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Le financement de l'économie(monnaie, taux d'intérêt, obligation…) |
Impression facile
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| Matière |
Niveau |
Section |
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8Economie |
Première |
ES |
| Chapitre |
Le financement de l'économie(monnaie, taux d'intérêt, obligation…)
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| Prestation |
Plan détaillé d'une dissertation |
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| Enoncé |
Sujet : Comment peut-on expliquer l’évolution du système financier depuis les années 80 (Vous vous appuierez sur l’exemple français) ?
Plusieurs documents pour aider :
Document 1 : L’économie d’endettement.
Voilà donc réunies les caractéristiques d’une économie d’endettement, telle que nous l’avons observée en France jusqu’au début des années 80 :
- faiblesse de l’épargne financière et de l’autofinancement des entreprises ;
- développement du crédit bancaire pour financer la trésorerie mais aussi l’exploitation et les immobilisation ;
- situation de prêteurs ultimes et contraint pour la Banque centrale.
De cette structure de financement, présente dans l’ensemble de l’Europe du Sud, découlent un certain nombre d’implications. Au chapitre des avantages, on peut inscrire la possibilité d’une croissance plus rapide, comme accélérée par le crédit. Malgré l’absence d’épargne, l’investissement se développe et engendre un surplus de production qui rend possible le remboursement des emprunts initiaux.
Mais l’histoire économique récente nous a appris qu’on ne pouvait abuser de cette pratique.
Il n’est donc pas surprenant que la montée de l’inflation et la difficile et fragile désinflation des années 70-80 aient conduit les autorités monétaires et financières à souhaiter une modification des structures de financement.
On cherche aujourd’hui en France à se rapprocher d’une économie de marchés financiers, dont l’exemple type seraient les Etats-Unis .
Bernard Belletonte, Yves Crozet, l’Europe monétaire et financière,1990.
Document 2 : Le désintermédiation et déréglementation
Le ralentissement de la croissance et la hausse de l’inflation, à partir des années 70, entraînent une montée des déficits publics et des taux d’intérêt à long terme. Le mode de financement administré de l’économie s’en trouve remis en cause . L’ouverture des marchés financiers - dans un contexte de retour des idées libérales et de montée des firmes multinationales – est alors perçue comme un moyen de limiter le niveau de taux d’ intérêt grâce à la concurrence et d’assurer une allocation optimale des moyens de financement. En outre , l’ouverture des marchés permet aux Etats de financer plus aisément leurs déficits publics en drainant des capitaux au-delà du seul espace domestique.
Les marchés financiers, jusque-là fortement cloisonnés, sont déréglementés par étapes successives : le marché monétaire, réservé aux seules banques, s’ouvrent aux entreprises ; un marché de billets de trésorerie ( émis par les entreprises pour se financer) et de certificats de dépôts ( émis par les banques ) se crée, etc. la déréglementation des marchés modifie rapidement le mode de financement des banques et des entreprises qui peuvent dès lors se financer directement sur le marché, sans recourir forcement à la Banque centrale pour les premières et aux banques commerciales pour les secondes. Les marchés se substituent aussi rapidement aux crédits bancaires, dont la part dans l’ensemble des financements se réduit de 80% en 1980 à 60% en 1988 et à … 20 % aujourd’hui.
Sandrine Trouvelot, « Comment les banques centrales gouvernent l’économie ? »
Document 3
La structure des financements de l ‘économie en France
En milliards de Francs De 75 à 80 De 80 à 85 De 85 à 90 De 90 à 95
1.Crédits(variation d’encours) +273 +311 +570 +131
Dont ménages +104 +141 +202 +7
Dont sociétés +61 +36 +293 +21
2.Financements de marché par emprunts+112 +324 +638 +350
Dont marché monétaire +1 +50 +438 +135
Dont marché obligatoire +111 +274 +200 +215
3.Emission d’actions +24 +100 +281 +232
4.Emission de titres +136 +424 +918 +582
Produit intérieur brut 2412 4585 6510 7675
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Pistes |
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Je ne peux pas vous transmettre le quatrième document donc je vous fait un petit résumé:
ce sont 3 docs : l’un montre l’évolution des action françaises de 1964 à 1994. On peut remarquer que entre 64 et 78, le nbre d’actions reste stable mais à partir de 79 ily a une explosion des actions.
Le second doc montre l’évolution des obligations du secteur privé qui montre de 64 à 79 les obligatons augmentent de 5% par an. Entre 79 et 83, les obligations restent stable. Enttre 83 et 94 le taux de croissance des obligations varient entre 5 et 10%.
Enfin le 3° doc nous informe sur les placemnts liquides et à court terme.
De 64 à 85 les placements baissent en moyenne de 2% par an(livret ordinaire). Entre 86 et 94 le taux de croissance est en moyenne de 2% (livret ordinaire et livret d’épargne populaire:résérvé aux pauvres)
BON COURRAGE ET ENCORE MERCI... |
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Réponse de notre équipe pédagogique :
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Introduction : De 1950 à 1973, la France connaît une période
de croissance exceptionnelle. Cette forte croissance permet de s’accommoder
d’une économie de l’endettement, puisque les taux d’intérêts
réels sont très faibles. Ceci change à partir de 1973/1976,
et oblige l’économie à s’adapter : déréglementation,
désintermédiation deviennent les mots d’ordre aux Etats-Unis,
puis à partir de 1983 en France. Nous verrons dans un premier temps les
caractéristiques du système financier des années 1970 puis
en quoi les années 1980 marquent un tournant dans le fonctionnement de
ce système.
1 - Jusqu’au début des années 80, le système financier
français garde les caractéristiques des trente glorieuses : ces
caractéristiques deviennent progressivment inadaptées.
A - Le système financier français des années 1970 :
une économie de l’endettement
- L’économie d’endettement est l’état d’un système financier se caractérisant
par la prédominance de l’intermédiation bancaire. Dans ce type de système
financier, les taux d’intérêt sont administrés et résultent du comportement
de l’offre (Banque Centrale et banques), et les banques sont assurées de trouver
un financement auprès de la Banque centrale, prêteur en dernier ressort.
- Ainsi jusqu’au début des années 1980, l’économie française est une économie
d’endettement, c’est à dire que la part des financements intermédiés était
très largement supérieure à celle des financements directs. En effet le faible
taux d’autofinancement des entreprises leur imposait de recourir à des financements
externes qui prenaient essentiellement la forme de crédits bancaires, du fait
de l’étroitesse des marchés financiers.
- Par ailleurs, du fait du contrôle des changes, qui s’achèvera en 1990, le
système était faiblement ouvert sur l’extérieur. Ainsi le crédit bancaire
constituait l’unique moyen de financement de l’économie, et celui s’exerçait
dans un contexte de faible concurrence entre les institutions financières.
De plus la régulation du système financier s’effectuait essentiellement par
un contrôle direct sur les quantités de crédits distribuées chaque années
(encadrement du crédit jusqu’en 1987).
- (illustrer cela par le doc. 1)
B - Ceci pose problème à partir de 1973/1975 (crise pétrolière
et industrielle)
- En effet, un tel système fonctionne tant que la croissance est forte,
permettant de rembourser facilement les emprunts. Dès que la croissance
se ralentit, les entreprises sont "prises à la gorge" par
le coût du crédit (d’autant plus que les taux à longs
terme augmentent, rendant l’endettement plus cher, cf. doc 2).
- Le doc. 4 nous montre aussi que le coût de l’argent, pour les ménages
comme pour les entreprises, augmente fortement après 1985. Par exemple,
avant 1985, le livret A faisait "perdre" de l’argent, incitant donc
les gens à consommer
(fin du doc. 1)
Ainsi, le système n’est progressivment plus adapté.
2 - A partir de 1983 (gouvernement Fabius), la France prend le tournant
de la modernisation.
A - Le début du mandat de F. Mitterrand (gouvernement Maurois) s’étant
soldé par un échec économique (faible croissance, inflation),
le gouvernement Fabius prend un premier virage libéral, avec quelques
années de retard sur les Etats-Unis (où la déréglementation
a eu lieu en 1979).
B - L’intégration européenne (SME) est également un
facteur d’évolution, puisque elle pousse les Etats à l’ouverture.
C - Les actions des gouvernement pour modifier le système :
- La déspécialisation bancaire à partir de 1982 et surtout la loi
bancaire de 1984.
- La suppression de l’encadrement du crédit en 1987 qui freinait la concurrence
entre les institutions financières. (déreglementation)
- La multiplication des innovations financières qui créait une alternative
aux prêts bancaires.
- La levée progressive du contrôle des changes entre 1985 et 1990. (déreglementation)
- La réduction du taux des réserves obligatoires. (déreglementation)
- Ces transformations ont rendu le système financier français plus efficace
et ont abaissé les coûts de financement. Cependant seules quelques milliers
d’entreprises ont accès au marché de capitaux.
- De plus, création du "second marché" en 1983, qui
rend le financement boursier accessible aux grosses PME.
D - Des résultats très concrets :
- substitution du marché au crédit bancaire (doc.2)
- titrisation de l’économie (explosion du nombre de titres et d’actions,
cf.doc 3)
- augmentation du nombre d’entreprises cotées en bourse (doc.4)
Conclusion : les années 1980 forment une charnière dans
l’histoire financière française. Après 10 ans de crise
industrialo-énergétique, la France (comme les autres pays industrialisés)
est obligée de s’adapter et de modifier ses structures. Ceci est amplifié
par le rôle grandissant des multinationales et de l’ouverture de l’économie
mondiale. Après avoir été un fief national, la finance
devient internationale et ouverte.
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