I : La réorganisation des Belts
Jusqu’au milieu du XXème siècle, conditions naturelles et histoire du peuplement
rural s’étaient traduites par une spécialisation des régions sur un certain
type de productions. Ces régions spécialisées, connues sous le nom de "belts",
portaient chacune un nom attaché au type de culture qu’on y pratiquait : la
Cotton Belt dans le Sud Est, la Corn Belt dans la région des Grands Lacs et
la Wheat Belt dans les Grandes Plaines.
Aujourd’hui, ces belts se sont diversifiées même si la culture principale reste
la culture d’origine. Seule la Cotton Belt a vraiment disparu et a fait place
à la polyculture ou à la forêt sur les sols épuisés. Deux tiers de la production
cotonnière viennent désormais des champs irrigués de l’Ouest (Texas et Californie).
D’ailleurs, c’est l’irrigation qui constitue le fait dominant de l’évolution
régionale : la diffusion de l’irrigation dans l’Ouest a en effet permis le développement
d’une agriculture intensive qui place des Etats comme la Californie ou le Texas
aux tout premiers rangs des régions agricoles américaines.
Les possibilités technologiques permettent donc de plus en plus de s’affranchir
des contraintes naturelles qui avaient en grande partie conditionné la formation
des belts qui s’effacent peu à peu.
II : L’exportation
Premier exportateur mondial, notamment de céréales, l’agriculture américaine
contribue largement à limiter le déficit commercial du pays. L’exportation est
devenue une nécessité vitale pour l’agriculture américaine si elle veut éviter
la surproduction et la chute des prix qui en découle.
Alors que dans les années 1960, les exportations ne représentaient jamais plus
de 15% de la production agricole, ce pourcentage n’a fait qu’augmenter dans
les années 1970 pour atteindre le pic de 29% en 1979. Ce ratio se maintient
aujourd’hui autour de 20%.
III : Le renforcement de l’agribusiness
La production agricole n’est que le centre de l’immense complexe agro-industriel
américain. L’agribusiness désigne l’intégration de l’agriculture aux industries
(engrais, matériels agricoles…) et services (banques…) nécessaires à l’amont,
mais aussi aux industries (conditionnement, stockage…) et services (transports…)
sollicités à l’aval.
Les sociétés industrielles possèdent souvent de larges domaines et contrôlent
toute la production agricole ; elles produisent les aliments pour le bétail,
possèdent la terre et les abattoirs, les chaînes de distribution de la viande
et gèrent d’énormes "feed-lots", véritables usines où sont engraissés les bovins.