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Etude d'un mouvement littéraire |
Impression facile
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| Matière |
Niveau |
Section |
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9Français |
Seconde |
générale |
| Chapitre |
Etude d'un mouvement littéraire
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| Prestation |
Plan détaillé d'un commentaire composé(joindre le texte, l'auteur et la date) |
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| Enoncé |
Question: vous rédigerez un commentaire composé de ce poème.
Texte de Victor HUGO, Les orientales (1828)
Présentation du texte : l'île de Chio, en mer Egée, a été le théâtre de massacres en 1822, lors
de la guerre d’indépendance grecque contre les Turcs.
L’enfant
Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l’île des vins, n’est plus qu’un sombre écueil,
Chio, qu’ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelques fois
Un cœur dansant de jeunes filles.
Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée.
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oublié.
Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur le roc anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l’onde,
Pour que dans leur azur de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tête blonde,
Que veux-tu ? bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment ramener
En boucles sur ta blanches épaule
Ces cheveux, qui du fer n’ont pas subi l’affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?
Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d’avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d’Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu’un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?
Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que des cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fuit, ou l’oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus,
je veux de la poudre et des balles.
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Réponse de notre équipe pédagogique :
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Strophe I :
Désolation totale de Chio après le passage des Turcs. Tu peux relever le vocabulaire de la terreur, de la noirceur et de la mort qui est à chaque fois attachée aux Turcs, tandis que vit le souvenir riant de la vie, de la beauté que fut Chio.
Strophe II :
Coupure nette, style volontairement heurté : « Tout est désert. Mais non »…
Position humble de l’enfant qui est assis, comme s’il ployait sous le poids de la misère et de l’infortune. Il est associée à l’aubépine et l’organisation des vers renforce cette association :
« Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée. » on ne sait si on doit accorder « oubliée » avec la fleur ou avec l’enfant.
Strophe III :
Fragilité des pieds nus sur le sol. Apprécier le choc provoqué lorsqu’on prononce la fin du vers : « le roc anguleux ». Même la nature semble être ennemie de l’enfant. Elle est dure pour lui, comme l’ont été les hommes. Il est vraiment abandonné de tous et de tout.
L’enfant est pourtant associé à une nature riante, à une nature pure, sans soucis de la guerre.
Strophe IV :
Hugo semble apostropher l’enfant, s’adresser directement à lui. Cela nous rend le personnage plus proche. Le tableau peint par Hugo prend vie. Lueur d’espoir. On peut encore quelque chose pour cet enfant abandonné. L’enfant est encore décrit comme beau (bel enfant, beau front…) : cela fait penser à un ange ou un éphèbe grec. Idée de pureté. C’était la même idée qu’on trouvait dans la première strophe où à Chio était attachée le champ lexical de la beauté.
Strophe V :
Elle débute et elle est construite comme la strophe précédente : une question au début, une question à la fin. Insistance d’Hugo qui cherche vraiment à sauver l’enfant (et le destin de Chio). Les propositions faites à l’enfant sont belles, aussi belles que lui, mais on les sent déjà inutiles. La fleur et le fruit décrit ici sont typiques des régions grecques et du bassin méditerranéen en général. Ceci renforce l’identification faite entre l’enfant et sa terre natale.
Strophe VI :
Même remarque que pour la strophe précédente à ceci près que les cymbales sont fabriquées essentiellement en Turquie, encore aujourd’hui.
La réponse de l’enfant est une chute inattendue et préparée tout au long du poème car elle fait suite aux multiples questions. La teneur de la réponse est brutale et, l’enfant choisit la guerre, tout comme Chio qui répond aux attaques turques par de nouvelles attaques. On comprend que la nature ne reprendra pas ses droits sur l’homme.
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