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Baudelaire |
Impression facile
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| Matière |
Niveau |
Section |
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9Français |
Première |
ES |
| Chapitre |
Baudelaire
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| Prestation |
Plan détaillé d'un commentaire composé(joindre le texte, l'auteur et la date) |
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| Enoncé |
Lecture méthodique du poème:
’’la vie antérieure’’ de Baudelaire, issu du recueil Les Fleurs du mal.
J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.
Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d’une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Au couleurs du couchant reflété par mes yeux.
C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs,
Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,
Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l’unique soin était d’approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.
Charles Baudelaire
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Réponse de notre équipe pédagogique :
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Thème de la vie vécue auparavant est un thème de littérature fantastique, lié à la nostalgie d’un Paradis perdu. Cz Baudelaire, ce thème rejoint celui de l’exotisme
« La Vie antérieure » est un sonnet consacré à une évocation harmonieuse et mystérieuse. Cette évocation est celle d’un monde exotique et maritime qui se présente comme le lieu privilégié d’une expérience vécue à un moment non défini du passé. L’emploi de la première personne et celui du passé composé soulignent à la fois le caractère personnel de l’expérience et son caractère lointain, explicités par le titre - il s’agit d’une vie déjà vécue ou rêvée. Les deux premiers quatrains sont consacrés à une présentation des paysages, toute en lumière, musicalité et mouvement. Les tercets, dans la même ligne d’harmonie, évoquent les caractères de la vie exotique heureuse. Le sonnet se termine cependant sur le rappel d’un malaise : toute vie est douloureuse, et la beauté des paysages ne compense que partiellement les chagrins indéfinissables du spleen. Une lecture méthodique du texte pourra mettre en relief les caractères personnels du texte, puis l’originalité et les qualités esthétiques des deux tableaux et enfin les traits de la vie exotique.
I. L’EXPRESSION DE L’EXPÉRIENCE PERSONNELLE
L’expérience personnelle passe par un système d’énonciation à la première personne - « J’ai longtemps habité... » (v. 1), « j’ai vécu » (v. 9), « me » (v. 12, v. 14). Les temps des verbes soulignent qu’il s’agit d’une expérience révolue. Le passé composé souligne la persistance de la réminiscence dans le présent ; l’imparfait à la fois descriptif et répétitif correspond aux différents tableaux évoqués et aux gestes de la vie passée.
II. LE PAYSAGE BAUDELAIRIEN
Premier quatrain - une marine à l’antique
• Double dominante : terre/soleil.
• Ampleur donnée par les adjectifs (« vastes », « mille » ; « grands », « majestueux ») et par les pluriels (tous les noms sauf « le soir »).
0 Insistance sur la verticalité « piliers », « grottes basaltiques,,,) -, on le même paysage mystique que dans le quatrain des « Correspondances l’élève, p. 319). 0 Insistance sur la lumière feux »). 0
Opposition de deux rythmes : harmonieux (v. 1 et 2) pour suggérer l’ampleur de l’arrière-plan, plus rapide par la ponctuation pour suggérer un 1er plan limité et divisé en plusieurs éléments (V3-4)
L’insistance sur le caractère antique crée un dépaysement temporel
Deuxième quatrain : un coucher de soleil romantique
Certains éléments continuent les images du pr quatrain, d’autres font intervenir des notions nouvelles et créent des correspondances.
0 Double dominante, différente de celle du 1er quatrain. Il s’agit ici de la mer et du soleil
(« houles », « couleurs du couchant »).
a Ampleur donnée par les pluriels et par l’image d’un paysage illimité (« houles », « cieux », « accords », « couleurs »). L’ ’insistance sur les reflets crée une démultiplication d’images et mouvements.
9 Insistance sur un mouvement ample et harmonieux (« roulant ») et sur l’horizontalité (« mer », « houles », « cieux »).
Jeu de miroirs : « houles »/« cieux » (v. 5), « couchant »/« yeux » (v. 8).
0 Jeu de correspondances sensibles qui fait passer du mouvement à l’image, de l’image à la musique et de la musique aux couleurs (perception visage ---> perception auditive --> perception visuelle). Ces correspondances aboutissent à une harmonieuse et mystérieuse fusion des perceptions, à une impression de lent vertige. Par cette évocation des correspondances sensibles, l’univers décrit est présenté comme idéal, il fait accéder à l’ineffable, à une expérience privilégiée qui est celle de la découverte de l’essence, au-delà du monde sensible, et grâce à lui. L’exotisme crée ici un nouveau dépaysement spatial.
Ill. UNE SCÈNE DE LA VIF EXOTIQUE
Les deux tercets donnent les qualités et les caractéristiques de la vie menée par le narrateur dans le contexte décrit dans les deux quatrains. On peut noter ainsi trois éléments.
0 La reprise des éléments spécifiques du paysage (« azur »/ciel, « vagues »/« houles ») et l’insistance sur son aspect esthétique (« splendeurs » reprend toute la description précédente et la résumé). 0
L’insistance sur une présence apaisante agréable (« esclaves », « odeurs », « rafraîchissaient »).
L’effet de déchirement provoqué par le dernier vers : négation du charme du paysage décrit. Echec de l’évasion exotique.
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