L’agriculture d’Amérique Latine et le monde
Remarque générale : il s’agit bien ici de l’agriculture d’AML
et du monde. Il ne faut donc pas traiter "L’agriculture d’AML" ou
"Agriculture et développement en AML", sujets proches mais
différents. Comme pour tout sujet, il faut trouver la problématique
qui fait son originalité, et qui nous servira de ligne directrice.
Concernant le plan, celui-ci devra comporter des éléments historiques
(montrer notamment en quoi les problématiques ne sont pas nouvelles)
et purement géographiques (donner des exemples précis, ne pas
hésiter à parler d’un pays ou deux en particulier, quitte à
oculter les autres).
Problématique : l’agriculture est au coeur d’un éternel débat
en Amérique Latine : faut-il privilégier une ouverture sur le
monde à tout prix et accepter un développement à deux vitesses
ou faut-il privilégier une agriculture plus vivrière, plus tournée
vers l’intérieur et les populations locales ?
1 - Depuis sa découverte par les conquistadors au XVI ème
siècle, l’Amérique du Sud a hésité entre une agriculture
vivrière et une agriculture tournée vers le monde : cette dernière
l’a presque toujours emporté.
a - à part l’or, les richesses trouvées en AML étaient
essentiellement agricoles
- exemple : de nombreux aliments tirent leur nom du nahuatl (langue inca)
: tomate vient de tomatl, avocat de ahuocatl, cacahuète de cacahuetl.
- le commerce triangulaire avait pour dernier maillon l’importation de produits
agricoles des pays d’AML (et des caraïbes)
b - les structures agricoles sont le reflet d’une histoire marquée
par l’ouverture au monde
- d’un côté, les microfundias, agriculture vivrière
- de l’autre, les latifundias, tournées vers l’exportations, beaucoup
plus importantes dans la production des pays
c - l’ouverture ou non de l’agriculture au monde a été la
source de nombreux conflits
- les révoltes (révolution mexicaine au début du siècle,
etc.) ont souvent eu pour thème la "réforme agraire"
(consistant à séparer les latifundias et à les attribuer
aux paysans, ce qui a eu pour effet une désorganisation de l’agriculture
et du commerce).
- les Etats-Unis, très influents en Amérique du Sud, ont souvent
utilisé la force pour préserver leurs intérêts
agricoles (la CIA organise un coup d’Etat au Guatemala en 1954 pour éviter
le démantelement de l’United Fruit Company)
2 - L’agriculture joue aujourd’hui un rôle majeur dans l’intégration
de l’AML au commerce mondial, mais cette importance ne va pas sans faiblesses.
a - une place très importante en volume
- 12% du PIB des pays d’AML
- plus de 50% des exportations dans 11 des 17 pays du continent
- l’agriculture est donc une source de devises pour l’AML
b - des productions variées
- les productions d’exportation dominent : cultures tropicales, agrumes, café,
tabac
- l’Argentine tire sa richesse de la capacité à produire les
mêmes produits que l’Europe ou les E.U., mais à "contr-saison"
(car elle est dans l’hémisphère sud) : bovins, blé
c - une agriculture dépendante des marchés mondiaux
- qui dit ouverture, dit également dépendance. Or l’AML ne dispose
pas des ressources pour maîtriser les cours des matières premières
: les bourses sont à Chicago ou New-York, etc.
- les exploitations appartiennent souvent aux pays du Nord (FMN américaines
ou européennes)
3 - L’agriculture se trouve, en AML plus qu’ailleurs, au coeur des débats
autour de la mondialisation.
a - pour souder leurs échanges et peser d’un plus grand poids, certains
pays s’allient
- création du MERCOSUR en 1994/1995 (Brésil, Argentine, Uruguay,
Paraguay) : ceci contribue à donner de la puissance à l’agriculture
d’AML.
b - un grand enjeu est celui de l’intégration des Amériques
- en effet, le sort des pays d’AML, et donc de leur agriculture, est lié
aux Etats-Unis.
- le "grand dessein" des Américains pour souder les Amériques
sera-t-il à l’avantage de l’AML ?
c - l’enjeu politique rejoint un enjeu écologique
- la réforme agraire revient à la mode (rôle du Sous Commandant
Marcos au Mexique)
- développement des mouvements en faveur d’une agriculture biologique
(Marcos, Bové, même combat)
- prise de conscience des désastres causés par une exploitation
sauvage des terres (déforestation en Amazonie)
Conclusion : l’agriculture d’AML a été, dès son
origine, pensée pour l’exportation. Elle reflète donc le dualisme
de l’économie sud-américaine : d’un côté, de grandes
exploitations, dirigées par les élites "européennes",
de l’autre une agriculture précaire, réalisée par les indiens.
Ce modèle est-il pérenne ? Les débats concernant le mondialisation
n’ont jamais été autant d’actualité.