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Textes du 20ème siècles |
Impression facile
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| Matière |
Niveau |
Section |
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9Français |
Première |
L |
| Chapitre |
Textes du 20ème siècles
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| Prestation |
Plan détaillé d'un commentaire composé(joindre le texte, l'auteur et la date) |
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| Enoncé |
Il avait d’abord ligaturé trois baguettes de jonc en forme de croix. Puis il avait creusé une gorge dans chacune de leurs sections, il y avait fait passer un boyau. Sur le cadre léger et robuste ainsi obtenu, il avait posé la peau d’Andoar en rabattant et en cousant ses bords sur le boyau. Les deux extrémités de la baguette la plus longue étaient réunies par une ficelle assez lâche à laquelle était nouée la corde du cerf-volant en un point soigneusement calculé, car de là dépendait son inclinaison dans le vent.
Vendredi avait travaillé dès les premières lueurs de l’aube à son cerf-volant, et le grand oiseau de peau à peine terminé s’agitait dans le vent entre ses mains, comme s’il était impatient de prendre son vol. Sur la plage, l’Indien avait crié de joie au moment où Andoar, courbé comme un arc était monté en fusée, entraînant une guirlande de plumes blanches et noires.
Robinson était bien vite descendu de son arbre pour le rejoindre. Il le trouva couché sur le sable, les mains croisées derrière la nuque, la chevrette Anda roulée en boule à ses pieds. La corde du cerf-volant était attachée à sa cheville. Robinson s’étendit près de lui, et longtemps, ils regardaient tous deux le vol capricieux d’Andoar au milieu des nuages, qui montait et plongeait, vibrait sous une rafale, s’affaissait tout à coup parce que le vent faiblissait. Tout à coup vendredi sauta sur ses pieds, et, sans détacher la corde du cerf-volant toujours nouée à sa cheville, il mima la danse aérienne d’Andoar et chantant, il s’accroupit en boule sur le sol, puis bondit en levant les bras, retomba, projeta sa jambe gauche vers le ciel, tournoya, accompagné par les gambades d’Anda. Et là-haut, très loin dans les nuages, le bel oiseau d’or attaché par trois cents mètres de fil à la cheville de l’Indien, l’accompagnait dans sa danse, virevoltait, plongeait, bondissait avec lui.
Michel Tournier, vendredi ou la vie Sauvage. 1977
Bonsoir ! je suis élève en classe littéraire et j’aurais voulu savoir si vous ne pouviez pas m’aider à réaliser le plan et le commentaire composé du deuxième paragraphe du texte, en vu de mes révisions !
Merci beaucoup !
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Réponse de notre équipe pédagogique :
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Il me semble que tu peux analyser le second paragraphe en le divisant en trois parties distinctes :
1. de « Robinson était bien vite descendu » à « à sa cheville ».
2. de « Robinson s’étendit près de lui » à « accompagné par les gambades d’Anda ».
3. de « Et la haut » à « bondissait avec lui ».
1. de « Robinson était bien vite descendu » à « à sa cheville ».
Robinson agit de manière vive. Contraste avec la paix du tableau formé par Vendredi et Anda. On pourrait comparer cette scène avec une scène domestique, à l’intérieur d’une maison près d’un feu, dans la tranquillité. Rien n’indique qu’ils sont sur une île perdue. Le détail de la corde attachée à la cheville est important : Vendredi représente la terre, la solidité, le bas-monde. La corde du cerf volant est comme un lien vers le ciel, symbolisant un ailleurs meilleur, paradisiaque ( ?), mystérieux.
2. de « Robinson s’étendit près de lui » à « accompagné par les gambades d’Anda ».
Andoar vole comme s’il était libre, comme s’il n’était pas attaché au pied de son maître. Il est soumis au caprice du vent mais, précisément, les soubresauts qu’il subit lui confèrent une certaine vie. Soudain, cette vie se transmet : vendredi commence à danser sur le mode de l’oiseau, il point une jambe vers le ciel… On peut parler de mimétisme entre Andoar et Vendredi (« il mima la danse aérienne d’Andoar et chantant « ).
Le cerf volant n’est-il pas pour le sauvage un moyen de communication directe avec les cieux, avec un au-delà qui lui communique un peu de sa vie mystérieuse ?
3. de « Et la haut » à « bondissait avec lui ».
La personnification du cerf volant est clair ici : « le bel oiseau d’or » nous fait penser à une divinité. La relation mystérieuse et forte entre l’homme et son « totem » est clairement précisée : trois cents mètres de fil les relie et tous les deux vivent au rythme d’une même danse.
Il faut noter, dans ce passage étrange, la mise en relation ambigüe entre une île perdue et peut être paradisiaque qui est déjà, en soi, un ailleurs et un lieu encore plus lointain et aussi paradisiaque figuré par le ciel. Il y a donc toujours un ailleurs dont s’inspire l’homme, où qu’il soit, où qu’il vive.
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