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Trouver un plan de dissertation
Impression facile
Elaborer un plan de dissertation
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Le traitement d’un sujet n’appelle pas un plan unique. S’il est indispensable
qu’il y ait un plan et qu’il soit bien conçu, sa forme reste secondaire.
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Les deux types de plan
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Un devoir doit toujours être divisé en parties ; c’est la condition minimale
d’un plan. Il y a deux grandes sortes de plan : le plan par thèses et le plan
par étapes. Le plan par thèses consacre une partie à chacune des thèses soutenues,
opposées l’une à l’autre ; l’ordre d’exposition des thèses est en général peu
important. Le plan par étapes enchaîne des parties qui se suivent et dont l’une
doit nécessairement précéder l’autre, sous peine d’incohérence.
Pour le sujet « La réalité est-elle rationnelle ? », un plan par thèses devra
examiner la thèse selon laquelle la réalité est toujours rationnelle et la thèse
selon laquelle la réalité est parfois irrationnelle. L’ordre de l’examen importe
peu.
En revanche, pour le sujet « Jusqu’à quel point connaître implique-t-il de
douter ? », un plan par étapes examinera les questions suivantes dans l’ordre
suivant : faut-il recourir au doute pour connaître ? quel doute favorise la
connaissance, quel doute la sape ? le premier doute entraîne-t-il le second
et, si oui, quels sont les critères qui permettent de reconnaître que le doute
va trop loin ? La réponse à chacune de ces questions étant indispensable pour
répondre à la suivante, il faut les traiter dans l’ordre.
À l’intérieur d’une partie du plan par thèses, il faut ranger les idées par
étapes ; à l’intérieur du plan par étapes, il faut les opposer par thèses. Ainsi,
la dissertation se fait toujours par thèses et par étapes.
Dans la première partie d’un devoir sur « La réalité est-elle rationnelle ?
», soutenant la thèse « la réalité est toujours rationnelle », on pourra trouver
les étapes suivantes :
– pourquoi la réalité, apparemment contingente, se soumet-elle
à des lois rationnelles (les sciences) ?
– que signifie le déterminisme scientifique ?
– en quoi peut-on dire que la raison gouverne le monde ?
Pour le sujet « Jusqu’à quel point connaître implique-t-il de douter
? », la première partie proposée (quel doute favorise la connaissance, quel
doute la sape ?) opposera les thèses suivantes : le doute est indispensable
à la connaissance, le doute ruine toute connaissance.
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Comment choisir un type de plan
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En théorie, les deux types de plan conviennent pour tous les sujets. Le plan
par thèses semble plus simple, dans la mesure où son organisation générale est
donnée par le sujet ou par l’histoire de la philosophie ; néanmoins, c’est à
l’intérieur de chaque partie que votre réflexion se fera sentir, puisque vous
devrez organiser une progression entre les idées et construire un raisonnement.
Le plan par étapes dispose le raisonnement à l’échelle de l’organisation générale
du devoir et semble plus difficile ; mais, à l’intérieur de chaque partie, la
construction est plus simple à réaliser. Il n’y a donc pas réellement de plan
plus facile à suivre lorsque l’on cherche à faire un bon devoir.
Cependant si, déjà pris par le temps, vous devez vous contenter d’un devoir
passable, choisissez le plan par thèses ; il sera plus facile de donner l’apparence
d’une progression par étapes à l’intérieur de chaque partie qu’à l’échelle du
devoir tout entier.
Si vous avez rattaché le sujet à plusieurs problématiques imbriquées les unes
dans les autres (voir séquence 3), chacune d’entre elles pourra sûrement faire
l’affaire pour organiser une partie ; le plan par étapes est alors tout indiqué.
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Construire un plan par thèses
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Le plan par thèses est le plus célèbre des plans philosophiques ; on l’appelle
aussi plan « thèse-antithèse », « thèse-antithèse-synthèse » ou encore « plan
dialectique ».
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Deux ou trois parties ?
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Les deux parties d’un plan par thèses sont toujours faciles à trouver, puisqu’elles
découlent immédiatement de la problématique, voire du sujet lui-même.
Dans un sujet comme « La connaissance scientifique peut-elle seule atteindre
la vérité ? », une partie sera consacrée à la thèse « la connaissance scientifique
est seule à atteindre la vérité », une partie à la thèse « d’autres connaissances
que la science atteignent aussi la vérité ».
Les problèmes du plan par thèses commencent avec la recherche d’une troisième
partie : que doit-on y dire ? Le sujet nous semble toujours épuisé par les deux
premières parties. D’une façon générale, doit revenir à une troisième partie
toute idée qui n’entre ni dans la première ni dans la deuxième. Si vous n’avez
qu’une idée dans ce cas, gardez-la pour la conclusion ; si vous en avez trois,
montez-les en une troisième partie ; si vous en avez deux, cherchez plus encore
pour en trouver une troisième. Trois idées sont un minimum pour élaborer une
partie.
Retenez cependant que, d’une façon générale, une troisième partie n’est pas
obligatoire ; votre devoir sera cependant meilleur si vous en rédigez une. À
partir des niveaux supérieurs à celui du baccalauréat, les trois parties sont
quasiment obligatoires.
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Articuler tout en deux ou trois thèses
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Chacune de vos parties s’articule autour d’une grande idée ou thèse ; vos idées
secondaires seront autant d’arguments en faveur de votre thèse ou de réfutations
de la thèse contraire. Marquez à côté de chacune de vos idées dans quelle partie
la placer ; celles qui restent, s’il en reste, constitueront une troisième partie.
C’est en réfléchissant sur les idées qui restent que vous chercherez quelle
grande idée les rassemble : alors vous connaîtrez la thèse de votre troisième
partie.
Où placer les idées qui sont des réfutations d’argument de la thèse opposée
? D’une façon générale, vous pouvez indifféremment les ranger dans l’une ou
l’autre des deux premières parties ; si vous disposez d’une réfutation de chacune
des deux thèses, vous pouvez les placer en troisième partie, pour renvoyer les
deux thèses dos à dos, mais il faudra une troisième idée pour compléter votre
dernière partie.
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Ordonner en étapes les idées dans chaque thèse
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Il faut chercher à construire un raisonnement en autant d’étapes que d’idées
disponibles. Essayez de créer une progression d’une idée à l’autre, qui donne
l’impression de partir d’un commencement que tout le monde admettrait, pour
aboutir à une conclusion qui procure le sentiment d’en savoir plus : du plus
connu au mieux connu.
Si vous n’arrivez pas à ranger les idées selon un raisonnement, à défaut il
faudra les ranger de l’idée la plus simple et la plus évidente à l’idée la plus
complexe et la moins évidente ; n’oubliez jamais qu’une étape est toujours la
condition de compréhension de celle(s) qui sui(ven)t.
Comment ranger une réfutation à l’intérieur d’une partie ? Tout dépend en réalité
de la valeur que vous prêtez à cette réfutation. Dans le cas où elle vous semble
convaincante, vous procéderez de la manière suivante : si la thèse réfutée est
la première soutenue (première partie), placez la réfutation à la fin de la
première partie ou au début de la seconde ; elle fera transition ; si la thèse
réfutée est celle de la deuxième partie, vous placerez la réfutation à la fin
de celle-ci ou au début de la troisième (si vous avez une troisième partie).
Dans ce dernier cas, vous aurez renvoyé dos à dos les deux thèses opposées,
ce qui est déjà un bon travail philosophique.
Si, au contraire, la réfutation ne vous semble pas convaincante, elle sera
elle-même réfutée : traitez-la comme une idée de la thèse opposée.
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L’équilibre du plan
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Votre plan ne doit compter que deux ou, mieux, trois parties. Chacune d’elles
doit comporter entre trois et cinq sous-parties, c’est-à-dire trois à cinq idées
secondaires qui argumentent en faveur de la thèse principale. Si une partie
en comporte plus, tâchez de reclasser vos idées afin qu’elles soient à peu près
harmonieusement disposées ; au besoin, créez une troisième partie ou bien gardez
une idée un peu forte pour la conclusion. Vous pouvez aussi regrouper des idées
en une seule.
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Construire un plan par étapes
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Le plan par étapes est séduisant pour le correcteur, car il s’aperçoit dès
l’introduction que vous avez tenté d’articuler votre travail comme un véritable
raisonnement ; immédiatement, il a le sentiment que vous n’avez pas cherché
la facilité.
Les parties sont des étapes d’un raisonnement ; elles sont meilleures encore
si vous les articulez selon des problématiques secondaires qui s’intègrent dans
la problématique générale du sujet.
Pour le sujet « La beauté s’explique-t-elle ? », le plus simple serait apparemment
d’opposer les thèses « la beauté s’explique » et « la beauté ne s’explique pas
» entre elles. Un plan par étapes pourrait par exemple être le suivant : 1°
quelle est la nature de l’émotion éprouvée devant une œuvre d’art ou une beauté
naturelle (est-elle parfaitement claire ou obscure au contraire) ? ; 2° comment
la beauté a-t-elle été créée par l’artiste ou l’auteur de la nature (intentionnellement
ou par hasard) ? 3° expliquer la beauté par l’élucidation de l’émotion qu’elle
provoque et par l’exposition de l’intention de son créateur, n’est-ce pas la
faire disparaître ?
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