La classe ouvrière française a connu de nombreuses évolutions
depuis le 19ème siècle, siècle de la lutte des classes
et où elle était extrêmement homogène ( au niveau
des salaires, des tâches, des revendications). Pourtant, entre temps,
cette classe ouvrière est passée par les Trente Glorieuses, mai
68, la crise, puis la mondialisation.
Tous ces boulversements ont-il détruit son homogéneité
?
I : Les ouvriers français constituent encore aujourd’hui un groupe social
homogène
A : Une masse importante de salariés exécutant à faible
revenu
Le point commun des ouvriers reste encore le salariat et le travail d’éxécutant;
En effet, sur les 19,5 millions de salariés en France, le salariat d’éxécution
( ouvriers et employés) constitue à lui seul un groupe de 14 millions
de personnes.
Les caractéristiques principales du groupe des ouvriers est donc le fait
qu’ils effectuent des travaux d’éxécutants et qu’ils reçoivent
en échange un faible salaire.
B : Une place particulière dans la société
-Les ouvriers votent traditionnellement à gauche
-Ils constituent une classe sociale homogène dans la mesure où
il y a une certaine endogamie au sein de la classe ouvrière ( les ouvriers
se marrient avec des ouvriers) ainsi qu’une reproduction sociale, les fils d’ouvriers
devenant ouvriers ou alors employés.
C : Un héritage commun
-Les ouvriers sont très souvent eux-mêmes fils d’ouvriers et ont
de forts souvenirs des luttes sociales pour obtenir leur droit ( En 1936, en
mai 68 etc).
-La classe sociale ouvrière a été victime de la crise des
années 70 jusqu’aux années 2000 : délocalisation, chomâge,
précarité, aide de l’état etc.
II : Le groupe des ouvriers tend cependant à être de plus en plus
hétérogène
A : L’évolution des tâches permet de distinguer les ouvriers qualifiés
des ouvriers non qualifiés
-Les ouvriers qualifiés ont des emplois bien payés, stables alors
que les ouvriers non qualifiés sont très souvent dans une situation
précaire ( un bon nombre d’entre eux est de nationalité étrangère)
-La technicité grandissante des industries ( comme l’automobile ou la
sidérurgie) a renforcé ce clivage
B : La condition des ouvriers évolue differemment selon les secteurs
-Différence secteur privé/secteur public : les ouvriers du secteur
privé sont exposés à la concurrence, à la délocalisation,
ont des contrats de travail moins avantageux...
-Différence entre les secteurs en crise et les secteurs en expansion
: dans les secteurs comme la sidérurgie ou les mines, il y a constamment
des licenciements ou des départs en pré-retraites
-Différence entre ouvriers dans une grande structure et ouvriers dans
une petite structure
CCL :
La place des ouvriers au sein de la hierarchie sociale fait que ces derniers
partagent encore de nombreux points communs.
Cependant, devant la complexification et la diversification des tâches,
cette classe tend à être de plus en plus hétérogène.