|
Sujet de discussion |
Impression facile
|
| Matière |
Niveau |
Section |
|
9Français |
Première |
ES |
| Chapitre |
Sujet de discussion
|
| Prestation |
Plan détaillé sur un sujet de dissertation ou de discussion |
|
|
| Enoncé |
| "Dans quelle mesure peut-on parler de littérature scientifique ?" |
|
|
Réponse de notre équipe pédagogique :
|
Introduction :
La science est l’ensemble des savoirs méthodiques : elle s’oppose donc
à l’ignorance, mais aussi à l’art. La littérature est,
elle, un des principaux arts, avec la peinture, la sculpture, l’architecture
et la musique. Pourtant, on parle couramment de littérature scientifique,
de même que l’on parle de littérature historique ou de littérature
politique...
Ainsi, comment concilier deux notions a priori contradictoires ? La
littérature scientifique est-elle une sous-littérature ou une
branche à part entière de celle-ci ? La science est-elle condamnée
à être affaiblie quant elle veut se transformer en art ?
Dans quelle mesure peut-on parler de littérature scientifique ?
1 - La science est un sujet sans fin pour la littérature :
- Tout d’abord, une remarque : la science est un ensemble de savoirs. Or tout
savoir doit être transmis et nécessite un véhicule pour
être transmis : le meilleur de ces véhicules est l’écrit.
Ainsi, la plupart des grands scientifiques sont devenus, par la force des
choses, des auteurs (bons ou mauvais). On peut par exemple citer Descartes,
dont une partie des oeuvres est scientifique (passages du Discours de la Méthode,
etc.). Peut-on pour autant parler de littérature ? Pas sûr, cela
dépend du degré d’implication de l’auteur par rapport à
ce qu’il écrit : certains écrits scientifiques peuvent devenir
des chefs-d’oeuvre litéraires (par leur style, etc.) tandis que d’autres
ne sortiront pas du cercle des scientifiques.
- De même, la science est une mine d’inspiration pour la littérature.
Nous pouvons distinguer :
- le roman scientifique. Bernard Werber, par exemple, dans "Les Fourmis",
décrit toutes les caractéristiques de la fourmillière
(caractéristiques biologiques, géométriques, etc.)
- le roman d’anticipation. Inspiré par les connaissances scientifiques
actuelles, il anticipe les développements de ces dernières.
Ex : George Orwell ("1984"), H.G. Wells ("La guerre des
Mondes"), Ray Bradbury ("Fahrenheit 451")
- le roman de science-fiction. Celui-ci, le plus répandu, est celui
dont la qualité est la plus inégale. Il est souvent commercial
et racoleur. Nous pouvons citer : "La guerre des étoiles",
etc.
- Enfin, certains scientifiques d’origine sont devenus de grands auteurs.
Boris Vian, par exemple, est ingénieur de l’école Centrale.
Sa formation scientifique ne se retrouve pourtant pas dans ses oeuvres, dont
la logique interne est très spécifique ("L’arrache coeur",
"L’écume des jours")
2 - La science inspire également les techniques littéraires
et a joué un grand rôle dans l’évolution de la littérature
- Dans l’Antiquité, rares étaient les romanciers. La littérature
était essentiellement poétique et les écrits en prose
étaient essentiellement philosophiques ou politiques. Le roman se distingue
de la poésie par une plus grande liberté de style (pas de règles
de rimes, etc.) mais également une plus grande rigueur du sens : si
l’on excepte le roman expérimental, le roman s’attache souvent à
décrire une réalité et a donc un caractère plus
"scientifique" que le poème.
- Le roman naturaliste, lui, a clairement une composante scientifique. Zola,
surtout, utilise les théories de la génétique et de la
physiognomonie (théorie selon laquelle le caractère de quelqu’un
peut se lire dans ses traits physiques) pour structurer son oeuvre : Les "Rougon-Macquart"
sont ainsi sous-titrés "Histoire Naturelle et Sociale..."
- Un grand nombre d’oeuvre a, par ailleurs, une structure scientifique. Le
polar, par exemple, est souvent construit comme un puzzle qu’un bon logicien
sait recionstituer bien avant d’avoir fini le livre. Lewis Carroll a, lui,
écrit de nombreuses "Oeuvres logiques", dont les éléments
sont tous des énigmes à part entière.
3 - Science et littérature sont-ils conciliables ? Une ouverture
théorique...
- Pour Kant, philosophe allemand, le beau est un "universel sans concept",
c’est à dire qu’il est inexplicable : ce qui est beau est beau, tout
le monde est d’accord là-dessus et cette beauté n’a de source
nulle part. Ainsi, il y a une réelle distinction entre art (support
de la beauté) et science (support des concepts). La conclusion de cette
thèse est, ici, que la bonne littérature scientifique peut exister,
mais que sa beauté ne sera pas liée à ce caractère
scientifique.
- Réciproquement, la langue suppose des règles, qui sont la
linguistique. La linguistique est elle-même une science. Ainsi, sans
science, il ne peut y avoir de littérature...
Conclusion
Littérature et science entretiennent des rapports étroits : la
science sert de support à la littérature, elle influence également
la structure de celle-ci. Mais la littérature reste néanmoins
un art, et si la littérature scientifique est belle, son caractère
scientifique n’y est probablement pour rien...
|
|
|
|
'
'
Pourquoi choisir KeepSchool
|

Pour un conseil gratuit et personnalisé, appelez le

ou complétez le formulaire ci-dessus :
|
|