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Autre question |
Impression facile
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| Matière |
Niveau |
Section |
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8Economie |
Terminale |
autre |
| Chapitre |
Autre question
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| Prestation |
Plan détaillé d'une dissertation |
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| Enoncé |
Sujet: ’’le marché peut-il se passer d’institutions?’’
vous répondrez à cette question en vous appuyant sur vos connaissances ainsi que sur les documents suivants
Doc1
Bien souvent, les grandes transformations historiques, celles qui sont capables de bouleverser nos façons de penser et d’agir, ont une façon à elles seules d’altérer lentement et insidieusement la réalité sociale sans que nous nous en rendions vraiment compte, et ce jusqu’au jour où nous nous apercevrons que tout ce que nous tenions pour évident et désormais révolu et que nous habitons un monde entièrement nouveau. C’est ainsi que l’expression « ère industrielle » ne vit l’existence, sous la plume de l’historien Arnold Toynbee, qu’à la fin du XIXème siècle, une nouvelle forme de capitalisme a mûri lentement, et ce n’est qu’aujourd’hui qu’il s’apprête à remplacer le capitalisme industriel. Après avoir passé des siècles à transformer les ressources matérielles en biens aliénables, ce sont désormais les ressources culturelles que nous entreprenons de transformer en expériences marchandes.
J.Rifkin, l’âge de l’accès, la révolution de la nouvelle économie, Editions de la Découverte, 2000
Doc2
L’opposition entre économies non marchande et marchande relève par conséquent plus de rhétorique que des faits. En outre, l’économies marchande prélève largement sur la distribution. Par exemple, il a été amplement démontré que l’agriculture productiviste est la plus subventionnée, à tel point que, selon la Commission de Bruxelles, le quart des propriétés agricoles -les plus performantes, les plus modernes et les plus riches- draine les trois quarts des subventions. Les entreprises à forte valeur ajoutée pèsent aussi sur la collectivité à travers les investissements et les commandes publics, les prêts préférentiels ; Les grandes industries (aéronautique, automobile, sidérurgie) sont largement dépendantes de choix politiques et de logiques de puissance des Etats.[…]
L’économie non marchande a donc pris une telle ampleur qu’elle ne saurait être analysée seulement en termes de ponction sur l’économie marchande. Elle constitue aussi un soutien à la consommation non négligeable: en France, 12 à 13 millions de personnes échappent à la pauvreté en recevant près de 180 milliards de francs de prestations sociales, 7 à 8 millions de personnes vivent grâce à des revenus minimums garantis. Plus largement, 45% des résidents adultes échappent à la pauvreté en France grâce aux ressources qui proviennent de la protection sociale.
J.-L. Laville, Alternatives économiques, mai 1998
Doc3
Puisque chaque individu tâche, le plus qu’il peut, premièrement d’employer son capital à faire valoir l’industrie nationale, et deuxièmement de diriger cette industrie (1) de manière à lui faire produire le plus de valeur possible, chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société. A la vérité, son intention en général n’est pas en cela de servir l’intérêt public, et il ne sait pas jusqu’à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l’industrie nationale à celui de l’industrie étrangère, il ne pense personnellement qu’à se donner une plus grande sûreté ; et en dirigeant cette industrie de manière que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain ; en cela, comme en beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement en ses intentions; ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus mal pour la société, que cette fin n’entre pour rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent de manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société que s’il avait réellement pour but d’y travailler. […] Quant à la question de savoir quelle est l’espèce d’industrie nationale, que son capital peut mettre en œuvre, et de laquelle le produit peut valoir davantage, il est évident que chaque individu, dans sa position particulière, est beaucoup mieux à même d’en juger qu’aucun homme d’Etat ou législateur ne pourra le faire pour lui.
(1) Par industrie il faut entendre activité économique qu’elle soit agricole, industrielle, ou tertiaire.
A.Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1er édition 1776, Gallimard 1983
Doc4
En effet, dans ce domaine, ce qui n’est pas compté n’existe pas et des libéraux savent tirer parti de cette absence de quantification. Quand ils prétendent que seule l’économie de marché est créatrice de richesses pour la société, ils oublient de mentionner les avantages venant en premier lieu de tout l’apprentissage réalisé au sein de l’économie domestique. Pourtant, grâce à ces avantages, l’entreprise utilise une main-d’œuvre qu’elle n’a pas eu besoin d’éduquer; elle hérite ainsi d’un capital social, c’est-à-dire de ressources symboliques et culturelles d’autant plus fortes que les relations personnalisées dans la famille et le voisinage ont été riches.
J.-L Laville, Alternatives économiques, mai 1998
Doc5
Les consommateurs ont des besoins. Des homme-des entrepreneurs- considèrent qu’ils sont mieux placés que d’autres pour les satisfaire. Ils proposent leurs produits et leur compétence sur le marché où ils entrent en compétition avec d’autres. Ce sont les citoyens qui arbitrent par leurs achats ou refus d’acheter. On a non seulement un système qui permet de produire plus (car moins cher), mais aussi un mécanisme de sélection démocratique : des individus se présentent aux suffrages de leurs concitoyens pour résoudre des problèmes de production qu’ils considèrent pouvoir résoudre mieux que d’autres, et cela sous la sanction quotidienne du référendum du marché.
H. Lepage, Economie-Géographie, juin 1986
Doc6
Le marché existe-t-il ? La question a quelque chose de saugrenu alors qu’il s’étale au grand jour devant nous : vitrines des magasins, publicité, fluctuations des cours de la bourse, entreprises en proie à la concurrence. S’interroger sur l’existence du marché touche même à la provocation face aux agriculteurs soumis aux contraintes du GATT(1), ou face aux chômeurs qui consultent chaque jour les offres d’emploi sur le marché du travail. Et pourtant, le fait que des millions de gens croient en Dieu et acceptent de vivre sous sa loi ne prouve en rien son existence. Le fait de voir le soleil se lever le matin et se coucher le soir ne prouve pas qu’il tourne autour de la terre. La physique nous a même convaincu du contraire. Il est des évidences aveuglantes qu’il faut savoir interroger. Et si le marché lui aussi était une fiction? En examinant comment les scientifiques-économistes, historiens, sociologues, anthropoloque- abordent aujourd’hui la question, le doute est permis. En effet, pour les besoins de l’analyse, les économistes libéraux ont construit un modèle « pur » du marché, ou fonctionnent à merveille les lois de l’offre et de la demande… Mais ce modèle n’existe que dans les manuels. D’un autre point de vue, ceux qui cherchent à appréhender l’économie empirique découvrent que les relations marchandes sont tout autant bâties sur les règlements, les organisations, les institutions, les réseaux, les habitudes, que sur les mécanismes, lois et rouages décrits par la théorie.
(1) le GATT a été remplacé en 1995 par l’Organisation mondiale du commerce
J.-F Dortier, Sciences humaines, n°3, novembre-décembre 1993
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Réponse de notre équipe pédagogique :
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"le marché peut-il se passer d’institutions ?"
Problématique : marché et institutions sont souvent présentés
comme antagonistes, défendus l’un par les libéraux l’autre par
les étatiques. Pourtant, le marché est lui même une institution
qui ne fonctionne pas parfaitement bien...
1 - Selon les libéraux classiques, pères de la pensée
économique moderne, le marché se suffit à lui seul
a - Adam SMith défend l’idée que chaque individu contribue au
bien commun s’il agit dans son propre intérêt
b - chaque institution est alors un obstacle au fonctionnement de la "main
invisible" qui répartit les richesses de manière optimale
c - le marché est de plus une forme de démocratie parfaite (cf
doc 4)
d - aujourd’hui, les ultra-libéraux (école de Chicago : Robert
Barro et autres) estiment que l’Etat doit se retirer de ses fonctions autres
que régaliennes et l’accusent des principaux maux de l’économie.
2 - Mais, de fait, les institutions sont très présentes dans
toutes les économies capitalistes
a - l’Etat a souvent été un entrepreneur : grands travaux (New
deal), nationalisations, etc.
b - il est également un gros client (cf doc 2) et un
c - la politique de redistributionpar l’impôt permet de faire fonctionner
le marché. Sans cela, de nombreuses personnes en seraient exclues (référence
au modèle fordo-keynésien)
3 - Plus généralement, le marché est lui-même
une institution et doit être réglé. Sinon, il ne peut pas
fonctionner...
a - les modèles classiques reposent sur : le fait que l’information
soit parfaite, le fait que les prix véhiculent toute l’information des
agents, etc.
b - ceci suppose que les marchés soient organisés, et donc que
des institutions s’en mêlent : COB, droit financier et commercial, mais
aussi information financière, etc.
c - les marchés sont encore trop souvent imparfaits : absence d’info
parfaite (cf. doc 6), absence même parfois du marché même...
CCL : l’affaire ENron nous a prouvés que le marché ne sourait
se dispenser d’institutions, sous peine de perversion...
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