1 O prison douce, où captif je demeure
non par dédain,force ou inimitié
mais par les yeux de ma douce moitié,
qui me tiendra jusqu’à tant que je meure.
5 O l’an heureux, le mois le jour et l’heure,
que mon coeur fut avec elle allié!
O l’heureux noeud, par qui j’y fus lié,
Bien que souvent je plains, soupire et pleure!
Tous prisonniers vous êtes en souci,
10 craignant la loi et le juge sévère;
moi plus heureus, je ne suis pas ainsi.
Mille doux mots doucement exprimés,
mille doux baisers doucement imprimés,
sont les tourmrents où ma foi persévère.
1 identifier les figures de style utilisées dans le verset 1
- 2 oxymores (effets d’attente trompés) : prison/douce et captif/demeure
- 1 métonymie : Du Bellay parle des yeux de sa femme pour la décrire
- allitérations en "m"(demeure, inimitié, mais, ma,
moitié, me, meure) et en "d" (douce, demeure, dédain,
douce). Le "m" exprime la douceur tandis que le "d" est
une dentale, qui exprime la dureté de la prison.
2 quelle est la raison d’être de l’apocope au vers 13 ?
Je ne vois pas ici d’apocope (mot tronqué : ex: télé pour
télévision, etc.)
3 étudier l’énonciation, la construction et la signification du vers 9
Tous/vous : l’auteur met les autres hommes devant le fait accompli. Ils sont
tous prisonniers.
La formulation "normale" de cette phrase serait "Vous êtes
tous prisonniers de vos souci". Mais la place de "tous prisonniers"
au début donne plus de puissance au vers.
4 comment s’organise l’alliance du thème de la prison et de l’amour
L’alliance est complète : l’amour est une prison (verset 1), ce qui
pourrait sembler une contrepartie désagréable de l’amour. Mais
la "prison" est indissociable de l’amour : si il n’y a pas d’enchaînement,
il ne peut pas y avoir d’amour (Verset 2 : coeur/allié, heureux noeud).
Le poids des chaînes est proportionnel à l’intensité amoureuse
(mille, etc.) et l’auteur est content d’être prisonnier de son amour (verset
3 : où ma foi persévère)
5 en s’appuyant sur des éléments précis du texte analyser et interpréter
la signification du dernier verset
L’auteur signifie ici que tous les hommes sont prisonniers, mais qu’ils se
séparent entre :
- ceux qui sont prisionnier de leur quotidien médiocre (craignant la
loi). ceux-ci ont une démarche passive (ils "craignent")
- lui qui est prisonnier de son amour. Mais la démarche amoureuse est
active (il "persévère")