chiffre de la DEFM est supérieure à celui de la PSERE.
Le sous-emploi
D'après
le BIT, c'est la situation de toute personne qui est contrainte de travailler
moins que la durée normale de travail (temps partiel subi -1 495 000 personnes
en 1997- ou chômage technique) et qui est à la recherche d'un travail
supplémentaire.
Les indicateurs
Le taux de chômage = (nombre de chômeurs/pop active) *100. Compte tenu
de l'inégalité du chômage (durée et âge), il est intéressant de connaître
: Le taux de vulnérabilité =(nbre de chômeurs de moins d'un an/ pop active
occupée)*100 L'indicateur de difficulté de reclassement = (nbre de chômeurs
de plus d'un an/nbre d'actifs occupés)*100. Un taux élevé indique une
grande difficulté à trouver ou à retrouver un emploi et donc un faible
degré d'employabilité.
Les différentes formes de chômage
Suivant
la durée du chômage
- le chômage
conjoncturel est lié à une baisse passagère de l'activité économique
o le chômage frictionnel est lié aux délais d'ajustement de la main
d'œuvre, d'un emploi à un autre
- le chômage
structurel est dû à des modifications profondes de l'économie (inadéquation
des qualification, passage d'un secteur à un autre)
Suivant
les caractéristiques du chômeur
- le chômage
d'insertion qui résulte de l'impossibilité de trouver immédiatement
un emploi. Il touche essentiellement les jeunes et les femmes à la recherche
d'un 1er emploi.
- Le chômage
répétitif touche les individus peu qualifiés, habitués aux emploi précaires
et qui connaissent de fréquents retour du chômage.
Les inégalités face au chômage
Depuis les
années 70, la France connaît lors des périodes de récession de brutales
poussées de chômage qui ne sont que très partiellement résorbées par les
années de croissance. Par son caractère massif et durable, le chômage
frappe peu à peu toute les catégories de la population ; cependant des
inégalités subsistent.
Selon les
pays
Les structures
économiques expliquent les plus ou moins grande aptitudes à créer des
emplois. Les activités à basse productivité (services en général) absorbent
beaucoup de main d'œuvre.
La composante
démographique ( activité féminine, longueur des études)
Les politiques
macro-économiques et leurs conséquences plus ou moins favorables sur l'emploi
(la politique de rigueur de 1982 en France a contribué à aggraver le chômage)
ainsi que les politique spécifiques de l'emploi (effets des déréglementations,
filet protecteur de la protection sociale ).
Selon l'âge
(les jeunes sont plus touchés), le sexe (les femmes sont plus vulnérables),
la nationalité et la catégorie d'emploi.
Selon la
CSP ( les indépendants sont moins touchés que les salariés au sein desquels
les ouvriers sont plus concernés par le chômage). L'adaptation de l'appareil
productif au cours des deux dernières décennies remettant en cause le
modèle fordiste de la croissance et l'ouverture des économies sur l'extérieur
expliquent en partie ce phénomène.
Selon la
qualification (le taux de chômage décroît régulièrement lorsque le niveau
d'étude s'élève).
Division du travail :décomposition d'une tâche en une série de tâches
partielles et complémentaires contribuant à la réalisation d'un produit.
Productivité du travail : rapport entre une quantité produite et les moyens
mis en œuvre pour l'obtenir. Elle mesure l'efficacité des facteurs de
production et l'efficacité de leur combinaison
Economies d'échelle : les coûts unitaires décroissent lorsque la production
augmente
Coulage : Gaspillages et malfaçons
Turnover : rotation des effectifs
Productivité marginale d'un facteur de production : accroissement de
la production totale qui résulte de l'emploi d'une unité supplémentaire
de ce facteur de production
Flexibilité : ajustement rapide des quantité, des prix et des qualités
aux variations du volume et de la structure de l'offre et de la demande
sur les marchés voir fiche Changement social et inégalités